SUICIDAL TENDENCIES et Le Bikini c’est une histoire d’amour qui dure depuis plus de vingt ans, alors quand on m’a proposé de retrouver la bande à Mike Muir ici même, j’ai pas vraiment hésité ! Le souvenir du 4 Juillet 1993 reste encore bien vivace dans ma mémoire : un de ces concerts d’anthologie dont on reparle encore, vingt ans après ! Une chaleur étouffante, un Bikini plein comme un œuf dans lequel tout le monde ne pouvait pas rentrer et l’après-midi les pieds dans l’eau en train d’interviewer Robert Trujillo, futur METALLICA, au bord de la piscine… ST joue donc ce soir à domicile en quelque sorte, dans leur seconde maison, et on est fiers que ce soit chez nous : ambiance de feu garantie, d’autant plus que le parking est bien rempli. Bon signe.
Personnellement, j’adore les premières parties : c’est souvent l’occasion de découvrir des groupes pour lesquels on ne se serait pas forcément déplacés. Ce soir il s’agit d’un duo : les gascons de THE INSPECTOR CLUZO. Et un duo particulièrement déjanté ! Le gros du public est encore dehors, autour de la piscine, à discuter et fumer sa clope ou même pas encore entré dans la salle quand l’inspecteur (sans la panthère rose) démarre son concert. Minimaliste : un chanteur vocaliste, un batteur… Et puis c’est tout ! D’ailleurs ils le disent, ils font tout tout seul : « pas de manager, pas de tourneur, pas de producteur… Pas de connard du milieu !! » Et à deux ils réussissent le tour de force d’assurer la première partie d’un groupe de l’envergure de ST, non pas uniquement pour leurs huit dates françaises mais également pour toute la tournée américaine ! Béret bas les gars. Malcolm (dont la ressemblance avec un certain Bouli Lanners est assez frappante !) au chant/guitare et Phil à la batterie (de leurs vrais noms Laurent Lacrouts et Mathieu Jourdain), tous deux en costard/cravate, sont d’anciens WOLFUNKIND : on retrouve logiquement ici ce mélange funky groovy (certains morceaux, à la voix haut perchée, m’ont même fait penser à M !) et un rock explosif. Devant un auditoire passablement endormi, Malcolm invective et harangue la foule pour tenter de remuer un peu cette mare stagnante tandis que son comparse monte sur son kit de batterie pour se mettre à danser langoureusement (« Mike Muir fera pareil tout à l’heure ! »): ces deux-là, en plus d’être talentueux, possèdent un humour et une folie incroyables ! Régulièrement Malcolm maltraite la batterie de Phil, et finit même par la démonter entièrement, sans que ce dernier ne cesse de jouer ! Un très bon moment pour une première partie dans un genre auquel je ne m’attendais pas, ça tombe bien : j’aime être surpris.
J’ai déjà évoqué le lien très fort unissant ST et le Bikini, Mike Muir et Hervé Sansonetto (le big boss), en début d’article et c’est vrai qu’ils sont chez eux ici, au même titre qu’un ZEBDA ! La salle s’est désormais considérablement remplie (un peu plus de 800 personnes ont fait ledéplacement) et le départ est lancé comme un sprint avec un "You Can’t Bring Me Down" des plus furieux directement enchaîné avec "Monopoly On Sorrow ". Je ne tiens plus en place, il est pour moi impossible de simplement regarder le concert debout au milieu de la salle : je laisse mes binocles à un ami pour prendre part à cette grande fête et rejoins illico-presto le devant de la scène pour être au cœur de l’action, et ressentir pleinement les bonnes vibrations au beau milieu d’un mosh pit de folie ! Oui, il y a des concerts comme ça ou le besoin impérieux de goûter à la sueur, à la joie des corps qui s’entrechoquent et ne pas être un simple spectateur, ne peut être réfréné ! Quelle ambiance, sans violence (ce n’est pas le cas de tous les concerts), uniquement de la grosse énergie positive et de la bonne humeur : alors je fais le plein de toutes ces bonnes choses et m’éclate comme jamais pendant quelques morceaux ! D’autant plus que la setlist fait la part belle aux bons vieux classiques old-school indémodables que sont "I Saw Your Mommy", "Possessed To Skate" ou encore "War Inside My Head", "How Will I Laugh Tomorrow" et tant d’autre. Mike Muir, du haut de ses cinquante balais, est survolté et parcourt inlassablement la scène de gauche à droite (et inversement) de son pas caractéristique ! Ses musiciens sont tout simplement excellents, notamment le nouveau venu Nico Santora qui a remplacé Mike Clark à la guitare et on devine qu’ils sont vraiment capables de tout jouer. D’ailleurs le guitariste Dean Pleasants (qui est aussi un membre d’origine d’INFECTIOUS GROOVES) nous propose deux morceaux de son futur album solo : « ça joue » comme on dit chez nous ! Pour une fois, le son, bien que correct, est loin d’être parfait (le chant est clairement sous mixé et une guitare est bien plus en retrait que l’autre) mais peu importe : ST se donne à fond et c’est bien là l’essentiel.
Comme à son habitude, Mike Muir invitera plusieurs fois le public à monter sur scène pour que la fête soit totale ! Alors si je devais résumer les sensations et les émotions de ce concert en quelques mots je dirais : partage, énergie, générosité, tolérance, positivisme, fraternité, solidarité, mixité… Mission remplie: Bikini retourné.






























































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