Steve Hackett

De tous les ex-GENESIS, Steve Hackett reste sans doute le plus actif. A 76 ans, le guitariste et chanteur continue d’enregistrer à tour de bras, des disques studio comme des live, et il tourne intensément à travers le monde, n’oubliant jamais la France (enfin, surtout Paris). 
Pour son 5e passage dans la capitale en 10 ans, Hackett retrouve donc une scène qu’il a déjà foulée en 2022, et quasiment avec le même groupe que lors de son dernier concert dans la Ville Lumière, en 2024. Les fidèles Nad Sylvan (chanteur), Jonas Reingold (bassiste) et Rob Townsend (multi-instrumentiste) répondent donc présent à leur poste, le trio se voyant rejoindre par deux petits nouveaux : Felix Lehrmann à la batterie, et Lalle Larsson aux claviers. 

Le public, lui non plus, ne fait pas faux bond : concert complet, pour un set dont on sait déjà qu’il va se dérouler en deux parties. D’abord, une exploration de la carrière solo de l’artiste, puis un best of de GENESIS. 
Tout commence donc avec « The Devil’s Cathedral », unique extrait ce soir de « Surrender Of Silence », le disque de 2021. Une bonne introduction avec taping sur le manche de la guitare et démonstration à la basse, les maîtres sont en forme. « Bonsoir mes amis », lance Hackett en français à l’issue de la chanson, s’aidant d’une feuille pour dire quelques mots dans notre langue, avant de passer à l’anglais. « Every Day » bénéficie de superbes harmonies vocales données à quatre (Sylvan, Hackett, Reingold et Townsend), avant que les musiciens ne dévoilent un inédit, l’intéressant « The Sea Inside », extrait d’un prochain album déjà composé, voire enregistré. Nous n’aurons par contre droit à rien du dernier à ce jour, « The Circus And The Nightwhale » (pour cela, il fallait  venir au concert de 2024).

Le show se poursuit avec l’interprétation de vieux classiques datant du tout début de la carrière de Hackett, « Ace Of Wands », « The Steppes », « Camino Royale » et le plutôt heavy « Shadow Of The Hierophant ». Le multi-instrumentiste Rob Townsend s’en donne à cœur joie, passant de la trompette au saxophone, introduisant avec ce dernier « The Steppes » et plaçant au milieu de « Camino Royale » un long solo très applaudi. 

Après une cinquantaine de minutes, le groupe salue et s’en va, revenant une vingtaine de minutes plus tard. C’est maintenant au tour des fans de GENESIS, dont beaucoup connaissent les paroles des chansons, de se régaler. Nad Sylvan, présent seulement par intermittences lors de la première partie du set, prend ici davantage d’importance, du moins quand il y a besoin de quelqu’un au micro. 

Car le best of GENESIS de ce soir privilégie les performances instrumentales, dès le « Dancing With The Moonlit Knight » d’ouverture, où Reingold débarque avec une double manche guitare/basse. Intro mélancolique, accélération, le morceau reste fidèle à sa version d’origine. La partie centrale de « The Cinema Show » est superbe. Mais c’est surtout le long (peut-être un peu trop…) « Supper’s Ready » qui fait vibrer la foule, d’autant que Hackett l’incite à chanter si elle veut. La prestation, qui dure plus d’une vingtaine de minutes, voit chacun des musiciens se déchaîner, notamment durant la deuxième moitié du morceau. Le tout s’achève par une longue standing ovation du public. C’est Lalle Larsson, avec un solo de piano, qui lance le « Firth Of Fifth » final, que Hackett illumine une nouvelle fois d’un solo étincelant.

Le rappel d'une vingtaine de minutes mélange « Dance On A Volcano », un solo de batterie pas extraordinaire mais apprécié des spectateurs de Felix Lehrmann, puis des parties de « Los Endos », dont le rythme rapide et soutenu prouve que, après plus de deux heures de présence scénique, les musiciens en ont encore sous la pédale ! 

Mission accomplie pour Steve Hackett, dont l’âge n’altère en rien ni l’habileté ni l’enthousiasme, et son orchestre. Rendez-vous dans deux ans ? 

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