
En ce 28 avril, Garmonbozia propose une soirée absolument délicieuse aux fans de musique psych : un plateau orné des pionniers du stoner allemand COLOUR HAZE et du quartet de rock psyché instrumental MY SLEEPING KARMA à la Machine du Moulin rouge. De quoi en prendre plein les yeux et les oreilles à l’occasion de cette splendide tournée nommée « Karma Haze ».
Pour le set de COLOUR HAZE, le plateau est paré d’un écran blanc tendu en fond de scène. Les lumières s’éteignent à l’heure et les quatre membres du groupe montent sur scène : Stefan Koglek au chant et à la guitare, Mario Oberpucher à la basse, Manfred Merwald à la batterie et Jan Faszbender aux claviers. Dès les premières notes du titre "Aquamaria", la magie opère : la musique porte le public vers les cieux et les visuels projetés sur l’écran, organisés en cercles colorés avec de multiples variations, permettent à l’esprit de s’échapper. Une formule très simple mais qui fonctionne à merveille pour de la musique psych.
D’abord bleues pour "Aquamaria", les lumières changent de couleur au fil des ambiances, suivant parfois les tons dominants des visuels ou s’en détachant pour immerger davantage le public dans une mer de couleurs. Tout est doucement psychédélique et, quand Stefan Koglek annonce que le groupe s’apprête à jouer "Love", la joie s’intensifie au point qu’un petit pogo se forme dans la fosse. Les lumières deviennent tour à tour rose fuschia, jaunes puis bleues et le temps semble fondre tellement les quasi dix minutes se vivent au lieu de s’écouler. Pour finir, COLOUR HAZE va chercher plus loin dans sa discographie en jouant "Pulse" tiré tout droit de l’album « Periscope » (2008), titre dont la basse ravageuse a vite fait d’emporter toutes les cages thoraciques. Déjà conquis, le public est ravi du set et n’attend plus qu’une chose : que le deuxième groupe fasse son entrée sur scène.

Après quelques tentatives pour afficher des images sur l’écran en fond de scène, le quartet allemand monte finalement devant un écran vierge. Les quelques néons qui ornent la scène diffusent des touches orangées dans la lumière ambiante bleue. Sur fond sonore de "The Four Horsemen" d’APHRODITE’S CHILD, les quatre hommes se prennent dans les bras avant le début du concert et, une fois cette affection mutuelle montrée, Seppi (guitare), Matte (basse), André (batterie) et Norman (claviers) s’installent derrière leurs instruments. Dès les premières notes de "Prithvi", le public se laisse emporter par les notes psychédéliques.
Alors que le groupe sonne déjà très bien sur album, entendre les compositions enveloppantes et hypnotiques en live relève de l’expérience totale plus que de la simple appréciation auditive. MY SLEEPING KARMA a su, au fil des années, développer des musiques inspirées par de nombreux concepts issus de l’hindouisme ainsi que par la paix intérieure et l’équilibre que visent cette religion. Les musiques sont donc dynamiques et on peut tout aussi bien se perdre dans l’apaisement et la sérénité que dans une transe plus mouvementée. Quoi de mieux que les discrètes notes de basse de "Glow 11" pour fermer les yeux et se livrer à la méditation ? Ou la batterie de "Tamas" dont les cymbales, calmes et solides, n’en finissent pas de faire monter la pression jusqu’au plongeon dans la boucle mélodique de la guitare.
Comme pendant le set de COLOUR HAZE, on ne sent plus le temps passer. Les titres s’enchaînent, ni trop vite ni trop lentement, et les sourires s’agrandissent de plus en plus sur les visages des musiciens qui sentent que le public répond avec enthousiasme à sa musique, aussi bien sur les titres dynamiques que sur les passages plus apaisés comme "Brahama". Au point que Matte s’approche du micro, resté sur scène, pour saluer la foule d’un : « Bonsoir Paris, comment allez-vous ? » auquel le public répond par des cris de joie. L’enthousiasme ne fait que grandir quand retentissent les premières notes du fameux "Ephedra" et sa boucle de guitare, hypnotique et satisfaisante au possible. Lui succède le diptyque formé de "Maya Shakti" et "Prema" issu du dernier album en date du groupe, sorti en 2022.

Bien que MY SLEEPING KARMA soit déjà venu en France à plusieurs reprises au cours des dernières années, le groupe ne cache pas son plaisir de revoir le public parisien. Après avoir écumé les festivals en 2025, notamment le Freak Valley, le Rock in Bourlon ou encore le Hellfest, il semble que le quartet se soit attaché au public français au point que Matte demande un ultime cri de joie avant de finir sur "hymn 72", sa guitare enivrante, sa basse rapide, sa batterie enjouée et ses claviers caressants. Pendant ce titre, tout s’emballe : les claviers et leurs motifs psych, la batterie dont le tempo accélère, la basse sur laquelle les notes semblent courir encore et encore et la guitare dont la mélodie n’en finit pas de s’envoler. Heureux comme des princes, les quatre hommes saluent le public avant de prendre une photo et une vidéo de la salle. Une courte pause plus tard, les quatre cavaliers remontent sur scène et jouent "Ahimsa" en guise de rappel en la dédiant au public français qui a le cœur sur la main, dixit Matte dans un français un peu approximatif mais très touchant.
Le verdict est sans appel : on n’a pas forcément besoin d’une production ultra léchée pour se laisser porter par la musique. Le public est, sans surprise, absolument conquis par un set aussi beau, sans accroc, rempli de grands sourires, d’applaudissements qui n’en finissent pas et de cris de joie. Si vous n’avez pas encore vu MY SLEEPING KARMA, armez-vous de patience et empressez-vous de venir au prochain concert près de chez vous. C’est une expérience à faire au moins une fois dans sa vie.
Photos © Régis Peylet – Portfolios : MY SLEEPING KARMA, COLOUR HAZE.






























































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