LABELS ET LES BETES

Le printemps est arrivé et avec lui son lot de fleurs… pourries, des arbres qui poussent… sans feuilles et notre éveil sensoriel endommagé. Bref, une nature qui renaît de façon peu catholique, on frise la catastrophe. Mais que se passe-t-il donc ? C'est la saison des amours déchues pour Aude, Clément et Crapulax qui n'ont pas manqué de ressortir le côté le plus sombre de cette saison lumineuse.

BEFOULED : « Refuse to rot » (Great Dane Records)

Lauréat par anticipation de la pochette la plus moche pour 2018, le quintet Norvégien de BEFOULED ne partait pas sous les meilleures dispositions avec ce premier album. Rouge sang, hommage au « Dreaming In Red » de DISMEMBER dont il partage à coup sûr l’attrait pour les mélodies morbides et la production gras double signée Tomas Skogsberg, son death metal canal historique est pourtant de nature à séduire les carcasses qui se trémoussent au son de cette bonne vieille école suédoise !
D’ailleurs l’envie d’en découdre est palpable dès les premiers accords de "Refuse To Rot" ou "Wither Ways" qui laissent entrevoir une furie thrash/death malodorante et débridée.
Et c’est parti comme ça pour une quarantaine de minutes de bastonnage auditif dont personne ne sortira indemne : ça tronçonne avec amour, ça gicle dans chaque recoin, ça pue la mort et le pire c’est qu’on en viendrait presque à en redemander.
Alors oui pour l’originalité et la branlette de manches, vous repasserez hein, ce n’est pas le genre de la maison.
En revanche, aucun doute n’est permis pour ce qui est de l’efficacité : vous voilà confronté à un sacré bestiau, mal rasé et revanchard, qui s’annonce sous les meilleurs auspices… and love !
(Clément)

 

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SENSORIAL DAMAGE : « Buried secrets » (Go Music France)

DEATHSPELL OMEGA, TREPALIUM ou HACRIDE l’ont déjà prouvé avec brio, on ne fait jamais les choses à moitié à Poitiers : ici, quand on parle metal on ne trompe pas le client sur la marchandise.
D’ailleurs les poutrages, dissonances et uppercuts en tout genre, qu’ils fleurent bon le death qui tâche ou le black qui rend fou, sont toujours servis « al dente » par des loustics à peine fréquentables. SENSORIAL DAMAGE n’est pas en reste et honore lui aussi cette association de malfaiteurs avec son metal/hardcore tradi’ sur les bords qui renvoie à l’âge d’or des MERAUDER, MADBALL ou VISION OF DISORDER.
Celui-là même qui réclame Synthol et Baume du Tigre pour vous permettre d’encaisser cette demi-heure bien virile ponctuée d’accélérations sanglantes et de breaks brontosaures, de vocalises passées à la râpe à fromage et de cognée bûcheronnesque en diable !
Lourd, puissant et métallique, ce « Buried Memories » vous explose sans préavis dans les tympans avec une mention particulière pour le redoutable doublé "Hatred Before Wisdom" et son frérot "Nothing To Lose" avec ses faux airs de GOD FORBID première époque qui enrobe le tout avec talent d’un thrash mélodique et d’une batterie vengeresse. Pas forcément original certes… mais foutrement jouissif : miam ! (Clément)

DECHRISTIANIZED : « Unholy Resurrection » (Autoproduction)

Le nom de ce groupe italien ne vous dit rien ? Il ne vous rappellerait pas par hasard l’album que VITAL REMAINS avait enregistré en son temps avec l’immense Glenn Benton (DEICIDE), faute de vocaliste attitré, et qui avait fait grand bruit à sa sortie à l’époque ? Il faut dire que peu de groupes dans le circuit pouvaient se targuer d’une telle intensité musicale malsaine ni même d’un tel degré de sauvagerie ! Il y avait de quoi marquer les mémoires…

Comme la démo « Unholy Resurrection » y ressemble aussi beaucoup, on s’accorde à penser dans les milieux autorisés (à la rédac de Hard Force, quoi…) que le choix du nom du groupe n’est sans doute pas si anodin que ça.
Et par les fesses moisies de Belzébuth, ça fait plaisir de se dire que ces monstruosités sonores ne s’oublient pas !
Certes on est loin des prouesses techniques du duo Tony Lazaro/Dave Suzuki mais les nostalgiques de cet album mythique esquisseront sans doute un sourire à l’écoute de ce petit DECHRISTIANIZED et ne manqueront pas de se remettre un bon gros coup de VITAL REMAINS dans les esgourdes. (Crapulax)

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MASS GRAVE : « Our Due Descent » (Autoproduction)

Le nom de ce groupe canadien ne vous dit rien ? Il ne vous rappellerait pas par hasard (je sais : je recycle mes phrases, c'est tendance !) un subtil mélange entre la douceur des floridiens de MASSACRE et la légèreté des suédois de GRAVE ?
Ben pas du tout ! MASS GRAVE ressemble plutôt à du NAPALM DEATH énervé en mode hooligan beurré avec le vomi sur le t-shirt qui va bien (comprenez : un poil plus hardcore que le groupe de Birmingham).
Autant dire que « Our Due Descent » envoie du lourd, du très lourd même, brutal comme une secousse sismique le jour du salon de la porcelaine !

Fort de 4 albums depuis 2006 (avec, petite particularité, des pochettes dessinées exclusivement en noir et blanc),MASS GRAVE distille son grindcore à grands coups de basses râpeuses, de growls baveux, de roulements de batterie effrénés et d’accords de guitare très punk.
Ça ne révolutionne pas le genre mais c’est comme passer de temps en temps de la soude dans les canalisations : ça fait toujours du bien aux tuyauteries !!! (Crapulax)

ANGANTYR : « Ulykke » (Northern Silence Productions)

Il est des groupes qui font partie du paysage black metal depuis des années sans pour autant arriver à percer. C'est le cas des Danois ANGANTYR, actifs depuis 1998, et qui sortent leur 6e LP avec « Ulykke ».
Manque de médiatisation, manque d'ambition, manque du petit plus qui font qu'ils se démarqueraient par rapport à d'autres confrères ? En tous cas, leur black mélodique vaut le détour et encore une fois, nous emmène pour une heure de son profond et froid avec 7 titres.

Basés sur un modèle similaire de riffs mélodiques plus ou moins rapides mais toujours entraînants et surtout une voix hurlée saisissante, les morceaux d' « Ulykke » s'enchaînent à un rythme effréné malgré leur relative longueur.
ANGANTYR évolue dans un registre de moins en moins mainstream au profit d'un black metal plus pur mais toujours ambiancé, pas forcément original mais diablement efficace.
Si vous tombez par « accident » sur « Ulykke », vous serez séduit par son approche sincère et brute emprunte de paganisme nordique. Et à force de convaincre, ANGANTYR finira peut-être par tirer son épingle du jeu. (Aude)

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URZE DE LUME : « As Árvores Estão Secas e Não Têm Folhas » (Equilibrium Music)

Un peu de répit avec ce 3e album des portugais de URZE DE LUME.
Fans de metal gras et brutal, passez votre chemin, ou plutôt laissez-vous guider vers le côté obscur de la douceur et de la mélodie.
« As Árvores Estão Secas e Não Têm Folhas » présente 12 titres de dark folk acoustique et extrêmement envoûtant.
La plupart des morceaux étant instrumentaux, il est facile de se laisser emporté vers les paysages et légendes ibériques. Les passages susurrés en portugais sont d'une grande légèreté et emprunts d'une belle mélancolie.
On se retrouve plongé en pleine nature, sublime mais mystérieuse. A quoi peut-on comparer URZE DE LUME ? A un mélange de TENHI pour le côté ambiant et d'AGALLOCH ou ULVER pour le côté acoustique.
A cela, on ajoute une touche d'originalité toute méditerranéenne et des instruments archaïques tels le rebec ou autres instruments à vent et percussions. Et on obtient un groupe de grande qualité au son cristallin et à l'inspiration débordante.
Un voyage plein de langueur au sein d'une nature automnale à l'aube d'un assoupissement éternel. (Aude)

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