
TSS – aux origines THE SUNDAY SADNESS de son nom complet – a récemment sorti son nouvel album « End of Time ». Tout en conservant l’ADN du groupe qui ne s’impose aucune limite au niveau de la créativité, il s’agit pourtant de son premier résolument orienté metal – virage entamé en 2023 – avec des accents nu-metal, emo, metalcore, en préservant des racines synthwave et l'esthétique gothique/k-pop.
L'occasion parfaite pour aller à la rencontre d'un groupe extrêmement viral récemment signé chez Fearless Records.
« End of Time » est votre troisième réalisation. Vous avez déjà sorti un EP éponyme et un album intitulé « Regrets ». Comment définissez-vous celui-ci par rapport aux premières productions ?
John : Pour nous, c’est un peu le premier « véritable album » de TSS. En tout cas, le premier metal, le premier avec Fearless aussi, et surtout, le premier préparé avec autant de minutie. C’est certainement notre projet le plus abouti.
Justement, vous arrivez sur un nouveau label, Fearless Records, avec un son très différent des précédentes réalisations. Un peu comme décider de repartir à zéro. Quelle était la motivation de départ ?
John : En fait, cela s’est un peu produit par hasard. On était dans une ère très pop/synthwave, et j’ai proposé une compo metal qui s’intitulait « Tes Pleurs ». Les gars ont bien accroché, et on s’est rendu compte que le morceau était particulièrement bien accueilli. Du coup, on s’est dit : « OK, le metal, ça marche bien, c’est nous, ce sont nos racines, et on kiffe ça depuis toujours. Donc, on tente le coup. » Nous sommes partis de là !
Et donc, au niveau des compositions, l'approche a dû être vraiment différente, non ?
John : Alors, le process de compo n’a pas tant changé que ça… c’est toujours aussi chaotique ! (rire) En gros, Matthieu s’occupe plutôt des mélodies vocales et du chant, et moi je gère l’instru. Mais ce n’est pas figé. Parfois, Matthieu propose un refrain qu’il a en tête, d’autres fois, je lance une instru, et si ça plaît à tout le monde, on part dessus. Nous avons quelques tracks qui ont été composées ensemble dans la même pièce, mais c’est assez rare, parce qu’on habite à 4 heures les uns des autres. Donc, en général, tout se fait via Internet. Il n’y a pas vraiment de schéma précis.
Cet album est très varié : on retrouve des sonorités electro, de la pop, du scream… Vous ne vous imposez donc zéro limite ?
John : Exactement ! On n’aime pas se limiter, ni refaire deux fois la même chose. On cherche à pousser l’originalité du projet, à être uniques, d’une certaine manière. Dès qu’un nouveau style nous inspire, on ressent l'envie de l’intégrer.
Quels sont les thèmes abordés sur "End of Time" ? Y a-t-il un fil rouge sur l’ensemble de l’album ?
John : Oui, comme son titre l'évoque, toutes les chansons tournent autour d’un même thème : la fin de quelque chose. Cela peut être la fin d’une relation amoureuse ou amicale, la fin de la fame dans « Breaking Bones » ou la fin de vie dans « So Long My Friend ». Au-delà de ça, on partage tous une vision un peu pessimiste, voire nihiliste du monde. C’est ce qui rend « End of Time » très ancré dans l’époque actuelle et proche de ce que ressent notre génération face à l’avenir. On ne se projette pas vraiment.
Vous conservez des passages en français dans vos morceaux. C’est important pour vous, même avec une ambition internationale ?
Kirby : Oui, carrément. Ça définit aussi un peu notre style ! Déjà, à l’époque où on faisait de la pop, on a commencé à alterner des couplets en français et des refrains en anglais sur certains singles. En France, c’est encore un peu mal perçu, mais à l’international, les gens adorent. On a souvent des retours du type : « J’ai étudié le français il y a longtemps, je m’y suis remis grâce à vous… » Quand le nom TSS est évoqué, c’est vraiment quelque chose qui revient souvent.
John : Ça fait clairement partie de notre ADN désormais.
Parlons de l’intro et de l’interlude (« End of Time» et « Particles »). Quand vous composez ce genre de morceaux instrumentaux, partez-vous dès le début avec l’idée d'en faire une intro ou un interlude ? Ou est-ce à la base une prod plus complète, que vous aviez imaginée avec des paroles, mais qui a finalement trouvé sa place autrement dans l’album ?
John : Pour « Particles », c’est une instru qu’on avait dans les tiroirs depuis longtemps. Elle servait d’outro en live. On s’est dit que ça ferait un joli clin d’œil aux gens qui nous ont vus en concert. En plus, la D.A. correspondait bien à l’album. Pour l’intro, on avait une idée de l’énergie qu’on voulait : un truc mystérieux et épique. On a réutilisé des éléments du reste de l'album, en l’occurrence des voix du tout dernier titre. Mais on l’a composé après toutes les autres chansons, pour faire en sorte que ça fasse une belle intro au premier morceau, plutôt que de la voir en œuvre à part entière.
Il y a aussi ce titre très fort, « Something In The Way », sans doute mon préféré de l'album. Pouvez-vous m'en parler davantage ?
John : Quand on bosse sur un album, on pense surtout à l’énergie globale qu’il dégage. Une fois qu’on dispose d'un certain nombre de chansons, on se demande ce qu’il manque pour aboutir à un projet vraiment complet. Dans ce cas précis, on s’est dit : « Il faudrait une chanson qui foute la pêche en live. » On y a mis le breakdown le plus vénère, et c’est devenu la track qui marche le mieux en concert, en tout cas à mon avis.
Il y a une anecdote qui me plait particulièrement : on avait fait le gros du travail ensemble. Matthieu avait proposé le refrain, le thème… Puis je suis arrivé avec l’idée du breakdown. Je n’avais dit à personne que j'avais rajouté une petite sucrerie en fin de morceau et je l’ai envoyé comme ça. C’était notre première compo aussi violente. On se tâtait à faire des petits breakdowns à droite, à gauche, notamment dans « Fantasize ». Mais c’était encore avec une kicktrap, des synthés, etc. Là, c’était un pur breakdown metalcore. Et depuis ce moment, on a continué à aller dans cette direction plus énervée.
J’adore le featuring avec WINDWAKER, qui est une deuxième version de la chanson « Would You Be My Therapy? ». D’ailleurs, vous êtes aussi sur leur album avec le morceau « SIRENS 2.0 ». Comment travaillez-vous dans le cadre d’une collaboration, par rapport à un morceau « classique » ?
Kirby : Avec WINDWAKER, nous sommes tous les deux chez Fearless Records. Perso, j’étais déjà fan du groupe. Il venait de sortir son album pendant qu’on bossait sur le nôtre. Et un jour, Fearless nous envoie un message pour savoir si on veut travailler sur la réédition de son morceau. C’est une mise en relation via le label.
John : Le feat avec CVLTE était différent. C’est un groupe avec qui on a évolué en parallèle. On se suit depuis des années, on s’inspire mutuellement. On se disait depuis longtemps qu’on devait faire un feat ensemble. Et là, on a enfin trouvé une track qui collait bien à son univers. Je pense qu'on va faire le même feat dans l'autre sens dans un futur plutôt proche, même si rien n’est encore sûr !
Y a-t-il un détail caché dans l’album que peu de gens pourraient remarquer ?
Kirby : Depuis qu'on écrit des sons, il y a une mélodie de chant AdLib qu’on cale à différents endroits sur certains morceaux. Elle est encore là dans « Breaking Bones ». Ceux qui le savent le remarquent et le voient comme un petit clin d’œil.
Autre anecdote : le refrain de « So Long My friend » a été composé avant n'importe quelle autre note de l'album ! On l’a peut-être écrit à l’époque de notre premier EP ! C'est un morceau qui a connu tellement de versions différentes. C'est donc bien cool qu’il sorte enfin !
Quel message ou émotion aimeriez-vous que les gens ressentent après l’écoute de « End Of Time » ?
John : De la mélancolie… et de l’introspection.
Vous avez créé THE SUNDAY SADNESS en 2016. Si vous deviez vous rencontrer à cette époque, quel conseil vous donneriez-vous ?
Hugo : Aucun !
John : Peut-être que tout devait se passer comme ça.
Kirby : Si on avait fait du metalcore dès le début, on se serait peut-être découragé. Tout s'est passé comme cela devait l'être.
Hugo : Peut-être qu’on se serait juste donné une petite tape sur l’épaule en se disant : « ne lâche rien ! » (rire).
Vous avez annoncé une tournée européenne, mais sans date en France. Est-ce qu’on peut espérer vous voir en 2025 ou 2026 ?
Hugo : Il y a une tournée en France qui est organisée.
John : On ne peut pas encore annoncer de dates, mais s’il n’y a rien pour la France dans le cadre d'une annonce de tournée européenne, c'est qu'il y a une tournée spéciale en préparation.
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