MICHAEL MONROE

Michael Monroe, l’ex-vocaliste des regrettés Hanoi Rocks, qui mène de nouveau une carrière solo fructueuse, n’a pas la langue dans sa poche. Par faute de place, nous n’avons pas publié l’intégralité de notre entretien avec le blond chanteur dans notre numéro 158 (avec Papa Emeritus III et ses Nameless Ghouls de Ghost en couverture). Quelques jours après son premier concert français en tant qu’artiste solo (au Forum de Vauréal le 16 octobre 2015), voici donc un complément à cette interview débridée.

 

Rock Hard : Tous les musiciens de ton groupe habitent aux quatre coins du monde : New York, Stockholm, Londres, Turku… Dirais-tu que le fait de ne vous voir que lors des périodes d’enregistrement, ou en tournée, et pratiquement pas dans votre « vie de tous les jours » est une bonne chose, ou bien regrettes-tu cette notion de « gang » qui caractérisait Hanoi Rocks à ses débuts ?

Michal Monroe : Il règne au sein de ce groupe un véritable esprit de camaraderie, l’ambiance est super. Ce sont de vrais frangins, je les adore. Le groupe s’appelle Michael Monroe, mais je t’assure qu’il s’agit d’un véritable groupe. Lorsque Hanoi Rocks a connu sa renaissance en 2001 (ndlr : Michael a toujours refusé de parler de « reformation » à propos d’Hanoi Rocks, sachant que seuls Andy McCoy -guitare- et lui étaient des membres originaux de la version 2001), ça avait le nom d’un groupe, mais… Aujourd’hui, je me sens plus que jamais membre d’un groupe, comparable à nos premières années avec Hanoi Rocks. C’est en tout cas l’équipe qui me convient le mieux depuis le début de ma carrière solo. Il n’y a pas un musicien qui rende la vie difficile à quiconque dans ce groupe, l’entente est vraiment parfaite entre nous tous, et en tournée, c’est un plaisir. Et le fait de ne pas se côtoyer au quotidien ne fait que rendre plus excitant le fait de se retrouver.   

 

Vous avez enregistré votre nouvel album Blackout States à Göteborg avec le producteur Chips Kiesbye, qui a bossé précédemment avec les Hellacopters, Millencolin ou Dozer. Il n’est pas ce qu’on peut appeler un grand nom. Vous aviez produit vous-mêmes Horns And Halos. Pourquoi avoir fait appel à un producteur extérieur, et pourquoi Chips ?

Tout d’abord, soyons honnête, les émoluments de Chips sont très raisonnables. Les grands noms du genre coûtent très chers, et c’est une des raisons pour laquelle nous avons nous-mêmes produits plusieurs de nos albums. Mais nous voulions de nouveau avoir recours à un avis extérieur, qui puisse amener sa propre expertise et ses idées. Chips aime les mêmes groupes que nous, car il est de notre génération. Lorsque nous lui donnions des pistes en lui disant : « Hey, ça serait bien que ces guitares sonnent comme sur l’album de The Professionals », le groupe de Steve Jones et Paul Cook (ndlr : ex-Sex Pistols) formé au début des 80’s, il nous disait : « Ok, je vois ce que vous voulez dire », pas besoin de lui expliquer d’une autre manière. Nous nous comprenions très bien, et de plus, il a une oreille incroyable. Pour la batterie notamment. Sur nos deux précédents albums, nous avions eu recours à quelques samples ci-et-là pour que la batterie sonne exactement comme nous le voulions. Ce fut inutile pour Blackout States, car le son était nickel, très naturel, organique. Je suis heureux d’avoir eu recours à Chips.

 

Tu as bossé avec quelques producteurs de renom dans ta carrière, tels que Bob Ezrin ou Jack Douglas. Avec le recul, est-ce que le fait de travailler avec des gens aussi expérimentés a vraiment fait une différence ?

Ça dépend. Il est vrai par exemple que Chips n’est pas intervenu sur les morceaux en tant que tels, car ils étaient déjà très avancés au moment d’entrer en studio, même au niveau des arrangements, et ce même si nous avions eu peu de temps pour les peaufiner. Jack Douglas a été important pour le rendu final de deux ou trois morceaux. Par exemple, pour « Bombs Away », il a beaucoup fait pour la structure du morceau, notamment au niveau du refrain, il a d’ailleurs été crédité pour ça ! Quant à Bob Ezrin, il faut se souvenir que nous étions encore très jeunes au moment où il a bossé avec Hanoi Rocks (ndlr : sur l’album Two Steps From The Move, 1984), et donc inexpérimentés. Etre en studio avec lui a donc été une expérience très enrichissante, qui nous a beaucoup appris. Il nous a rendus professionnels. Ce fut une belle école. Le problème aujourd’hui, c’est que les maisons de disques ne sont plus prêtes à te donner un budget pour travailler plusieurs semaines avec des grands comme Bob ou Jack, qui coûtent très chers. C’est comme ça…

 

Tu vas jouer au Forum de Vauréal, près de Paris, le 16 octobre (rappel : interview réalisée le 3 septembre 2015), avec Hardcore Superstar. Il va s’agir de ton tout premier concert en France en tant qu’artiste solo ! Et même avec Hanoi Rocks, tu n’y as guère joué que deux fois. C’est fou !

Tu l’as dit ! Et je te promets que ça n’a rien d’intentionnel. J’ai toujours demandé à ce que donnions des concerts, que ce soit avec Hanoi ou en solo. Tu sais, j’ai appris le français à l’école étant gamin, et je n’étais pas mauvais. Du moins, je le croyais, jusqu’à ce que je rencontre des Français ! (rires) Vous parlez trop vite pour moi ! Si je vivais à Paris pendant un ou deux ans, je suis sûr que j’arriverais à parler un français très correct… Bref, j’ai toujours voulu venir chez vous, mais dans les 80’s, avec Hanoi Rocks, ça fait partie des pays dans lesquels nous n’avons jamais joué, comme l’Espagne ou l’Italie, où je me rends régulièrement depuis quelques années, ou même en Allemagne, qui était pourtant un énorme marché. Nous jouions dans plein de pays en Asie par exemple, mais pas en France, à deux pas de l’Angleterre, où nous habitions à l’époque. Va comprendre ! Je suis donc particulièrement content de jouer chez vous sur cette tournée. Espérons que ça ne soit qu’un début.

 

Ces dernières années, tu as participé à l’écriture de deux biographies, une spécifiquement dédiée à Hanoi Rocks (à laquelle a également participé Andy McCoy, guitariste original d’Hanoi Rocks), et une autre centrée sur ta vie en général, ceci en collaboration avec un auteur finlandais nommé Ari Vantanen. A ce jour, ces deux livres ne sont disponibles qu’en versions finlandaises : est-il prévu de les éditer un jour en anglais ?

C’est drôle que tu me parles de ça, car pendant que nous discutions, Ari a essayé de m’appeler sur l’autre ligne ! (rires) Sûrement pour me parler de ça, car en effet, il est prévu que nous sortions celui sur Hanoi Rocks en version anglaise, et nous avons déjà commencé à travailler dessus. Il y a déjà un éditeur américain qui est intéressé pour le sortir, et je pense que nous trouverons des gens motivés également en Europe. Donc, oui, c’est en cours. Et une fois que ça sera fait, j’espère que nous pourrons faire de même avec le bouquin qui m’est consacré. Il faudra voir, car il est bien plus long que celui sur Hanoi Rocks… J’ai mis un moment avant de me décider de me lancer dans ce projet, mais je ne voulais pas m’étaler sur ma vie personnelle dans le livre sur Hanoi Rocks, l’idée était vraiment de se concentrer sur le groupe. Mais Ari m’a convaincu de m’atteler à mon propre bouquin, car j’ai aussi des choses à raconter en dehors de ma carrière avec Hanoi Rocks. J’ai fait des choses stupides dans le passé, et il n’y a rien d’admirable à ça, la drogue et ce genre de conneries… Au départ, tout ce qui nous importait dans Hanoi Rocks, c’était la musique et les chansons. Il y a tellement de biographies qui ne s’attachent qu’à parler du côté décadent du rock, qui ne focalisent que sur les beuveries, la drogue, les fêtes, les groupies, le cul… Pour moi, ce sont des clichés plus embarrassants qu’autre chose. Je vais te dire un truc : je n’ai jamais couché avec une groupie de toute ma vie, jamais. Je n’imagine pas baiser une nana que je ne connais pas depuis plus d’un quart d’heure, sachant que je ne la reverrai plus jamais. J’ai d’ailleurs tenu, au début de ce livre, à dire que je n’encourage personne à suivre le chemin que j’ai pu prendre à certains moments dans ma vie. Je suis chanceux d’être encore en vie, je sais que d’autres n’y auraient pas survécu… Bref, j’espère qu’un jour, tu pourras le lire en anglais, et comprendre ce dont je te parle.  

 

Laisser un commentaire