PALEDUSK + KNOSIS + GREYHAVEN + HEADWRECK

Dans une scène metalcore en perpétuelle évolution, difficile d'être considéré comme un pionnier du genre plus de quelques minutes mais les Japonais de PALEDUSK y arrivent depuis maintenant douze ans. Le dernier fait d'armes du groupe ? Le guitariste Daisuke « Dai Dai » Ehara a co-produit le dernier album de BRING ME THE HORIZON, attirant le regard de toute la scène sur le groupe qui, jusque-là se contentait d'ouvrir pour de plus grands groupes (POLARIS et CODE ORANGE, entre autres). C'est donc avec un public jeune et très attentif déjà massé devant la petite scène du Backstage by the Mill que le groupe s'apprête à donner son premier concert en tête d'affiche (et complet !) dans la capitale ! Mais avant, HEADWRECK, GREYHAVEN et KNOSIS, trois autres groupes novateurs venus du monde entier (respectivement d'Australie, des États-Unis et du Japon) vont faire leurs preuves devant un public curieux !
 

C'est aux Australiens de HEADWRECK de démarrer le show. Inconnu dans nos contrées dans lesquelles c'est son premier passage, le groupe présente son neo metal teinté de metalcore. Avec un look vraiment remarquable à base de vêtements en noir et blanc et lunettes cyberpunk pour le bassiste, le groupe se fait remarquer tant par son univers cartoonesque que par l'énergie déployée par les musiciens. S'inspirant beaucoup de LIMP BIZKIT et LINKIN PARK mais également THE AMITY AFFLICTION, sa musique conquiert vite le public, notamment sur la reprise ultra régressive de ''Lying From You'' de LINKIN PARK. ''Razor'' et ''Buzzsaw'' finissent le (très court) set de HEADWRECK et, au vu de la file d'attente qui se forme déjà devant la table de merch, le public parisien semble déjà conquis. Affaire à suivre pour ce groupe franchement prometteur !

Les États-Uniens de GREYHAVEN prennent vite la suite et envoient un énorme son de basse dès le début. On sent le public un peu moins chaud que sur HEADWRECK mais le metalcore complexe teinté de math rock du groupe séduit petit à petit les premiers rangs, tant et si bien que le chanteur Brent Mills demande à démarrer les pogos et fait sauter le public ! La musique du groupe, qui n'est pas sans rappeler THE DILLINGER ESCAPE PLAN, permet peu de mouvement au guitariste Nick Spencer, au jeu très technique, mais le bassiste Johnny Muench rattrape largement ça avec une attitude hyper énergique et une violence de jeu qui fait plaisir à voir. Après une poignée de morceaux, Brent Mills demande comment va le public avant de calmer le jeu avec ''Where The Light Leaves Us'' et son refrain à la DEFTONES. Des slams sont réclamés mais n'arrivent pas forcément jusqu'à la scène, malheureusement. Mais rien n'arrête GREYHAVEN qui lance un circle pit sur ''Echo and Dust, Pt. I'', avant de finir avec un énorme pogo sur fond de ''Cemetery Sun''. Le premier passage à Paris de GREYHAVEN a marqué les esprits, bien que sa musique soit moins accessible que celle des trois autres groupes de la soirée. On sera au rendez-vous pour la suite !

Les plus curieux ont déjà découvert KNOSIS en première partie de STRAY FROM THE PATH il y a quelques années, juste à côté du Backstage by the Mill. Le groupe mené par Ryo Kinoshita (ex-CRYSTAL LAKE) a bien avancé, fort d'un excellent premier album très sombre, « Genknosis ». C'est donc tout naturellement que le concert débute sur un remix de la musique d'accueil de la Wii ! Le groupe, sérieux sur album, envoie instantanément une énergie de dingue sur le titre éponyme de « Genknosis » ! Ryo Kinoshita se lance sur les premiers rangs dès le deuxième titre et exige des stage dives du public qui s'exécute sur-le-champ ! L'énergie monte d'un cran instantanément ! ''Seisai'' et ''Imioni'' déchaînent la foule qui hurle les paroles tandis que le frontman s'élance cette fois dans le mosh. ''Dokunuma'' calme le jeu avec une intro un peu plus emo qui mène vers un breakdown aux allures de tsunami. Il ne reste déjà plus que trois chansons quand on se rend compte du séisme qu'on est en train de vivre. Le mosh prend le contrôle de toute la fosse tandis que Ryo stage dive en touchant le plafond avec les pieds ! ''Yarushikanee'' achève le set avec une ambiance electro metal, clôturant ainsi un concert légendaire de KNOSIS, celui qui aura le plus fait bouger la foule ce soir avant PALEDUSK !

Après une introduction faisant référence à BRING ME THE HORIZON avec un petit sample discret, PALEDUSK monte enfin sur scène pour son premier concert headline en France devant une salle comble déjà conquise. Mais les membres du groupe ne prennent pas leur public pour acquis et dégainent immédiatement leurs hits ! ''I ♡ YOU BABY!!'', ''SLAY!!'' et ''SUPER NATURAL HIGH'' s'enchaînent, avec un Kaito Nagai courant partout comme un lion sorti de sa cage ! Le public reprend les paroles en chœur, le mosh commence immédiatement et ne se calme pas avant la fin du concert. Sur ''I'm ready to die for my friends'', Daisuke s'offre un premier grand solo au milieu de la scène, rappelant son modèle Nuno Bettencourt avec ses attitudes de scène dignes du guitar hero qu'il est. Quelques références se cachent dans les différents titres, notamment avant le breakdown de ''NO WAY!!'' avec un clin d'oeil à METALLICA, ou au début de ''PALEHELL'' qui reprend le riff de ''Lost'' de BRING ME THE HORIZON… Qui passe complètement inaperçu ! Encore un avantage au style hyperactif du groupe japonais : on peut y déceler de nombreuses surprises !

Un wall of death sur ''HAPPY TALK'' et un circle pit sur ''AFTER DUSK'' plus tard, Kaito Nagai annonce qu'il s'agit du premier concert complet de la tournée et qu'après avoir enchaîné les hits pendant cette première moitié de set, il faut se préparer aux chansons les plus heavy de leur discographie ! ''GOOD DEATH'' illustre bien ce changement, se rapprochant presque du deathcore par moments, avant un ''NO!'' qui fait trembler la salle parisienne ! Alors que le concert touche à sa fin, le groupe remercie le public absolument surréaliste. En-dehors d'un léger problème technique sur ''HUGs'', le groupe enchaîne sans le moindre défaut ses morceaux d'une complexité rare, avec un jeu de lumière simple mais efficace et un son absolument cristallin, réunissant ainsi les conditions idéales pour un concert de metalcore ! Après une brève sortie de scène, le groupe revient sur ''Lose Yourself'' d'Eminem et lance l'épileptique ''RUMBLE'' qui voit Daisuke effectuer son dernier solo de la soirée, le titre final ''LIGHTS'' étant plus dédié à Tsubasa, le deuxième et plus discret guitariste du groupe. Le chanteur de PALEDUSK annonce, tout sourire, un probable retour en 2027, alors que le public chante en chœur les « woh oh » du dernier refrain du concert, clôturant une magnifique soirée metalcore qui laisse penser que le style peut encore innover et que le meilleur est peut-être à venir !
 

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