21 décembre 2012…
Deux émissions diffusées, deux en boîte.
Fin de semaine, à défaut du monde…
Enthousiasme, fierté, plein de sentiments mélangés pour qui a nourri pendant des années une frustration de ne pas être partie prenante, comme autrefois, des médias qui agissent pour la cause et qui comptent (vous ne savez pas ce que c'est de vous entendre dire : "Oui, c'est bien ce que vous faites, mais ce n'est que du web", comme si un journaliste du plus grand tuyau du monde avait moins de valeur que celui de la presse écrite, de la radio, de la télé).
Il a fallu en avaler des couleuvres.
Ou devoir ressortir les cartes de visite pour justifier sa légitimité de 30 ans dans le métier auprès de ceux qui portaient encore des couches culottes quand METALLICA sortait le black album.
Alors que nous avions couvert le quotidien du metal sur tous les fronts et tous les styles de 1985 à 2000, avions été partenaires des plus grands concerts, potes avec des figures aujourd'hui légendaires de notre musique…
C'est bien, après tout.
Ça apprend l'humilité et ça entretient l'esprit de résistance.
Lorsque nous sommes réapparus en 2009, sur le web, la donne avait changé. Des dizaines de webzines, des radios web, des blogs partout, encore un peu de presse dans les kiosques, méritante sur un marché exsangue, des labels et majors totalement restructurés.
Il faudrait faire avec.
Affronter la crainte de confrères que HARD FORCE paraisse de nouveau en kiosques (j'ai pourtant toujours été clair sur ce point), supporter les moqueries d'une webradio persuadée d'être en position dominante pour décerner des bons points dans un papier condescendant…
Ne m'en voulez pas : je suis habité par la passion musicale, par celle des médias et du partage. Je ne me priverai donc pas d'assouvir tout cela par n'importe quel moyen et de "revenir" si ça me chante…
Passons !
La donne avait changé en 2009, parce que le web offrait aussi la possibilité de faire de la vidéo.
Ce que nous avions initié en 1996 lorsque HARD FORCE tournait son premier documentaire sur SEPULTURA, puis les CD-Rom encartés.
Depuis trois ans, nous avons fondé une nouvelle équipe, établi une façon de filmer les rencontres avec les musiciens. Sans vraiment savoir s'il y aurait une finalité au-delà de la diffusion web.
Pendant que les murs des réseaux sociaux étalaient leurs lamentations : absence d'émission de télé en France, absence de reconnaissance du genre…
Pendant que le gouvernement précédent et le président de nos chaînes publiques faisaient le serment à un député mourant qu'ils répondraient favorablement à sa volonté.
La dernière.
Fausse promesse : Un petit doc made in Thomas VDB et puis s'en vont.
Depuis, France 2 compte une nouvelle émission supplémentaire de… variétés !
Pendant que la France bâtissait les plus belles affiches de festivals.
Hellfest : troisième manifestation musicale de France !
Il y a un an, j'ai commencé à aborder les chaînes nationales… avec une certaine lucidité, donc sans illusion.
Peu d'espoir au milieu de l'offre de la télé-réalité, des émissions de cuisine, d'affaires criminelles, de jeux et de divertissements nostalgiques…
Exit donc les grandes chaînes du PAF.
Exit aussi la TNT qui, obsédée par les mêmes préoccupations que ses aînées, m'a accueilli avec ce regard et ce vocabulaire de vendeur de sondages: "Concernant", "segmentant", "part de marché", "quotas", "promesse" et "ADN de la chaîne" sont désormais les mots-clés révélateurs des obsessions et névroses des responsables de la TNT.
Moi, je ne demandais qu'une petite fenêtre, même très tardive, dans une économie raisonnable sur une chaîne de diffusion nationale.
Une fenêtre à l'heure où les enjeux ne sont pas les mêmes qu'en prime-time.
Un budget par émission qui aurait correspondu à une heure de frais généraux pour l'une des chaînes en question…
Attendre, attendre…
Attendre quoi ?
Une rencontre…
Précisément, cette rencontre avec l'ENÔRME TV.
Certes, c'est le plus petit tuyau de la télé, le câble.
Nous en sommes tous conscients.
Mais cette chaîne en devenir a juste manifesté ce qui n'existe plus à la télé française : l'envie.
L'envie d'une représentation de toutes les musiques marginalisées jusque-là par volonté "politique" et non par raison artistique, et encore moins commerciale.
Finalement, la récompense revient à ceux "qui en ont".
Les risques sont sans doute plus importants pour elle et pourtant, cette chaîne a signé.
Non seulement elle a l'audace de mettre du metal sur son antenne tous les jeudis à partir de 20h30, mais elle y consacre aussi toute sa soirée avec l'émission UNE DOSE 2 METAL présentée par Stéphane Buriez.
Du jamais-vu.
Évidemment, pour une visibilité totale, nous sommes convenus que METALXS serait accessible en replay pour tous sur le web tout en réservant la primeur de diffusion à la télé.
En échange de cet accord, nous avons été plus ambitieux que quiconque en réalisant chaque émission en deux langues : en français et en anglais.
Une première absolue en France.
METALXS est donc le premier magazine musical hebdomadaire au monde à provenir de France en anglais !
Et voilà : depuis le 13 décembre, tout ceci est une réalité.
Les réactions sont unanimes.
Ou presque.
D'aucuns voudraient que cette émission soit sur une chaîne nationale.
C'est à n'y rien comprendre : METALXS est diffusée non seulement en France grâce à la box SFR, mais dans le monde entier via Internet.
Et peut donc être regardée n'importe quand…
Il n'y a pas de quoi être fier de la France innovante en matière de média metal… plutôt que de demander davantage ?
Eternelle insatisfaction. Il est temps de savourer le moment présent.
Merci à Jean-Sébastien Ventura pour y avoir cru.
Merci à tous ceux qui nous ont encouragés pendant la création de cette émission.
Bravo, toutes les équipes de METALXS, HARD FORCE et UNE DOSE 2 METAL, pour votre passion et votre volonté.
Cette émission est dédiée à la mémoire de Patrick Roy que je n'ai jamais eu l'honneur de rencontrer…






























































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