
En ce 20 mai, la Bulle Café de Lille accueille une affiche appétissante avec un prometteur groupe local, SLOTH TEMPLE, et un monstre scénique, HIGH DESERT QUEEN.
Les Nordistes, dans des lumières vertes lovecraftiennes qui hanteront tout le concert, arrivent sur scène au rythme d’un tambour que bat avec conviction un bassiste/chanteur au fil d’étranges incantations. Cette intro hypnotique s’achève quand explose, tout en lourdeur tellurique, "Creation of a Sloth", pièce envoûtante aux longues plages instrumentales avant que ne surgisse une voix lointaine. Le quatuor, adepte du doom, voue en effet un culte au paresseux qu’il célèbre dans le fuzz, entre atmosphères mystiques et riffs plombés, avec une basse bien présente, quelque part dans les limbes ténébreux fréquentés pat MONOLORD. Cette messe païenne assénée avec brio se conclut en beauté sur un "The Great Old Sloth" qui achève un public ravi.

En 2025, en première partie de GREENLEAF, HIGH DESERT QUEEN avait atomisé le Black Lab, conquis tant par la qualité musicales des Texans que par la prestation explosive de son leader, le charismatique et barbu Ryan Garney ; fidèle à lui-même, ce soir, il terminera le set au cœur de la foule sur un "Solar Rain" qui débute dans le calme avant d’exploser en un chaos total. Casquette sur la tête, yeux exorbités, t-shirt blanc à message qui étincelle dans les lights mauves, alternant entre deux micros, le chanteur à la voix chaude et mélodieuse, est le capitaine du quatuor, s’approchant de sa bassiste, taquinant son guitariste au visage buriné avant de le mettre en valeur quand il dégaine l’un de ses soli gorgés de feeling ("Tuesday Night Blues"). Cette puissante chaleur se dégage de tous les morceaux, pépites nées dans le désert, brûlées sous le fuzz, rôtis dans le heavy rock de seventies ("Ancient Aliens"). Avec à propos le groupe a baptisé sa tournée "Riffs As Big As Texas" – du 8 au 30 mai, avec le seul 25 comme jour off ! – ce qui reflète la puissance de leur stoner à forte connotation sudiste et leur amour immodéré pour l’État d’où vient le gang.

Rien ne peut arrêter cette horde, pas même une panne de courant, meublée par de grandes gorgées de tequila englouties en chantant la chanson du même nom – œuvre du saxophoniste américain Danny Flores sortie en 1958 ; c’était la pause culturelle.
"Palm Reader", qui ouvre le concert, ou "Head Honcho", sont deux bombes imparables, compositions groovy taillées pour les planches, pour des séances de headbanging frénétiques couplées à l’irrépressible envie d’accompagner les chœurs à pleins poumons. Les Américains, toujours avec le sourire malgré l’énorme débauche d’énergie incarnée par un batteur en furie et en sueur, gratifient une Bulle Café moite de bonheur d’un nouveau titre avant de poursuivre un set grandement consacré à leur deuxième album, "Palm Reader", sorti en mai 2024 – allez les gars, on en propose bientôt un nouveau… et on revient très vite le partager avec nous !






























































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