WARGASM (+ Mimi Barks)

Phénomène absolu du neo-metal et de l’electro-punk outre-Manche, WARGASM est de retour à Paris pour son deuxième concert en tête d’affiche dans la capitale. Après avoir décroché les Etoiles en 2024, c’est au Nouveau Casino que le groupe pose ses valises pour une soirée, avec une volonté affichée de faire un concert aussi intimiste qu’explosif. Le duo de tête, Milkie Way et Sam Matlock, est aussi chauffé à blanc que son public, mais c’est à Mimi Barks, rappeuse alternative allemande, de prendre la température du public parisien…
 

Mimi Barks entre en scène accompagnée de musiciens dont les tenues rappellent fortement des camisoles de force, tandis que la rappeuse aux cheveux flamboyants est fortement grimée : dents noires, yeux blancs, maquillage approximatif, tout est fait pour rendre le personnage aussi dérangeant que fascinant. Avec un mélange de rap moderne en allemand et de metal à la Poppy en anglais, les styles se mélangent avec brio, mais semblent rendre dubitative une partie du public, peut-être un peu moins ouverte aux autres styles qu’escompté par la production. L’autre partie, cependant, se prend vite au jeu et fait slammer Mimi Barks avant qu’elle ne vienne distribuer quelques mandales dans le mosh-pit dans une ambiance franchement positive. Les premiers walls-of-death se lancent, tandis qu’on approche déjà de la fin du set de Mimi Barks, qui aura prouvé que malgré la différence de style avec WARGASM, le public parisien est prêt à tout pour passer un bon moment !

Sous une véritable ovation, WARGASM entre sur scène pour un set aussi explosif qu’efficace. Le groupe anglais s’y connait en chauffage de foule, et lance son set aux allures de sprint par "Backyard Bastards", l’un de ses plus anciens singles. Le public se lance immédiatement dans un mosh-pit qui s’étend sur la quasi-totalité du Nouveau Casino, qui reprendra ensuite en chœur le single "Vigilantes", sorti l’année dernière.

On remarque immédiatement aux t-shirts dans la salle que les fidèles de WARGASM sont toujours là malgré l’absence de réelle nouveauté en 2026, signe encourageant concernant la popularité du groupe. "Bad Seed" ramène les riffs au centre de la scène avant que le classique absolu "Fukstar" ne lance un séisme. Aussi énergiques que jamais, Milkie Way et Sam Matlock arpentent la scène de long en large, haranguant la foule qui fait les choeurs de chaque chanson, tandis que les musiciens les soutiennent indéfectiblement, le claviériste venant même dégager les stage-divers à plusieurs reprises. Le groupe est solide, et semble fait pour mettre en avant les deux "fukstars" créatives, qui nous proposent même "Get Down" (titre indiqué sur la set-list), qui semble être un mix entre une transition et un nouveau single inédit.

  
Wargasm © Valentin Pochart

Les classiques s’enchaînent, de "Pyro Pyro" à "Bang Ya Head" en passant même par le trop longtemps oublié "Salma Hayek", et on se rend compte que le public connaît assez mal les paroles de certaines chansons, comme "Venom", revisité dans sa version "Shin Venom", pendant laquelle on voit des fans un peu perdus dans les premiers rangs essayer de suivre WARGASM au chant. Qu’à cela ne tienne, les Anglais ont plus d’un hit dans leur poche, et proposent un enchaînement digne d’un match de boxe : le surpuissant "D.R.I.L.D.O." suivi de leur premier hit "Spit." et de la machine "Do It So Good" ! Le public perd la raison et les stage-divers se font de plus en plus nombreux, au point où Sam Matlock s’élance lui-même dans le public, sautant d’un retour placé pour cette cascade. Le groupe sort brièvement de scène avant de nous offrir un dernier rappel : le nouveau single "Small World Syndrome", qui a fait un peu moins de bruit que d’autres morceaux, mais a le mérite d’explorer de nouvelles formes instrumentales pour le son du groupe.

Si l’engouement pour WARGASM a effectivement un peu baissé depuis 2024 aux yeux du public général, les fans du duo de neo-metal anglais sont toujours bel et bien là, et l’ont prouvé une nouvelle fois au Nouveau Casino. Le groupe est toujours aussi explosif sur scène, bien sûr, et on remarque que Milkie et Sam semblent plus en forme et souriants que pendant leur dernière tournée il y a deux ans. Peut-être serait-ce donc le bon moment pour proposer un nouveau disque qui enflammerait une nouvelle fois l’intérêt des curieux, et leur permettrait enfin de remplir de plus grandes salles dans la capitale, qui sait ? Dans tous les cas, nous serons bien là, et les fans parisiens du groupe aussi !
 

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