NØCIDE

À l’occasion de son passage sur la scène du Place 2B le 11 avril, nous avons rencontré le groupe de metalcore NØCIDE, originaire de Chambéry. Quelques instants avant leur concert, Tom (chant) et Tim (batterie) reviennent sur la genèse du projet, son évolution et ses ambitions. Un échange à l’image de leur musique : direct et authentique.
 

Comment est né le projet NØCIDE ?
Tim : Pendant la COVID, Simon, le guitariste, a commencé à composer dans son coin, dans sa chambre et on se connaissait déjà vu qu’on fréquentait le même bar à Chambéry, le Dixon. On s’y croisait très souvent et il me disait à chaque fois : « Hey ce serait bien qu’on fasse de la musique ensemble ! »  et à chaque fois je lui répondais que je n’avais pas envie, que je suis un batteur qui joue dans son garage, tout seul comme un grand. Et vu que je suis quelqu’un d’assez têtu à la base, je me disais que si tu ne fais pas de la musique avec quelqu’un qui a la même vision que toi, ça ne vaut pas la peine. Mais un jour, je lui ai dit de me faire écouter ce qu’il faisait : il m’a envoyé les sons et je me suis dit « ah ouais ! » et je lui ai répondu : « vas-y on se lance ». On a donc commencé comme ça avec un autre pote qui, lui, a abandonné le projet en cours car à quarante-cinq ans et avec une vie de famille ça lui faisait des horaires trop compliqués. On a chopé Tom au passage, puis une fois qu'on a fini de composer et d'enregistrer l’album, il a fallu trouver le reste des musiciens pour jouer en live. Avant de partir, notre pote nous a présenté son frère et Nico (bassiste du groupe – ndlr) qui est devenu le line-up initial avec lequel on a débuté les concerts… et c’était parti. Tout ça s’est fait assez rapidement.

Pourquoi avoir choisi ce nom de groupe ?
Tim : NØCIDE, ça vient de moi et du fait que CJ McMahon de THY ART IS MURDER s’était fait virer du groupe pendant la nuit pour une prise de position virulente sur les réseaux sociaux. Ce qui n’a pas plu aux membres du groupe et qui l’ont viré sur le champ. Mais ce qu’ils n’ont pas dit sur le moment, c’est qu’ils avaient déjà réenregistré l’album un mois auparavant avec un nouveau chanteur et finalement, cette histoire de réseaux sociaux leur faisait une bonne raison de le virer. Je me suis dit que ce genre d’histoire, ça craignait, et que musicalement, il ne faut pas prendre de parti, que ce soit politique, social… Transmettre des messages, c’est bien, mais il ne faut pas prendre parti, ne pas préférer un côté plutôt qu’un autre : "no side" en anglais. On a juste pris le côté phonétique et orthographié en un mot avec le "ø", car sans la barre, c’était déjà pris ! (rires)

Dans un contexte où les outils numériques facilitent la diffusion à l’échelle mondiale, avez-vous cependant rencontré des difficultés pour faire connaître votre projet, ou cette interconnexion vous a-t-elle permis de promouvoir plus aisément vos premières compositions et d’envisager rapidement le lancement du groupe ?
Tom : On a envoyé des trucs à droite à gauche. Ça a pris à certains endroits, et puis il y a eu le média ROAR qui nous a donné notre premier coup de pouce en nous diffusant et en nous proposant une interview plus une live session avec trois morceaux et à partir de là, on a pu avoir des belles images live grâce à eux, ce qui nous permettait de voir ce que ça donnait sur scène. On venait de faire notre tout premier concert une semaine avant au Brin de Zinc à Chambéry. Donc ce n’est pas le fait d’avoir enchaîné les concerts qui nous a fait connaitre, mais plus de petits coups de pouces de quelques personnes qui ont parlé de nous, en plus du démarchage qu’on a lancé dès le début.
Tim : On a bien bourriné la com aussi sur les réseaux sociaux, en essayant d’avoir une direction artistique bien spécifique, d’avoir un cap et de s’y tenir, de faire des publications sponsorisées, ce qui te rapporte des followers. Mais attention : des followers, ça ne signifie pas forcément de l’écoute active. Les gens voient un reel, s’abonnent, mais n’écoutent pas forcément. Après, on a eu de la chance lorsqu’on a publié notre première photo sur les réseaux : un groupe japonais, SAILING BEFORE THE WIND, a mis un commentaire sur la photo, genre juste un émoticône avec des yeux qui regardent sur le côté et j’y suis allé au culot en lui envoyant un message, demandant s’il était intéressé par une collaboration. Il a accepté et c’est comme ça qu’on a pu faire un titre avec Kosuke sur "Awake" pour notre premier album. Cela a permis de faire monter notre référencement dans les streams Spotify vu que SAILING BEFORE THE WIND tourne à 34.000 écoutes par mois. Ça nous a vraiment bien aidés. Et puis, sur la grande liste de mails qu’on a envoyés, un, puis deux, puis trois ont répondu, et petit à petit en forçant un peu le destin, ça a commencé à fonctionner. Après, on reste lucide : on sait qu’on reste un groupe émergent, mais c’est vrai qu’on a eu de belles opportunités assez tôt comme Sounds Like Hell Production qui nous a appelés pour qu’on ouvre pour CRYSTAL LAKE. On est aussi accompagnés par la salle le Brin de Zinc, dont le gérant et programmateur de la salle Thomas a eu un coup de cœur pour nous et nous a proposé un an d’accompagnement en nous mettant à disposition les lieux pour des résidences. Leur ingé son est devenu le nôtre aussi. Donc, que de belles rencontre dans ce genre-là. Et en plus, c’est une salle très active : il y a des concerts quasiment tous les jours. C’est l’une des salles les plus actives de France. Elle est équipée d’un sound system de fou.
Tom : Et vu qu’il y a pas mal d’habitués, des gens nous ont découverts là-bas. L’ambiance est extra, les copains viennent et on joue à la maison, en quelque sorte. Et ceux qui nous découvrent là-bas sont toujours très étonnés d’apprendre qu’on ne joue que depuis un an.

Justement, avec un peu plus d’un an d’activité, vous êtes pleinement satisfaits de l’évolution de votre projet ? Vous souhaiteriez que ça aille plus vite ou au contraire il est important de ne pas brûler les étapes et construire votre carrière en prenant le temps de bien réfléchir à chaque décision ?
Tom : Ce n’est pas qu’on n’est pas pressé, loin de là. On est comme chaque groupe, on a envie de passer un peu au stade au-dessus à chaque fois. Mais là, on est encore de nouveaux-venus, on apprend. Et le fait d'apprendre et de croiser certains groupes qui sont un peu plus gros comme CRYSTAL LAKE, je peux te dire qu’on ne la ramène pas. Face à eux, on tremblait vraiment fort, parce que tu te dis : "merde, ça fait six mois qu'on joue et on ouvre pour un groupe comme ça, avec seulement trois concerts au compteur". Donc, là, déjà, il y a plein de gens qui nous ont repérés. Et une fois le stress de la première chanson passée, c’était un truc de fou, l’ambiance était géniale. Des gens sont venus nous féliciter. On fait aussi le Sylak, on adore ce festival et on y a recroisé des gars qui nous ont reconnus du concert d’avant. On a alorscompris que ça commençait à prendre. Il s'agissait de nos premières grosses dates et on s’est dit : « ok c’est cool, on va continuer ». Aujourd’hui, il y a des milliers de groupes qui se lancent mais qui coulent au bout d’un an. Certains n’émergent jamais. Nous, on a envie de se donner les moyens d’aller loin.
Tim : Il faut prendre son temps, il ne faut pas cramer les étapes, apprendre à apprécier chaque instant, que ce soit de grosses dates comme quand on a joué au WinteRock Festival et qu'on a été accueillis comme des rois, et aussi comme ce soir où on joue dans un bar et où on est super bien accueillis, et à chaque concert qu'on fait on a de bons retours. Après, j'ai hâte aussi d'avoir LA date où on va se planter, celle où il n'y aura personne ou pire celle où le public n'aimera pas ce qu'on jouera, le bide quoi, parce que lorsqu'on te dit tout le temps que ce que tu fais c'est super, c'est super, c'est super, il faut avoir le recul nécessaire pour te remettre en question et vouloir t'améliorer, consolider un peu les bases. Si tout le monde te dit « c'est super », tu ne peux pas t'améliorer. On me dit « putain, tu joues trop bien ! » mais en fait je suis nul comme batteur, j'ai appris dans mon coin, j'ai pris quelques cours ces derniers temps, mais je suis un amateur pour le moment. L'important, c'est aussi de ne pas prétendre être ce qu'on n'est pas, de ne pas prendre la grosse tête et surtout de garder le plaisir de jouer. 

Le metalcore est quand même un style qui a du succès depuis plusieurs années, il est très en vogue. Vous avez ce côté death metal aussi. C'est quoi votre signature sonore pour vous démarquer ? Qu'est-ce que NØCIDE apporte à la scène metalcore actuelle ?
Tom : Justement, il n'y a pas longtemps, on a eu cette discussion sur notre style de musique. Et on ne veut clairement pas être confinés dans un style. Là, on a sept nouveaux morceaux en préparation. Simon est ultra productif, il pond des riffs à la pelle. Il écoute énormément de musique, pas que du metal bien évidemment, et là, typiquement, sur les prochains morceaux, certains ne sont même pas du metal. On a chacun notre vibe : Nico, notre bassiste, est très électro, électro très sombre ; Simon aime le metalcore moderne ; Tim, c'est le hardcore…
Tim : Ouais, hardcore, deathcore… Après, ce qui m'a motivé à faire de la batterie, c'est LIMP BIZKIT, mais j'écoute de tout, énormément de musique électronique. J'écoute du metal très bourrin, du metal moins bourrin, de la musique absolument pas metal. Aujourd'hui, le terme metalcore me gonfle, car à la base, ce sont des groupes comme KILLSWITCH ENGAGE. Mais aujourd'hui, le metalcore c'est BAD OMENS, et je suis désolé, mais dans ce cas-là, on ne fait pas du metalcore alors, parce qu'un mec qui écoute du metalcore, qui s'attend à écouter du BAD OMENS et qui vient nous voir, il ne va pas comprendre. Tom a une voix typée death, et si on dit qu'on fait du metalcore, alors c'est celui à l'ancienne, celui d'il y a quinze ans avec une voix qui tabasse.
Tom : On ne veut pas trop rentrer dans des cases, parce qu'on a envie de dire et de faire ce qu'on veut. C'est l'essence même du groupe NØCIDE. Je joue aussi dans un autre groupe de death qui s'appelle GHOULDOZER, avec lequel on n'a pas beaucoup de visibilité mais avec lequel je m'éclate, c'est mon premier groupe. Et j'avais parlé avec Max, le patron du bar Le Dixon, et je lui avais fait part de mon envie de jouer dans un autre groupe qui me permettrait d'exploiter toute la puissance de ma voix, et il m'a présenté à Simon et Tim, et la première chose qu'on a décidée ensemble, c'est de ne pas se donner de limites : tu veux composer un morceau de dance, vas-y, on fait un morceau de dance, du moment qu'on se fait plaisir et que ça sonne. Donc la case metalcore, ok si vous voulez, mais quand les gens viendront sur scène, ce ne sera pas du metalcore, mais un mélange de plein de choses.

Comment avez-vous mis en place l’enregistrement de votre premier album « Resilience » paru en 2024. Comment s'est déroulé le processus d'écriture, l’enregistrement et le thème abordé dans les paroles qui ici traite du thème du deuil ? 
Tim : C’est Simon qui a eu l’idée du thème du deuil, après en ce qui concerne les compositions on a réarrangé certains morceaux, j’ai posé les batteries dessus pour qu’on ait déjà les thèmes et les bases de chaque titre. On a écrit les paroles tous les deux avec Simon, certaines parlaient plus à l’un et d’autres à l’autre mais la grosse partie des chansons sont réalisées par Simon. Il y a une chanson qui avait été composée par le premier guitariste qui est parti, le père de famille, qui nous avait dit de la garder et de l’utiliser, Simon l’a juste retravaillée un peu.

Est-ce qu'il y a eu un processus cathartique dans l'écriture, dans les paroles, c'était juste au thème qui se prêtait à en faire un album ou est-ce qu'il y avait un réel besoin d'en parler ? 
Tom : Oui, et tout l'album « Resilience », c'est l'œuvre de Simon, donc le thème aussi lui tenait à cœur personnellement. Quand je suis arrivé dans le projet, mon ressenti a été que j'étais juste un interprète des paroles.
Tim : Ouais, c'est vrai que quand tu es arrivé, on avait déjà les titres à 80 % terminés. On a juste fait quelques petites modifs. En fait, on a contacté Tom au moment où les compositions étaient quasi terminées et qu'il fallait un chanteur. Du coup, on avait déjà la plupart des paroles, on avait déjà quasiment tout. On avait juste besoin d'un interprète, donc c'est vrai que sur le processus d'écriture de l'album, c'est surtout Simon et moi qui avons fait le gros du taf. Après, sur les dernières petites modifs, on procèdait chanson par chanson. C'est également Simon qui s'est occupé du mixage ; on y a parfois passé énormément de temps : par exemple, sur "Hollow", on a tellement bossé dessus, qu'à la fin on ne pouvait plus la voir en peinture, même si aujourd'hui c'est une de celles qu'on préfère jouer avec le recul. Mais sur l'instant, qu'est-ce qu'on a pu la bouffer ! Il a fait cinquante versions du mix avant d'arriver à la version définitive. 
Tom : C'est ce que les gens ne voient pas quand tu sors un album. Ils disent : « putain, c'est trop bien ! ». Le taf derrière, ça ne l'est pas du tout.

Vous êtes en autoproduction, vous gérez tous les aspects que ce soit composition, enregistrement, mixage, la communication, le booking des dates, le merchandising. Ce n’est pas trop difficile de devoir tout gérer à chaque instant, c'est un mode de fonctionnement que vous souhaitez maintenir à long terme ? 
Tom : En fait, l'avantage qu'on a, c'est que Simon et Tim sont salariés d'une entreprise. Moi, je suis mon propre patron, et Nico également, donc nous deux, on peut consacrer beaucoup de temps au groupe, et s'il y a des trucs à gérer un peu en urgence, on sait qu'on peut te refiler le bébé. Après, pour la partie gestion des dates et la communication, Tim et Simon sont beaucoup plus à l'aise avec les réseaux sociaux, donc on leur laisse cette partie-là. Pour les trucs un peu plus spécifiques, comme les trois podiums qu'on met devant la scène, ça, c'est Nico qui s'en est occupé ; donc tu vois, même les éléments de décor, c'est nous qui les fabriquons. D'ailleurs les lights, tu vois, ben, c'est Simon qui gère ça aussi, il a commandé le matos et il a appris à programmer les lights avec un logiciel, c'est quelqu'un qui, lorsqu'il se met dans un truc, veut maîtriser son sujet, et il se débrouille super bien. Moi, ce que je gère un peu plus, c'est la communication quand on va en concert, je parle facilement avec les gens ; avant je gérais aussi les réseaux sociaux, mais j'ai fait un burn-out car c'est vraiment de la merde, donc j'ai tout viré, hormis Instagram où je réponds de temps en temps à des demandes par messages, mais ça s'arrête là. En fait, tu vas voir des groupes qui mettent des milliers d'euros dans la com sur les réseaux, qui vont avoir 15 000 abonnés et qui ne vont plus se sentir pisser, mais ça ne sera pas représentatif du taux d'écoute réel de leur musique, et ce qui est triste, c'est qu'aujourd'hui un promoteur, il va taper ton nom, il va voir 15 000 abonnés et il va penser que c'est tout bon. Donc ce n'est même pas forcément représentatif de ce que tu amènes, mais il faut quand même passer par là. On passe déjà tellement de temps sur le reste que ça nous fait chier de devoir le faire, on n'est pas les plus actifs sur les réseaux, mais on bosse énormément en arrière-plan. Nous, le but du jeu, c'est de jouer, on a envie de s'amuser, comme on se le disait à la dernière répète qu'on a faite, ça faisait un moment qu'on n'avait pas joué ensemble et ça nous a trop manqué. Ce soir on joue à Chalon, au Place 2b, c'est un bar et putain, c'est trop bien, et il y a plein de groupes qui diraient « oh non, je m'en fous, jouer dans un bar, non, je veux jouer que dans une grosse salle », alors que nous c'est « ouais, vas-y, ça va être trop bien », le public est tout près de toi, tu le touches.
Tim : Devant 20 ou 20 000 personnes, on jouera de la même manière, bon, même si devant 20 000 personnes on se fera dessus avant de monter sur scène, mais quand tu fais ce que tu aimes, tu te moques de l'endroit, tu donnes tout et c'est fun.

Parmi les titres de votre répertoire, quel est celui qui vous donne du fil à retordre en live, celui où il faut que vous restiez focus pour ne pas foirer ?
Tom : On a modifié notre set justement, car au début on jouait la reprise de "APT." de Rosé avec Bruno Mars, et ce titre est ultra exigeant pour la voix, vraiment, je ne m'arrête jamais, donc côté respiration c'est très dur. Et on a notre morceau "Stargazer" où il y a certaines parties où je ne peux pas respirer pendant des dizaines de secondes et ça débite à mort, et on a décidé de les mettre en fin de set, car sinon, quand je devais enchaîner avec des titres comme "Burn Out", je n'arrivais pas à faire les screams, je n'arrivais plus à gérer car je n'avais déjà plus de voix ; moi aussi je suis encore un amateur, j'apprends encore à chanter, donc en les mettant au début c'était beaucoup trop exigeant pour moi.
Tim : Pour moi, à la batterie, en vrai, c'est toutes les chansons. Déjà, parce que je souffre du syndrome de l'imposteur, je me demande ce que je fous là, alors que je jouais dans le garage de mes parents à leur casser les oreilles, et d'un coup je me retrouve à jouer pour de vrai, et je me mets une pression de dingue, sans compter qu'on joue au clic, et si tu te trompes durant une chanson, tout le monde se trompe. Il y a le break d'intro d'"Awake" qui est un peu plus technique, mais je l'ai tellement répété que ça passe sans problème. Mais comme on dit, les accidents de la route les plus fréquents sont ceux qui surviennent tout proche de chez toi, là où tu penses que c'est sans danger, et bah pour moi, à la batterie, c'est pareil, c'est dans ces moments-là que je ne dois pas me relâcher. Les autres me reprochent souvent, quand on joue en concert, que je ne les regarde pas ou que j'ai l'air super concentré, mais je me mets une telle pression pour rester dans le tempo, car si je me décale, c'est l'angoisse. C'est ce qui est arrivé lors de notre premier concert avec la guitare lead, qui était jouée sur une piste enregistrée, mais elle est arrivée deux temps trop tard, et là on était mal, on a dû gérer sur le moment pour sauver les meubles, the show must go on, comme on dit ! Alors je peux te dire que je n'ai pas envie de revivre ça. Aujourd'hui, j'ai simplifié mon jeu par rapport à mes capacités, pour être sûr à 100 % de pouvoir reproduire tout ce qui a été enregistré en studio quand on joue en live.

Ce soir vous jouez donc au Place 2b, un concert organisé par l'association avec BLACK FURY PROD, comment est née cette collaboration ? 
Tom : J'ai ma meilleure amie qui est venue me voir quand on a joué au Warmaudio à Lyon, en ouverture pour CRYSTAL LAKE, et qui m'a dit « Tom, il y a des gens qui vous ont repérés et je leur ai donné ton numéro parce qu'ils voudraient vous faire jouer ». Je rencontre donc Pat et Sonia, et c'est comme ça qu'on a commencé à travailler ensemble. Ils ont adoré notre passage, et de leur propre aveu ils ont pris une branlée, et si tu veux, quand tu écoutes l'album, c'est la version calme, en live c'est la version en mode furieux. Ils m'ont donc expliqué comment fonctionnait BLACK FURY PROD, qu'ils programmaient des groupes émergents, et on a dit oui tout de suite, c'était notre troisième concert et on se faisait démarcher, c'était cool. On les a recroisés au Sylak Festival et on a passé du temps ensemble, on a joué à la pétanque, bref, c'était cool, et c'est là qu'on a réalisé qu'il fallait qu'on joue, qu'on joue encore, car les réseaux sociaux, au final, on s'en branle, c'est juste un outil, l'important c'est de jouer un max. Et l'ingé son du Brin de Zinc s'est proposé de travailler pour nous, on lui a dit qu'on n'avait pas forcément les moyens, mais il était partant même s'il n'était pas forcément rémunéré, il a adhéré à notre univers, il était chaud bouillant. Plus tu joues, plus tu rencontres des gens et tu te crées un réseau. On va jouer au Rock'N'Eat en juin, et là aussi, en peu de temps, c'est devenu un endroit familier pour nous, et c'est l'ingé son, Gustave, qu'on avait rencontré à ROAR, qui nous a permis de jouer là. Chaque rencontre se transforme en opportunité de jouer dans un nouvel endroit.

Et pour les malheureux qui ne seront pas là pour vous voir ce soir, quel message souhaitez-vous leur passer ? 
Tim : Cheh !!! (rires)
Tom : Ils pourront se rattraper, on a plein de dates qui arrivent. Mais là, ce qui est bien, c'est que c'est en petit comité, dans un petit bar, et c'est un moment où on est proches du public, contrairement au Winterock par exemple, où il y avait 600 personnes et tu as moins cette proximité. On a joué à Bordeaux, au Salem, il y avait 48 personnes, équipe technique, groupes d'avant et d'après inclus !(rires)
Tim : J’ai eu le temps de compter les gens, ils ne bougeaient pas ! (rires)
Tom : Si, les gens bougeaient un peu, mais nous on aime quand le public est justement tout proche, ce genre de situation comme au Brin de Zinc, où c'est plein tout le temps, 160 personnes à chaque fois, et là encore les gens sont juste devant toi, au contact, tu as leur visage juste devant le tien et tu vois l'énergie dans leurs yeux, et là, ce soir, ce sera comme ça. Donc peut-être que ceux qui ne seront pas là ce soir vont rater quelque chose, mais on va faire plein de dates après, et puis encore une fois, on est un petit groupe, mais si tu veux venir nous voir, privilégie les petites salles.
Tim : Comme dit Rocco Siffredi : « L'important, c'est de donner du plaisir aux gens ! »
 

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