WALG

Ils sont néerlandais et sortent un album autoproduit chaque année, je parle de WALG évidemment. Ils ont été une révélation l’année dernière, j’en ai beaucoup parlé, nous pouvons d’ores et déjà décortiquer le 4e volume de leurs aventures…

Ouverture sans crier gare, ou plutôt en criant grave, avec "Radeloos", et le chant porte loin. Le black metal est rapide, sa rythmique tourne plus vite que la plus douée des machines à laver, les riffs jaillissent par moulinets, les soli sautillent sur la pointe des médiators au travers d’arrangements symphoniques, et le chant est growlement puissant, agrémenté de passages plus lyriques que n’auraient pas dédaignés des CRADLE pas crados, et qui se seraient accoquinés avec Pavarotti.

Il y a de l’ampleur chez ce duo qui sait donner à WALG une dimension épique. On poursuit en mode oursin dans la glotte sur "Vuurdoop". Le contrepoint mélodique des guitares est entre deux attaques furieuses tellement bien placé, je retrouve le plaisir de la découverte d'il y a un an lors de l’écoute du volume « III ». Les Néerlandais ne se reposent jamais sur leurs lauriers et glissent sans cesse, quand les passages deviennent convenus, des pointes originales, comme cette guitare rampante, à laquelle succède des cordes aériennes, un clin d’œil à SUMMONING. C’est classieux, vraiment.

"Wanneer Het Glas Breekt", ou quand le verre se brise, est un nouveau morceau EMPERORIAL, pont entre fin du monde musical et accords pleins d’une grâce qui a dû goûter le sel de la plume de Tolkien. WALG peint le black d’une multitude de nuances. "Als Een Korrel Zand" apaise la folie électrique avec une introduction acoustique troublante, que viennent ensuite recouvrir une débauche à coups de riffs et de chants aux consonances barbanimales. On tend vers le lâcher prise cathartique dans cette fresque au chaos merveilleux. Un galop de grosse caisse pour "Kringloop Van Zelfhaat", et les guitares voltigent tout autour de nous alors qu’un vieux druide s’est saisi du micro pour éructer des prières antédiluviennes. Sa magie opère, nos cœurs s’emplissent d’images des temps oubliés, où les hommes se battaient pour vivre un jour de plus. Et toujours ce contrepoint de synthé qui illumine le propos.

WALG avec "Green Einde In Zicht" fait glisser son black metal plus avant dans le folk, le chant devient hurlements païens sur un vieil air d’accordéon, ce doit être l’influence de ce vieux brigand de druide passé peu avant. La furie gagne en texture mélodieuse, il y a un côté hypnotique quand on se laisse submerger par le morceau. "Ongezien" revient sur la piste, celle tracée par les visages peints de blanc et de noir des années 90, pour un rendu très rapide et très nerveux, du style "cris et châtiments". "Foltering" fait claquer sa batterie façon odyssée viking, les riffs viennent gonfler les voiles de l’aventure et le chant donne le cap à suivre, direction des terres aux embruns Bathoryesques.

WALG joue pour nous, et veut que nous jouions en retour avec eux, "Speel Met Mij" jaillit des ténèbres dans un tabassage rythmique, tout s’accélère nous tourbillonnons, le cœur en tachycardie, sous des riffs lourds et accélérés et des chœurs religieux acérés, une expérience intense. "Schijnsel Van De Ziel" est l’ultime chapitre de cet album gorgé du son de l’épopée, sauvage et furieuse. Derniers hurlements rauques, derniers vrombissements des cordes huileuses, puis la rythmique s’apaise et nous sommes salués sur un air de flûte solitaire.

Ce « IV » ne m’a pas déçu. Une tuerie musicale, riche, passionnante et passionnée. Vite WALG, la suite !

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