Raismes Fest 2018

En 1998, c’était la première édition du Raismes Fest où je me rendais pour voir mes amis de SYRENS CALL partager la scène avec HEADLINE et VANDEN PLAS. 20 ans, c’était dans une salle des sports et que de chemin parcouru pour ce festival qui a lieu maintenant dans le parc du Château de la Princesse. Durant toutes ces années, le festival a su grandir tout en restant de taille humaine et la convialité reste au centre de deux jours d’une belle programmation.

20 ans et une 21e édition très audacieuse qui a tenue toutes ses promesses. Commençons par rendre hommage aux jeunes ayant eu la lourde tâche de lancer les festivités. Le samedi, c’est KINDERFIELD qui a eu la chance de monter sur scène devant un public plus nombreux qu’à l’accoutumée. Cachés derrière leurs masques, peut-être par timidité ou simplement pour mieux mettre en avant leur frontman, les quatre musiciens de Lille ont livré un très bon concert de metal indus. Une excellente entrée en matière qui fait honneur à cette édition très spéciale. Le réveil du dimanche est somme toute plus difficile et le public est moins nombreux, mais en quantité plus en phase avec ce qu’on a l’habitude de voir. Malgré ce réveil en douceur, RICH ROBIN délivre un excellent set et c'est avec plaisir que nous découvrons son rock alternatif. Cela fait d’autant plus plaisir que derrière les fûts, on retrouve Enzo Gabert dont le père tenait la guitare dans BLACKWHITE, groupe de heavy bien connu dans le Nord pour avoir composé l’excellent « Slave To Life » (1991). Si RASPY JUNKER et THE STRIKES ne sortent pas du lot, ils ne déméritent pas au regard de prestations assez décevantes de la part de groupes confirmés.


© Eric Meuriche
 

Parmi les jeunes groupes mais néanmoins confirmés, on retrouve les meilleures prestations du festival. A commencer par celle de Jared James Nichols qui a enflammé la scène en fin d'après-midi le samedi. Avec son trio, il nous a délivré 50 minutes de pur plaisir avec une belle reprise de "N.I.B" de BLACK SABBATH. La seconde excellente prestation du festival est donnée par les Anglais BAD TOUCH le dimanche en milieu d'après-midi. On regrettera tout de même que leur planning serré entre deux concerts anglais ne leur ait pas permis de jouer plus de 40 minutes seulement. Il faudra attendre ensuite 16h55 pour retrouver le trio français  STICKY BOYS, heureux d'être de retour sur la scène du Raismes Fest. Le public le lui rend bien et nous assistons à une très bonne prestation. Un bel hommage aux seventies de Ted Nugent, LED ZEPPELIN ou ancore AC/DC afin de nous faire patienter pour le clou du spectacle qui clôture cette 20e édition : ROSE TATTOO. Une prestation d'une heure et demie parfaitement exécutée par les quatre musiciens au sein desquels ont retrouve Mark Evans, bassiste d'AC/DC jusqu'en 1977, et Bob Spencer de THE ANGELS. On regrettera tout de même le taux d'alcoolémie du chanteur et leader emblématique du groupe, Angry Anderson. Malgré cela, sa prestation reste de très bonne qualité.


© Eric Meuriche

Ensuite, la majorité des groupes ont fait le job, les inconditionnels auront apprécié, voir adoré et c'est légitime. On regrettera pour certains la piètre qualité du son qui m'a peut-être fait passer à côté d'un groupe de qualité. Je parle ici des Belges MAX PIE, des Suédois ECLIPSE, des Américains L.A. GUNS. J'étais curieux de voir PRAYING MANTIS, mais son set m'a rapidement ennuyé. MISS AMERICA était particulièrement insipide, surtout après l'excellent set de BAD TOUCH. SONS OF APOLLO aurait été intéressant pour le peu que l'on s’intéresse à une démonstration de virtuoses. Assis sur des gradins dans une salle sans la fraîcheur de la nuit, la prestation m'aurait bien plu. A noter qu'ils ont bénéficié du meilleur light-show du festival.

STOCKS, qui a les compos pour faire partie haut la main des meilleurs moments du festival, malheureusement sans la conviction d'un BAD TOUCH ou Jared James Nichols, reste une curiosité d'antan. Réussir un concert, c'est aussi et surtout aller chercher le public et l'emmener avec soi. OBLIVION, dont le set a tourné parfois au cauchemar, quand les musiciens nous donnent une leçon de plantage musical collectif. La médaille d'or en la matière revient toutefois à THE CHRIS SLADE TIMELINE. Partant d'une idée originale – délivrer un set basé sur l'histoire de sa longue carrière allant de Tom Jones à AC/DC – le groupe nous apporte la preuve que monter un cover-band digne de ce nom n'est pas donné à tout le monde, y compris aux meilleurs. Pour le coup, il aurait mieux valu lui donner la tête d'affiche afin de profiter pleinement d'un concert de ROSE TATTOO qui aurait pu commencer à 19h45.

Pour conclure, cette 20e édition a été un vrai succès. Le cocktail de la météo, des amis, de la bonne humeur, de belles découvertes a parfaitement fonctionné ! Un grand bravo à Philippe Delory et toute son équipe de bénévoles pour cette édition. Enfin, si vous voyagez pour aller passer vos week-ends et vacances dans les festivals, n'oubliez pas qu'il n'y a pas besoin de systématiquement aller dans les endroits qui attirent les foules pour voir des concerts de qualité.


© Eric Meuriche

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