BILLY TALENT + HOLLERADO

Dans la famille pop punk, j’ai demandé le cousin discret que tout le monde aime mais dont on parle peu… BILLY TALENT ! Le groupe canadien fête cette année les 20 ans de son album culte, « Billy Talent II », et à cette occasion, BILLY TALENT propose une tournée d’une dizaine de dates ayant pour cœur cet album ayant bercé l’adolescence de nombre d’entre nous. Et quel meilleur endroit pour débuter cette tournée que la salle la plus culte de Paris : l’Olympia ? Accompagnés pour l’occasion de HOLLERADO, qu’on a déjà pu découvrir en 2019 au Zénith de SUM 41, BILLY TALENT sont attendus au tournant par des hordes de fans qui se massent déjà au pieds de la scène mythique…
 

Avec de telles attentes à combler en attendant la tête d’affiche, la tâche de HOLLERADO est lourde ! Cependant, le groupe est plein de ressource, et a choisi l’humour pour détendre l’ambiance. En effet, sur l’écran géant en fond de scène, le groupe projette son nom écrit au marker sur une feuille A4 et une brève description : « HOLLERADO, on vient du Canada. On aime manger du soupe et faire observez des oiseaux » (fautes incluses) ! Le public rit de bon cœur, et le concert peut commencer. Le rock gentillet tirant légèrement vers le punk du quatuor fait le taf, et l’humeur se détend de plus en plus malgré un problème de son rapidement réglé au niveau de la façade. Le chanteur Menno Versteeg avoue avoir pris des cours de français après son passage avec SUM 41, et enchaîne les phrases de français approximatif, s’attirant la sympathie de tout le public immédiatement. Il dédie un morceau à Elon Musk « ce salopard de menteur », puis renomme le groupe BILLY TALENT à la française : « Guillaume Talenté ». Le public chante avec lui pendant un moment, et HOLLERADO finit son set avec ‘’Juliette’’, chanson pendant laquelle le chanteur se jette dans les bras du public, avant de lancer des centaines de CD gratuitement au public nouvellement conquis. Une première partie bon enfant comme on aimerait en voir plus souvent !

Le moment tant attendu par les fans de pop punk français est enfin là : BILLY TALENT entre en scène après un compte à rebours des années allant de 2026 à l’année de la sortie de « Billy Talent II », 2006. Le groupe canadien, qui semble préservé par le temps, nous propose un show travaillé mais assez simple : devant des écrans présentant des visuels en 2D illustrant les différentes chansons, rien d’autre que le groupe, fidèle à lui-même. Benjamin Kowalewicz se pose un pied sur une caisse en avant de scène, comme à son habitude, pendant qu’Ian D’sa enchaîne les riffs complexes qui ont fait le succès du groupe. Du côté de la section rythmique, rien à redire du côté d’Aaron Solowoniuk, réglé comme un métronome dès le début de ‘’Devil In A Midnight Mass’’, et seul Jonathan Gallant offre un peu de mouvement bienvenu à droite de la scène, épaulant solidement ses trois camarades. La formation est solide, et propose ce soir pour la toute première fois de la carrière de BILLY TALENT une interprétation complète de l’album « Billy Talent II », son album le plus acclamé. On revisite donc avec grand plaisir les classiques comme ‘’Fallen Leaves’’, ‘’Red Flag’’ et ‘’Pins And Needles’’, qui ont fait notre adolescence… Mais les chansons les plus attendues sont les « deep cuts », ces chansons trop souvent oubliées qu’on découvre pour beaucoup pour la première fois en live ! A commencer par ‘’Worker Bees’’, interprété pour la première fois depuis 2018 ce soir. Les visuels se font particulièrement efficaces pour illustrer la marche des abeilles travailleuses, nous les présentant à la fois comme des figures attachantes mais aussi menaçantes, présentant leurs dards tout au long de la chanson. Les sourires sont partout autour de nous, et les paroles hurlées lorsque vient ‘’Where Is The Line ?’’, chanson disparue des setlists de BILLY TALENT depuis 2007, ou encore ‘’Covered In Cowardice’’, annoncé par Benjamin Kowalewicz comme étant un morceau jamais joué en live (apparemment il l’aurait été une fois auparavant, en 2008, mais cela reste un détail). La promesse est tenue lorsque se termine le génialissime ‘’Burn The Evidence’’, qu’on aurait imaginé plus souvent joué, mais qui ne l’avait pas été depuis 2010, terminant ainsi la première partie du concert, dédiée à « Billy Talent II ». Sous l’ovation générale de l’Olympia, BILLY TALENT quitte précipitamment la scène…

Mais le quatuor canadien n’en a pas fini avec son public parisien : un deuxième set dédié aux autres classiques de la discographie du groupe suit immédiatement, pour notre plus grand plaisir ! Des morceaux moins rares mais tout aussi apprécié s’enchaînent donc devant le pogo incessant des millenials ravis de redécouvrir leur groupe de pop punk préféré. Les discours se font courts mais efficaces, remerciant le public français pour son soutien indéfectible, et promettant un retour un peu plus rapide que cette fois-ci, annonçant même un nouvel album en cours d’écriture… Rien de mieux pour chauffer encore plus à blanc le public pour ces 8 derniers morceaux explorant absolument chaque autre album sorti sous le nom BILLY TALENT (excluant celui de PEZZ, sorti en 1999). On ressent donc l’impact de « Billy Talent II » dans l’écriture du groupe quand on entend ‘’Rusted From The Rain’’, ‘’Surprise Surprise’’, ‘’Afraid Of Heights’’ et ‘’Reckless Paradise’’, qui ont tous puisé dans la complexité musicale du deuxième opus du groupe, mais on remarque aussi les prémices sur ‘’River Below’’. Le concert se termine comme d’habitude avec BILLY TALENT : en hurlant les paroles du génialissime ‘’Try Honesty’’, qu’on n’aurait manqué pour rien au monde.

Avec ce concert historique, BILLY TALENT rappelle après quelques années d’absence son importance dans une scène pop punk plus vivante que jamais, et son originalité inspirante pour des générations de musiciens. Vingt ans après la sortie de « Billy Talent II », l’album nous semble plus actuel et plus urgent que jamais, et il y a fort à parier que dans vingt ans, il en sera de même. En tout cas, après ce concert complet à l’Olympia, BILLY TALENT n’est pas près d’oublier à nouveau son public français, probablement l’un des plus dévoués au groupe sur la planète !
 

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