
Taj Farrant est un jeune prodige du blues rock qui vient tout juste de fêter ses 17 ans.
Mais cela fait déjà plusieurs années que cet Australien récolte des millions de vues sur le Net, où l’on déniche des vidéos hallucinantes de lui à la guitare interprétant à 9 ans des reprises de SANTANA ou de PINK FLOYD !
Chapeauté par ses parents (artistes tatoueurs), le gamin a déjà sorti en 2024 – donc à 15 ans ! – un album, « Chapter One », assez dingue si l’on pense à l’âge de l’artiste, mais sinon plus sympathique qu’autre chose, et assez peu représentatif du personnage (un conseil : écoutez-le dans l’ordre inverse des chansons, le disque rend beaucoup mieux ainsi).
Par contre, en live, quelle claque, mes aïeux ! Pour sa première visite française, Taj Farrant (avec papa maman dans les coulisses, et sa grande sœur Jazel aux claviers) a livré au New Morning une prestation littéralement éblouissante, sauvage et habitée, du genre de celles dont on se vante pendant des années : « j’y étais ! ». Une centaine de personnes à peine pourront s'en prévaloir fièrement, mais nul doute que dans quelques années, quand Taj Farrant aura détrôné Joe Bonamassa et qu’il se produira dans de plus grandes salles, ce chiffre aura beaucoup grossi…

C’est le père du guitariste qui fait les présentations avant que le groupe, pléthorique, ne monte sur scène, décorée de quelques peluches. Explication : outre sa sœur Jazel, Taj est accompagné des musiciens d’un groupe texan, TKB, soit un batteur, un bassiste, et deux guitaristes, dont l’un joue d'une acoustique. Beaucoup de monde sur la petite scène du New Morning, trois des quatre TKB se serrant sur 3 m2 du côté gauche.
Le show démarre tranquille avec l’intro « Beautiful Things » suivie de « Bad Trip ». Chemise colorée sur les épaules, chapeau couvrant sa tête dont s’échappent quelques dreadlocks, Taj a l’air tout gentil, et nous habitue à sa voix rauque et s’échauffe gentiment à la six-cordes.
Mais la situation dégénère dès le titre qui suit, la reprise du « Cold Shot » de Stevie Ray Vaughan ! Et c’est parti pour un déluge de guitare comme on n'en a pas vu depuis longtemps. Clairement, le "gamin" est un surdoué, qui vit littéralement les morceaux qu’il joue, à grands renforts de grimaces et de sourires.

Et le bougre continue avec une reprise de Prince, « The Ride » (un blues). Puis, accueillant sur les planches un ami, un guitariste, il demande s’il y a des fans de Stevie Ray Vaughan dans la salle. Ceci afin de nous proposer une version démente de « The Sky Is Crying » (à l’origine signée Elmore James), donnée avec quatre guitares, où chacun prend son solo !
Le public dans sa poche – les gens sont littéralement médusés par ce qu’ils voient -, Taj Farrant continuer d’alterner compositions originales et reprises, comme « Freight Train » et « Tightrope » (une nouvelle reprise de Stevie Ray Vaughan), « Cruz » et « Crossroad Blues » (cover de Robert Johnson).

Sur scène « s’affrontent » deux camps : les musiciens déchaînés et ceux restant stoïques malgré le maelstrom dans lequel ils se trouvent. Nous rangerons dans le premier Taj et son batteur, digne émule de celui du Muppets Show, particulièrement expressif même si collé derrière son kit. Dans le second, le reste de TKB, et surtout Jazel Farrant, dont les claviers discrets doivent sans doute surtout servir à épaissir le son, et dont le visage ne trahit aucune émotion. Jusqu’à « Tightrope », lorsqu’après un blanc dans la chanson, un spectateur se met à chanter le vers de reprise, ce qui la fait exploser de rire.
Après S.R. Vaughan ou Prince, Taj s’attaque maintenant à deux autres monstres de la guitare. D’abord Steve Vai, dont il reprend avec talent la mélancolique « For The Love Of God », puis Eric Johnson – « souhaitez-moi bonne chance ! », réclame le jeune homme avant « Cliffs Of Dover ».

Un épique « Mumma Raised A Man », « une chanson écrite avec mon père pour ma mère », délivre ensuite un fabuleux tourbillon d’électricité, Taj allongeant la sauce lors d’un solo final dantesque d’une dizaine de minutes où il perd son chapeau !
« Alors, c’était comment ? », demande l’ado au public, d’un air conquérant.
Comment se relever d’un tel déluge blues rock ? Simplement avec une dernière reprise, « Parisienne Walkways » de Gary Moore, une version magique d’une douzaine de minutes que l’Irlandais aurait sûrement appréciée.
Dès que Taj quitte la scène avec ses musiciens, son père revient prendre le micro pour vanter la performance de son fils et lancer « maintenant, vous savez ! « . Oh que oui, et nul doute que désormais, la bonne parole va se propager.
Nous vous épargnerons notre avis sur la première partie de la soirée, Gabriel Kröger, un jeune artiste de l’Essonne venu en marcel et cagoule rouge sur la tête, qui chante en acoustique accompagné de sa guitare.
Pas vraiment le chauffe-salle idéal pour ce qui allait suivre…





























































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