VENIN

Voilà une excellente nouvelle. Les vétérans VENIN, qui auront mis plus de 30 ans pour enfin nous gâter avec leurs premiers albums, viennent de rééditer l'initialement nommé « LP + Demo » paru en 2014 et qui regroupe donc la démo « Malédiction » de 1985 et l'EP « Venin » de 1986. Penchons-nous sur l’écoute de « LP et Démo », 40 ans après.

Nous débutons avec ce canonique "Passe-Temps". Riffs huileux, rythmique rapide et chant haut perché, agrémenté de ce soli açon IRON MAIDEN. On comprend qu’à l’époque les plus grands espoirs furent placés sur ces musiciens hors pairs. Le heavy metal à la française, une ère d’audace qui n’a pas su en son temps rendre justice à tous ses héros. Voilà chose faite. Du hard rock oui, mais non dénué d’une sensibilité extrême, tel ce "Femmes de la Nuit" qui soulève un torrent d’émotions avec des riffs passionnés et une vitesse d’exécution juvénile. "Une Nuit pour un Concert" et "Pensées pour Eux" vont encore plus loin dans le heavy mélancolique destiné à nous faire frémir, un rock piquant comme un scorpion frenchy.

VENIN a aujourd’hui la reconnaissance, nos corsaires du heavy metal ont vaincu leur "Malédiction", un titre incroyable qui franchit temps et espace, jusqu’à atteindre la dimension de "The Loneliness Of The Long Distance Runner". Oui encore une fois on pense à IRON MAIDEN, dans le tabassage, les riffs frissons et les hurlements sans fins. Il aura fallu tellement de décennies pour savourer l’efficacité de morceaux aussi incisifs que "L’Enfant de la Cité", oublions les regrets, savourons pleinement l’instant. Bonus, un "Passe-Temps" version démo, bref… roots. Autre chapitre, autre style. "Déesse de l’Amour ", dépouillé, l’intimité musicale est poussée dans son plus parfait érotisme extrême. Nudité des instruments, déshabillage de la voix pour un hymne au féminin sacré. Incroyable voyage sensitif.

"Chien à trois Têtes" quant à lui est l’exercice type du heavy metal fou des années 80, où nous assistons à un improbable jonglage des cordes, à des interpellations vocales inattendues, un moment d’excellence donc. Succession d’influences ou référence d’une époque bénie par les dieux du heavy metal, "Morts Jeune" pourrait trouver un écho chez les jeunes d’aujourd’hui. Les riffs sont dépoussiérés, les paroles brulent d’actualité. VENIN est dans une quête… "Homme Libre", un metal sans hésitation, vif et tranchant, suivant la route de son instinct, dans l’instant présent. Bref, une sacrée réunion de morceaux d’une époque bénie par l’absence de retenue. Du heavy metal, tout simplement.

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