BLOODCLOT : BONUS INTERVIEW

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Si aujourd’hui John Joseph concentre son énergie sur Bloodclot (lorsqu’il ne se fracasse pas le corps en participant à des Iron Man ou qu’il ne sert pas de guide touristique pour faire visiter les coins – paraît-il – sordides du vieux New York du crime, de la drogue et du punk rock), il ne fait aucun doute que les fans de hardcore se souviennent principalement de lui comme l’enragé chanteur des Cro-Mags. Un groupe à la carrière plutôt limitée dans le temps, mais qui a indéniablement marqué son époque. Mais depuis de nombreuses années, ça n’est vraiment plus le grand amour entre John et l’autre membre emblématique du combo, l’imprévisible bassiste/chanteur Harley Flanagan. John, à l’occasion d’une interview donné dans le cadre de Bloodclot, et que vous pouvez retrouver dans le numéro 178 de Rock Hard, n’a pas manqué de dézinguer son ex-partenaire. Sortez le gilet pare-balles !   

          

 

Rock Hard : Même si Bloodclot est aujourd’hui ta priorité, tu continues tout de même à donner des concerts avec les Cro-Mags, aujourd’hui formés de Mackie Jayson à la batterie, A.J. Novello (ex-Leeway, Both Worlds) à la guitare, Craig Setari (Sick Of It All) à la basse et bien sûr toi au chant. Est-ce toujours aussi fun pour toi de chanter la quasi-intégralité de The Age Of Quarrel (1986), un classique absolu du hardcore ?

John Joseph : C’est toujours l’éclate ! Et ce, malgré toutes les conneries qui ont été écrites par une certaine personne sur le Net ou dans son livre à notre propos (Ndlr : il parle bien sûr d’Harley Flanagan, ex-bassiste et membre fondateur des Cro-Mags), et la réalité des faits. Parris Mayhew (guitare) a composé la majorité des morceaux de ce disque et j’ai écrit la plus part des paroles. Lorsqu’elle est jouée en concert, cette musique n’appartient à personne. C’est pour les fans, ceux qui ont simplement envie de l’entendre. Et j’entends tellement de saloperies dans mon dos, juste parce que je le fais. Les musiciens du groupe actuel n’essaient pas de voler ou de me planter un couteau dans le dos : chacun est payé et prend du bon temps, sans se soucier de savoir ce que quelqu’un risque de te faire lorsque tu auras le dos tourné. Les fans et nous prenons du bon temps, c’est la raison majeure à tout ça. J’ai reçu 200'000 $ d’avance sur les ventes de mon dernier livre. Je n’ai pas besoin des Cro-Mags pour vivre ! Je le fais seulement car la musique fait partie de ma vie. Je vais te donner les faits, tels qu'ils sont. Fin 1987, nous avons fait cette tournée en Europe, où nous avons d’ailleurs joué à Paris (Ndlr : le 21.12.87 au Zénith, en première partie de Motörhead). A la fin de la tournée, Harley a piqué tout l’argent gagné sur ces dates. Lorsque je suis revenu à New York pour Noël, j’étais sans abri. C’est pour ça que je ne chante pas sur Best Wishes (1989). Il a réussi à me convaincre à revenir dans le groupe en 1990. En 1991, nous avons fait cette nouvelle tournée en Europe. Qu’a-t-il fait à la fin de la tournée ? Piquer tout le pognon, encore une fois ! Nous avons un contrat avec Century Media ? Il a réussi à détourner 15'000 $ sur un compte bancaire destiné à ce contrat. Demande si ça n’est pas vrai à Robert Kampf, le fondateur du label. Et après ça, Harley s’en va dire que je ne chante pas sur Alpha Omega (1992). Pour ce disque, il a d’ailleurs utilisé la musique d’une vieille démo de titres écrits par Parris, qu’il s’est approprié. Il écrit sa propre réalité dans son bouquin. Bref, après qu’il ait encore piqué ce pognon, j’ai de nouveau quitté les Cro-Mags. J’ai ensuite formé un autre groupe (Ndlr : Both Worlds) avec lequel j’ai décroché un  contrat avec Roadrunner. Mais ces derniers m’ont dit : « Avant d’aller plus loin, il va falloir te libérer de ton contrat avec Century Media ». Harley m’avait signé sur ce label comme un artiste à mon propre nom, ce qui veut dire que quoi que je fasse, Century Media disposait tout ce que je faisais : ils me possédaient ! La seule solution pour me sortir de ce deal était que je devais finir d’enregistrer les morceaux qu’Harley avait commencé pour l’album Near Death Experience (1993), sortir l’album, puis partir en tournée promotionnelle en Europe et aux USA. Ce que j’ai fait. Tout ceci pendant qu’Harley était en Californie à se shooter à l’héroïne avec l’argent qu’il avait volé au groupe. C’est là qu’il a commencé à me menacer de me dénoncer au gouvernement américain pour désertion des Marines, et il a tenu parole : le 17 mars 1995, il est allé au Département de Police pour me balancer et faire en sorte que je sois placé en prison fédérale. La police est venue chez moi et a défoncé ma porte, mais je n’étais pas là. Ce mec passe son temps à raconter tout et n’importe quoi sur moi pour essayer de me discréditer. En 2000, je suis tombé sur lui. Après qu’il m’ait balancé, il a disparu pendant deux ans. Plus de nouvelles. Lorsque je l’ai vu, je lui ai mis mon poing dans la gueule. Plus tard, je l’ai rencontré de nouveau. Je n’avais aucune intention de lui parler, mais il est venu me dire qu’il voulait tout mettre à plat, bla bla bla… Je me suis excusé de l’avoir frappé, et les derniers mots qu’il m’ait jamais dit en face sont : « Je le méritais, pour tout ce que je t’ai fait pendant toutes ces années ». Que je sois mort dans la seconde si je mens, c’est ce qu’il m’a dit ! Il n’avait pas un rond et sa femme était enceinte. J’ai organisé une série de concerts et en un mois il a gagné 7'000 $ pour éponger ses dettes et voir un peu venir. Nous devions faire un show ensemble. Il avait tout prévu : en réalité, il n’avait pas l’intention de renouer avec moi. En prétendant redevenir ami avec moi, il espérait que toute la scène lui pardonne. A cette époque, tout le monde le haïssait pour ce qu’il m’avait fait et toutes ses autres conneries. Il l’a dit aux autres membres du groupe ! « Je ne joue avec lui que pour que tout le monde m’aime de nouveau, et après ça, je le virerai et je continuerai juste avec vous ! » Après que j’ai appris ça, j’ai juré, juré que jamais plus je ne remonterais sur scène avec ce mec. Une fois, nous avions une tournée prévue au Japon et en Australie. Il nous a promis de venir jouer, mais il n’en avait aucune intention, et a fait durer le mensonge le plus longtemps possible, pensant que nous ne trouverions pas de bassiste en dernière minute et que nous serions grillés auprès des promoteurs. C’est  Gary « G-Man » Sullivan, notre batteur du moment, qui nous l'a dit. Harley a ensuite traité Gary de nègre, et ça n’a pas empêché Gary de revenir jouer avec lui plus tard… Je n’ai plus de respect pour Gary depuis. Bref. J’ai trouvé un autre bassiste et nous avons fait la tournée. Il y a quelques années, on m’a offert 50'000 Euros pour jouer dans les festivals européens avec lui à la basse. J’ai répondu : « Putain, non. Vous pouvez me proposer 100'000 Euros, je ne remettrai pas les pieds sur scène avec lui ! ».  Fin de l’histoire. Le seul qui dit que ce qu’il a écrit dans son livre est vrai, c’est lui. Demande à qui que ce soit qui le connaît vraiment, et qui connaît vraiment l’histoire des Cro-Mags, et il te dira ce qu'est la vérité. Il est soi-disant venu au Webster Hall (Ndlr : à New York, le 06.06.12, où Harley a agressé au couteau deux personnes en backstage, dont Mike Couls, le bassiste des Cro-Mags à l’époque) pour « faire la paix et jouer quelques morceaux avec nous »… Avec un couteau dans son sac à dos et sans sa basse ? Je n’avais aucune intention de le laisser monter sur scène avec moi, et c’est toujours le cas. Ce qui le rend fou, c’est que tous nos concerts affichent complets, alors qu’il pensait que nous jouerions devant trois pelés. Et pourquoi les gens viennent ? Parce qu’ils savent qu’il raconte des conneries ! Il change d’avis toutes les minutes. Il devrait vraiment se soigner à présent… La moitié de son bouquin est destiné à m’attaquer, alors que je le mentionne à peine dans le mien. Il prétend être un super tendu, un dur. La réalité, c’est que s’il se présente devant moi, tu verras qui prendra le dessus. Je suis putain de combattant, j'en ai été un toute ma vie. Il n’y aura jamais, jamais de réunion du Cro-Mags original : s’il avait fait les choses bien en 2000, il serait encore dans le groupe ! Je viens des rues de New York : si tu balances un mec aux flics pour qu’ils te mettent en prison, comme il l’a essayé de le faire à mon égard, et bien, ce genre de gars disparaît dans la nature, tu vois ce que je veux dire ? Bye, bye, on ne les voit plus jamais. Car j’ai vu le rapport de police dans lequel il m’accuse, il m’a été remis par l’ami d’un ami qui bosse dans la police. Pour tout ça, et plus encore, jamais plus il ne jouera dans ce groupe.        

                

 

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