LOUD RAGE MUSIC

HARD FORCE vous propose à nouveau un aller-retour pour la Transylvanie afin de découvrir les nouveautés du label Loud Rage Music. Vous aurez une nouvelle fois le privilège d’embarquer dans les montagnes russes émotionnelles distillées sur les derniers EP d’ORDINUL NEGRU et PARAGON ZERO, mais aussi de plonger tête la première dans les univers sombres, débridés de PHOBOS MONOLITH, VATHOS et AKRAL NECROSIS. Une plongée dans les eaux troubles de l’underground qui recèlent de petites pépites qui vont inonder vos pauvres esgourdes de leurs riffs première classe. Embarquement… immédiat !

ORDINUL NEGRU : « Nebuisa »

Confirmant le fameux adage : « Mieux vaut un EP de qualité qu’un album vite torché », ORDINUL NEGRU frappe un grand coup avec ce qui s’annonce comme l’une des sorties black metal de l’année. A n’en point douter, le groupe originaire de Timisoara va faire parler de lui avec « Nebuisa ».

En effet, le quatuor sait y faire lorsqu'il s'agit de créer des ambiances prenantes sur cette petite demi-heure qui fait la part belle à un univers énigmatique peuplé de morceaux riches et inventifs. Celui d'ouverture en est le meilleur exemple : le batteur bombe le torse avant de laisser place à ses petits camarades sur un "Vodevil Isais" bizarroïde, alliance réussie entre mélodies d'acier et dissonances improbables.

Doté d’un riff d’introduction mastodonte, tout en restant subtil, ce titre met à l'honneur la paire de gratteux qui rivalise d'inventivité harmonique : la tempête menace et le black metal, inscrit dans les gènes du groupe, reprend ici ses droits. Confusion, violence, calme, les sentiments s'entremêlent sans laisser de temps mort. "Maldoror" et "Triskelion and the Chronograph" se parent, eux, de contours étranges tant ils fleurent bon la schizophrénie par tous les pores.

ORDINUL NEGRU réalise une nouvelle fois un tour de force, unique, qui ne se dévoilera véritablement qu'après une bonne dizaine d’écoutes attentives. Le jeu en vaut la chandelle entre nous…
 

PARAGON ZERO : « Omass »

Originaire de Hongrie, ce trio est déjà actif depuis presqu'une décennie au sein de la scène locale. Et même si les quatre morceaux présents sur cet EP ont déjà un peu de bouteille, ils ont tous été composés entre 2012 et 2015, la fraîcheur qui s’en dégage est, elle, intacte.

Oeuvrant dans un black délaissé par ses contemporains, prenant sa source dans les vieux pots de la scène grecque, il est intéressant de voir encore des formations honorer avec talent cette époque pourtant pas si lointaine. PARAGON ZERO développe en effet un réel talent pour les mélodies mystiques et autres riffs mid-tempos qui prennent leur temps pour installer des ambiances crépusculaires. C'est d’ailleurs sur le dernier titre, "Grey Feast", qu'à mon sens le groupe délivre le meilleur de lui-même avec un gros pavé de metal truculent et mélancolique, parfaitement ficelé.

Le juste équilibre entre recherches de mélodies inspirées, parties sombres et plus enjouées. Ce voyage dans le temps d’une durée de 21 minutes témoigne d’une rigueur sans faille dans son exécution et d'un soupçon d'audace pour piéger l'auditeur dans son univers épique.
Pari réussi !
 

PHOBOS MONOLITH : « When The Light Will Fade »

Pleins feux sur la fin des années 90 et sa scène death/gothic mélodique qui faisait alors des ravages (CREMATORY, DARK, HEAVENWOOD, DARKSEED et compagnie) avec PHOBOS MONOLITH.

Riche en claviers, en growls bien profonds et en parties de guitares (très) mélodiques, le premier méfait de cette alliance américano-mexicaine va rappeler un paquet de souvenirs aux vieux briscards. Avec seulement deux ans d’existence au compteur, le quatuor affiche pourtant une maturité surprenante qu’il distille sans complexe sur « When The Light Will Fade ».

Son death/doom est en effet d’une efficacité redoutable, lorgnant un poil sur le black mélodique, jonglant entre accélérations épiques et parties de double pédale bien boursouflées comme une chipolata prête à craquer sous un feu trop ardent. Et la production généreuse signée Adversor (guitariste de VENEREAL BAPTISM) n'y est pas étrangère, pour sûr, tant celle-ci enrobe à merveille la mixture proposée par notre quatuor ici bien en jambes.

Le tout est exécuté avec rigueur et concision et, à coup sûr, cet EP devrait garantir son lot de sensations aux fans des formations citées en début de chronique. Si vous en êtes, vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire !
 

VATHOS : « Underwater »

Formé à Bucarest en 2017, ce quintet passe directement aux choses sérieuses avec ce premier album de très bonne facture. A l'écoute de « Underwater », on pense à un DEAFHEAVEN ou GHOST BATH dernière mouture pour le sens affûté de la mélodie simple et directe, ou INSOMNIUM et sa clique dans les moments les plus sobres où les riffs développent une force insoupçonnée.

Mais ce ne sont là que des repères subjectifs qui ne doivent pas occulter la personnalité du groupe, déjà bien présente sur ce disque. Celle-ci est d'ailleurs probante, que ce soit sur les magnifiques lignes de chant clair de Radu qui collent à merveille aux ambiances progressives et lumineuses délivrées par une section rythmique délurée ou sur ces parties de batterie, variées et percutantes.

Un véritable régal qui dépasse le cadre du simple exercice de style, puisque le groupe s’autorise quelques sorties de route très atmosphériques, tout en douceur, qui apportent un réel plus à l’ensemble. Mention spéciale au passage à la production, puissante et dynamique, troussée de main de maître par Marius Costache dans ses forges du Studio148.

Ce dernier, haut lieu où se presse une bonne partie de la scène roumaine, semble être incontournable pour sortir le grand jeu !
 

AKRAL NECROSIS : « The Greater Absence »

Finissons le tour du propriétaire avec ce groupe lui aussi originaire de la capitale roumaine qui frappe un grand coup avec son troisième album qui ravira les fans d’un black/death musclé et sans chichis !

Les cinq membres d’AKRAL NECROSIS sont loin d’être des novices puisqu’ils cumulent tous déjà un passif au sein de la scène locale (SADDAYAH, WORMGOD, DINUMBRA…) et cela se ressent tout au long de cette heure passée dans les flammes de l’enfer. Et la première chose qui interpelle ici, au-delà du son qui bénéficie d'un traitement pour le moins massif, est la technicité mise en avant au service d’un lattage d’esgourdes en bonne et due forme.

La section rythmique est remontée comme un coucou ! Rien à redire, ça joue, fort, vite et bien de la première à la dernière note et cela permet aussi de constater que AKRAL NECROSIS fait la part belle à un style porté sur l'efficacité, mais qui ne dédaigne pas pour autant lâcher quelques rythmiques plus lourdes quand le besoin s'en fait sentir.
Fort d'un tel constat, « The Greater Absence » n’a pas fini de faire parler de lui..

Pour clore ce voyage obscur sur une note réjouissante, le label Loud Rage Music et HARD FORCE vous proposent de gagner un "paquet mystère" contenant du merchandising du label. Pour remporter ce filet garni, il vous suffit de répondre à cette question : "De quelle ville roumaine est originaire ORDINUL NEGRU" ? Envoyez vos réponse à concours@hardforce.com avant le 29 novembre minuit et le tour est joué !

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