SOUNDGARDEN : Kim Thayil

Alors que la venue de SOUNDGARDEN à Paris est attendue par de nombreux fans et que le nouvel album (pour l'instant sans titre), est annoncé pour septembre ou octobre 2012, le groupe estime que le CD, son premier depuis "Down On The Upside" paru en 1996, était enregistré à 75% lorsqu'on lui a demandé sa contribution pour la bande originale du film "The Avengers" de Joss Whedon.
Chris Cornell déclare que "Live To Rise" est la dernière chanson qui a été écrite pour le nouvel album.
Les informations sont rares au sujet de SOUNDGARDEN et de sa reformation. Il est évident que nous souhaitions en savoir un peu plus sur les projets du groupe et sa visite dans la capitale qui, comme chacun sait, est un événement.
SOUNDGARDEN en Europe, l'arrivée d'un disque très surveillée, une vidéo pour un titre, comme précise le groupe lui-même, peu représentatif de ce que l'on pourra retrouver dans ce nouvel album studio… Le septième en comptant "Telephantasm" paru en septembre 2010 et qui proposait des chansons inédites.
Autant de sujets développés par Hugo Tessier lors de son entretien avec le guitariste Kim Thayil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salut Kim !
Hey Hugo !

Comment ça va ?
Bien et toi ?

Ça va merci !
T’es où là, à Paris ?

Non, là, je te parle d’une ville qui s’appelle Saint-Nazaire…
Je connais pas !

Ça ne m’étonne pas ! (rires) Tu sais, avec SOUNDGARDEN vous n’êtes venus qu’à Paris !
Oui, c’est vrai ! (rires)

 
 
Kim on va commencer notre interview… On entre un peu dans l’ère des reformations en ce moment, VAN HALEN, BLACK SABBATH… SOUNDGARDEN ! Qu’est-ce qui a motivé la reformation d’un gros groupe comme le tien ?
Il y a énormément de facteurs qui ont joué. Je pense qu’à la base, ça a commencé avec notre merchandising qui était totalement à l’abandon. Nous n’avions aucune présence sur internet et le nom de domaine de notre site était expiré depuis 10 ans. On a donc commencé à parler affaires, problèmes financiers, légaux… Puis de là nous en sommes arrivés à discuter de notre partenariat, notre catalogue. Même si nous étions séparés, on possédait toujours notre travail, tous nos albums, t-shirts qu’on avait créés… Et en ayant un site internet, les gens pouvaient rester informés sur les dernières news concernant tout ça, greatest hits, b-sides… C’était aussi important pour moi que les fans puissent parler entre eux à travers un forum, et que les posters, t-shirts… soient à nouveau disponibles. C’est de tout ça dont nous avons parlé. Pendant plus de 10 ans, ça a été négligé, on ne pouvait plus rien trouver dans les magasins ! Certains de nos albums n’étaient plus édités, ils étaient introuvables. On a dû remettre le tout en marche.
Et en faisant ça, en annonçant qu’on avait à nouveau un site internet et que notre fan-club «The Knights Of The Soundtable» était à nouveau sur pied, ça a généré beaucoup d’intérêt de la part du public. La rumeur de notre réunion a commencé à se répandre ! (rires) Et on ne l’était pas vraiment, sauf pour notre partenariat ! Beaucoup de rumeurs, d’intérêt… Les gens voulaient nous voir jouer, alors on s’est dit : «Allez, mettons-nous dans une salle ensemble avec nos instruments et faisons un jam !» On l’a fait, avec beaucoup de
 plaisir, et nous avons décidé de se produire en concert ! Jouer en live, ça veut aussi dire répétitions, donc bien sûr nous jouions les anciens morceaux, mais les jams ont aussi amené de nouvelles idées. On a alors pensé qu'il fallait emmener tout ça en studio, et travailler dessus ! 
 
Il n’y a pas eu de conflits que vous ayez dû résoudre ? Les mêmes qui avaient provoqué la séparation du groupe ?
Quand on a commencé à jouer ensemble ?

 
Oui ou quand vous vous êtes simplement reparlé…
Non, pas vraiment ! Ça fait tellement longtemps… Comme je l’ai dit, on était concentré sur notre partenariat, puis l’idée de donner des concerts, le côté divertissement… Et de là, on en est arrivé à écrire et enregistrer de nouvelles chansons. Parvenus à ce point, c’était assez clair qu’on s’était remis ensemble.

Les parutions arrivent au compte-goutte, "Black Rain", "The Telephantasm" en 2010, puis "Live To Rise" le 17 avril. Avec un dernier album sorti en 1996, n’avez-vous pas peur que plus l’attente est longue, plus celles des fans sont grandes ?
Certainement, oui ! Mais là, on ne peut plus remonter le temps ! (rires) On doit aussi honorer nos propres attentes, ce qu'on veut qu’il ressorte de notre album et de nous-mêmes.

C’est aussi pour ça que la sortie a été repoussée ?
Non, il y a plusieurs raisons. Quand on a commencé cet album, il y a environ 1 an, nous avions aussi beaucoup d’engagements ailleurs. Nos tournées aux USA, en Australie, et en Nouvelle-Zélande… En plus de ça, Matt (Cameron) a des obligations envers PEARL JAM, qui tourne et s’occupe de nouvelles parutions concernant le 30ème anniversaire du groupe, quelque chose de très important pour eux ! Chris Cornell, lui, tourne aussi en solo en Amérique, en Australie et en Europe. Donc, tout ça a dû être ajusté sur notre planning et c’est pour ça que le processus d’enregistrement est un peu plus long qu’à l’accoutumée. Ca a été interrompu plusieurs fois.

 

Chris Cornell a déclaré qu’il ne fallait pas se fier à "Live To Rise" pour définir votre nouvel album. Est-ce la raison pour laquelle vous l’avez choisie pour figurer dans la bande son du film "The Avengers" ? Est-ce une chanson qui avait été laissée de côté ?
Non non non, pas du tout ! Ce que Chris a voulu dire c’est que, nous avons eu cette opportunité de mettre une chanson dans le film "The Avengers", et beaucoup de chansons que nous avons sont plus agressives, plus lourdes… Les réalisateurs de ce film doivent viser un public assez global, des gens du monde entier vont le voir, en Europe, Australie, Asie, beaucoup d’enfants aussi, des familles. C’est Chris qui a écrit cette chanson, et il a dû la rendre plus "family friendly", plus accessible. Contrairement à l’album qui va s’orienter vers nos fans, des musiciens… Des gens qui sont plus fans du son de SOUNDGARDEN. "Live To Rise" est une très bonne chanson de SOUNDGARDEN, mais un peu plus radiophonique. On l’a un peu lissée parce qu’on savait… Si on leur avait donné une chanson comme «Jesus Christ Pose» par exemple, je ne pense pas qu’ils l’auraient mise dans le film, tu vois ? (rires)

Ou "Big Dumb Sex" ! (rires)
Voilà exactement ! Ou même "Slaves And Bulldozers" !

 

Alors, vous en êtes où dans l’enregistrement de l’album ? 
On a fini ! Fini ! Nous avons terminé toutes les prises, le mixage. En ce moment, on discute du mastering et de celui qui va s’en occuper.

Vous avez déjà réfléchi à un titre ?
Pas encore, non ! On avait un "working title" il y a un an, mais dans l’année qui a suivi d’autres idées sont arrivées. Pour l’instant, il ne nous branche plus tellement, mais qui sait ? Ça se pourrait très bien qu’on y revienne…

C’était quoi ce titre ?
Disons que ce "working title" pourrait être… (Il réfléchit) "Soundgarden 7" !

Wahoo !
(il éclate de rire) C’est un peu comme le "Ten" de PEARL JAM, sauf qu’il nous manque des sorties !

Exactement ! (rires) Dis-moi Kim, qu’est-ce qui a changé entre le SOUNDGARDEN de 1997 et celui de 2012 ? 

On est plus vieux ! Un peu plus matures, pas trop non plus ! Je pense que tout le monde a acquis de l’expérience. Entre-temps, nous avons travaillé avec beaucoup d’autres personnes…

Sur votre album, vous avez repris des idées pré-reformation ?
Non, on a travaillé sur de nouvelles choses. Matt Cameron en particulier a amené ses idées, mais beaucoup de choses ont été développées dans le studio. On a bien commencé à jammer sur des trucs qui dataient de 97, mais c’était juste un riff, sans paroles, ni arrangements… On s’est amusé avec et c’est devenu une chanson pour la première fois ! Nous écrivons de beaucoup de façons différentes. Ça peut-être un jam, ou une personne qui amène une chanson qu’il a écrite seul… Quelqu’un amène la musique, un autre les paroles…

 

Une autre info importante, c’est votre venue en France le 29 mai au Zénith de Paris. Des nouveaux morceaux en prévision dans la set-list ?
Je pense que l’on va probablement jouer la chanson du film "The Avengers" ("Live To Rise"). Mais je ne pense pas que nous allons jouer des titres inédits parce que, tu sais aujourd’hui, tu joues des nouveaux morceaux, le jour d’après tu les retrouves sur internet, sur YouTube ! (rires) On veut attendre que l’album sorte.

La France, ça vous évoque quoi dans votre carrière ? Ce n’est pas de ta faute, mais vous ne vous êtes jamais produits ailleurs qu’à Paris. Vous boudez la province ?
La première fois qu’on y a joué, je pense qu’on était en première partie de FAITH NO MORE et GUNS ’N’ ROSES…

Euh, pas vraiment, mais bon (et le Club Dunois en 1990, par exemple ?)…
Paris c’est un pays très important pour nous.(lapsus ! ndlr) C’est de là que viennent mes philosophes préférés. A l’école, en cours de philo, je lisais Albert Camus, Sartre, La Rochefoucauld… C’est très important ! Mais je ne sais pas, peut-être que SOUNDGARDEN l’est moins en France !(Rires)

(Rires) Houla non ! C’est loin d’être le cas !
(Rires) En tous cas la dernière fois qu’on est venus, nous étions en tête d’affiche, c’était de gros concerts à Paris. Mais je pense que c’est notre itinéraire qui pose problème. Si nous allons en Europe, c’est pendant cinq semaines et on doit se produire dans beaucoup de pays. C’est plus facile de se concentrer sur les grosses villes. Si on devait aller dans des villes moins grandes, nous devrions prolonger notre séjour. La dernière fois que nous avons joué avec GUNS ’N’ ROSES et FAITH NO MORE c’était dans une grosse salle (euh… l'Hippodrome de Vincennes – ndlr), et on ne s’y serait jamais produit sans avoir été embarqués dans cette grosse tournée. Si on avait été tout seul, ça aurait été dans un petit club ou un truc comme ça…à l’époque ! Maintenant nous jouons dans des salles plus importantes. On va jouer dans un festival c’est ça ? Il y aura qui avec nous ?

Euh non, vous êtes en tête d'affiche ! (rires) Je te l’apprends ?
Ah d’accord ! (rires) Je me suis trompé, nous allons jouer dans beaucoup de festivals en Europe, j’ai cru que c’était le cas en France. Mais c’est bien !

 

Aujourd’hui, on ne compte plus les formations qui vous citent parmi leurs influences. Mais les nouveaux groupes, adeptes du mouvement grunge, se font un peu rares ces derniers temps non ?

Il doit y en avoir quelques-uns, mais pas très connus. C’est incroyablement flatteur, je pense que le groupe… En tout cas pour ma part, je vois ça comme un gros accomplissement d’avoir des tonnes de musiciens et de formations qui nous citent comme inspirations ou influences. Même si aucun groupe ne nous ressemble, nous sommes toujours une inspiration. Il y a aussi beaucoup de formations qui nous influencent, et qui nous ont inspirés, mais on ne sonne pas du tout comme eux ! Les RAMONES était un de nos groupes favoris mais SOUNDGARDEN n’y ressemble pas, et pourtant c’est une source d’inspiration, comme le sont Elvis Costello et DEVO aussi bien qu’AC/DC et BLACK SABBATH. Il y a beaucoup de groupes qui nous citent et que j’adore comme SUNN O))), SLEEP, OM, EAGLE TWIN… Des groupes du label Southern Lords… Hmmm… attend je réfléchis… Il y en a trop ! (rires) Mais il y a vraiment un mouvement doom, drone, ambiant-music, j’ai rencontré quelques-unes de ces personnes, et ce sont de gros fans ! DILLINGER ESCAPE PLAN… J’adore tous ces groupes !

On arrive à la fin de notre temps imparti, un petit mot pour finir destiné aux fans qui viendront vous voir à Paris ?
Je suis et nous sommes heureux d’être de retour. Tu sais, Chris a vécu à Paris pendant quelques années !

C’est vrai oui…
Je serais content d’y aller et qu’il me montre là où il a passé du temps.

En plus, on a de la bonne nourriture !
Oui exactement ! (rires) Du pain et des bonnes sauces !

Et les femmes y sont très belles…
Bien sûr ! (éclat de rires)

A bientôt Kim !
Merci beaucoup !

SOUNDGARDEN le 29 mai au Zénith de Paris, un concert Gérard Drouot Productions. Locations sur www.gdp.fr
 

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