3ème édition pour le Metal Fest de l’association Aching au Grillen de Colmar, les 1er et 2 mai 2026. Malheureusement indisponible pour la première journée, je ne peux que citer les excellents groupes qui s'y produisaient : PYRAH, DEVHYON, les Lusitaniens rois d’un heavy metal ultra classique TOXIKULL, les furieux CRYPTOSIS, et en final la divine reine des formations du heavy moderne LIV SIN.
17h00, j’arrive pour la 2ème journée sous un soleil estival qui tape fort sur la tête pour un mois de mai. On m’accueille chaleureusement, Frédéric Maurer et Thierry Forgiarini, dans les coulisses de l’événement, sont aux petits soins de chacun. Je prends la température. Trois centaines de festivaliers papotent tranquillement. Excellente ambiance bon enfant, bières, grillades et metal nous attendent. Ça fleure bon la reprise des festivals. Que demander de mieux ?
On commence avec les locaux ACEVOLTS. Découverts en première partie de SIDILARSEN il y a 3 ans ces colmariens électrisés crachent du pur jus australien. Comprenez par là qu’on nous balance un excellent et indémodable vieux hard rock'n'roll situé entre AC/DC, pour les riffs aiguisés, et MOTÖRHEAD, pour la voix chargée de bitume. Les musiciens boivent d’ailleurs leur kérosène à même le jerrican. Si ce n’est pas badass comme attitude ? "Ass Kickers", voilà un titre qui résume à merveille l’âme du groupe. Le public a bien rempli la petite salle, et je crois qu’Angus et Lemmy approuveraient ce "Hit The Road" bien balancé !

MERCYLESS retourne la grande salle avec "Rival Of The Nazarene". Du gros death metal qui tache. Un rouleau compresseur brillant de mille décibels. Les gars, avec leurs quatre décennies au compteur, jouent dans la cour des grands, enchaînant les prouesses techniques. Ils sont une fierté à ranger aux côtés de LOUDBLAST et autres BENIGHTED. "Without Christ" offre hennissements et accélérations à la SLAYER. Une réelle ambiance floridienne également s’installe, avec ce "Crown Of Blasphemy" putride à souhait. Enfin, un fracassant "Pathetic Divinity" nous laisse KO à la fin de ce set de 45 minutes.
Nous allons nous délasser après la fureur devant MURDER ONE. Nouvelle destination musicale, cap sur du stoner metal. On étale une bonne tartine de gras sur nos épaules, avec un beau chant planant. On inspire à fond et on se laisse emporter. On pense forcément aux précurseurs de KYUSS, certains morceaux portent en eux une lourdeur à la BLACK SABBATH. "Living Dead" est très attendu, on comprend pourquoi. Speed et constellé de martellements primaires. Voilà une belle découverte et un délicieux moment.

Voilà le nouveau phénomène dont on commence à bien parler : AURORE. Étrange ambiance néon, un grondement rythmique obsédant, puis ça s’emballe. Voilà à l’œuvre ce nouveau nom du metalcore français. On pense beaucoup, au milieu des explosions de riffs et de cris, à ses compatriotes LANDMVRKS. Le rendu est rugueux, le chant porte bien loin sa rage, le riff est minimaliste, le jeu dynamiquement juvénile. En parallèle les textes sont évidemment engagés, en 2026 on ne parle plus de filles et de bières. Belles accélérations désinhibées de la basse batterie, avec un petit arrière-goût de RISE OF THE NORTHSTAR. Ce groupe pourrait avoir pour slogan "Bring Me The Aurore (Izon)". Belle découverte.
Je vais ensuite voir HORIZON WAVES dans la petite salle. Du metal electro-symphonique avec des voix duales. Je leur trouve un côté LACUNA COIL C’est ultra dansant en tout cas. Les poussés rythmiques speed laissent ensuite la place à des breaks ambiants, le tout sur fond d’habits blanc éclatant. Un excellent groove et une magnifique alchimie vocale.


Le grand final est assuré par mon coup de cœur metal extrême de l’année dernière, HOULE. Quelle chance, après la scène maousse du Hellfest de pouvoir se dresser à un mètre d’eux. Ouverture sur "La Danse du Rocher" et "Mère Nocturne", l’accent est mis sur le sublime dernier album. Nous sommes happés par un opéra black metal aux embruns marins. Sur scène le spectacle est d’une immersion totale. Pantomime d'Adsagsona la meneuse, ses gestes dictés par les riffs aussi tranchants que l’acier, décors portuaire, marinières et cirés recouverts d’algues sur les corps sombres des membres du groupe, voici la définition du metal noir marin selon HOULE.
C’est d’un envoûtant… On ressent l’atmosphère de leur musique, au milieu des lampes tempête et des cris strident des mouettes. Malgré son nom, "Et puis le Silence" n’est pas là pour imposer une paix sonore. L’apothéose sera avec "Sel, Sang et Gerçures", dernier maelstrom qui verra Adsagsona étreindre une dernière fois nos âmes, ainsi que sa bouteille de rouge sombre, là enfin nous méritons le repos des sombres héros de la mer. Une ambiance de fou pour ce bain de (F)HOULE.
Une soirée fantastique, avec une programmation éclectique. J’ai été agréablement surpris, les spectateurs n’ont boudé aucun groupe, signe d’une belle ouverture d’esprit. Vivement la prochaine édition, et bravo Aching pour ses sélections toujours léchées !






























































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