LABELS ET LES BETES

Chaque mois, HARD FORCE vous propose de faire un tour d'horizon du côté obscur de la force métallique pour découvrir des groupes méritants issus des quatre coins du globe. Tout ça en restant confortablement installé dans votre fauteuil club, casque vissé sur les esgourdes ou enceintes à fond les ballons (tant pis pour les voisins… ou tant mieux c'est selon). Et à l'approche de cette fête féérique qu'est Noël, les trois apôtres du côté obscur ont encore fait fort puisque la Reine des Neiges, Aude, est partie traîner sa hotte dans les froides contrées de Norvège et de Russie : frissons garantis. Le lutin en chef Crapulax n'est pas en reste puisque le bougre a une fois de plus titillé les tourments de l'enfer en conviant sous le sapin thrash old school et djent déjanté. Quant au père Clément, ses rennes ayant déclaré forfait, c'est emmené par une meute de loups sanguinaires qu'il est parti en terre brutal death pour préparer sa tournée de mandales annuelle à destination des vilains marmots ! Alors surveillez bien le sapin et n'oubliez pas de laisser quelques bières bien fraîches derrière les bûches… les troupes du Père Noël sont un peu soupe au lait !

ГРАЙ/ GRAI : «  Пепел / Ashes » (Noizgate Records)

GRAI est un groupe connu des initiés de la scène pagan metal mais encore peu médiatisé. Pourtant, le combo russe propose un black/folk/pagan metal d'une qualité irréprochable.
Des guitares lourdes et des instruments traditionnels tels la cornemuse gaita gallega, la guimbarde ou la flûte kalyuka permettent à 
GRAI de dispenser une musique à la fois intense et énergique mais tout en conservant la partie folklorique de la musique russe. Mais ce qui fait le plus de ce groupe aux influences epic/folk, ce sont les voix féminines et les harmonies vocales travaillées et pures.
La beauté dégagée par Irina et Allia n'est pas seulement physique, elles portent en elles la grâce païenne et le charme sauvage. Chacune des dix chansons de ce nouvel album est un véritable enchantement grâce à une batterie omniprésente, un fond de guitares très lourd mais parfois ultra-mélodique, à l'image du solo éthéré du cinquième titre 'Donya', des instruments acoustiques récurrents mais jamais imposants et surtout les voix féminines transcendantes et les growls musclés de Yurii Bedusenko et Viktor Buznaev.
En bref, il n'y a rien à jeter dans « Ashes » et j'espère vraiment que 
GRAI trouvera avec cet album le public qu'il mérite. (Aude)
 

ELDAMAR : « A Dark Forgotten Past » (Northern Silence Productions)

Avis aux amateurs du monde de Tolkien, des elfes, des trolls et de la magie des forêts enchantées. ELDAMAR nous entraîne effectivement dans un mythique passé oublié, au plus profond des légendes gardées secrètement par les êtres mythologiques scandinaves.
Le décor posé, « A Dark Forgotten Past » contient 7 titres d'un black metal atmosphérique aux ambiances brumeuses agrémentées de claviers grandiloquents et de hurlements du plus profond des entrailles de la nature.
Ce qui en soi ne présente pas une grande originalité, mais 
ELDAMAR a le mérite d'être un projet solo qui nous fait voyager dans un monde de fantasy plein de magie et de beauté. On est d'accord, l'album est plus à écouter au coucher devant un feu de cheminée, qu'au lever pour se donner la pêche mais c'est un réel plaisir de se laisser emporter par la langueur d'ELDAMAR alors que le froid règne dehors. Seul petit bémol, la voix féminine synthétique qui hante les différentes compos de « aaahaaaahaaah » un peu lassants à force. Ce n'est pas ce que l'on retiendra de ce deuxième album des Norvégiens.
Si tu as envie d'un peu de douceur et de légèreté dans ce monde brute, « A Dark Forgotten Past » devrait te faire t'envoler vers des horizons insondés et des paysages époustouflants.
 (Aude)
 

​NATIONAL SUICIDE : « Massacre Elite » (Scarlet Records)

Au-delà de la bordure extérieure sur la planète Kamino réside une célèbre usine à clones. On y fait de tout : des clones de combat sans muscle ni cerveau, des clones de ménage avec des balais à la place des mains, des clones de Jar Jar Binks pour énerver missa et voussi, etc. Mais sur Terre en Italie, ils ont réussi l’exploit de dupliquer OVERKILL : et là les kaminoens ils sont verts (comprenne qui pourra) !
Le groupe apparaît sur les radars dès 2009 via « The Old Family Is Still Alive » puis « Anotheround » en 2016.
Avec leur logo à la NUCLEAR ASSAULT et leurs pochettes horrifiques très old school, 
NATIONAL SUICIDE fait honneur au genre. Au genre BOURRIN ! Mais ce qui retient le plus l’attention, c’est leur soliste. Comprenez que des bons gratteux, on en trouve à tous les coins de rue avec leur huit cordes et leur sweeping malmsteenien.
Mais ceux qui hérissent les poils et mettent vraiment le power comme Kirk Hammett ou 
Marty Friedman, ça… ils sont moins nombreux ! Ben lui s’approche au même niveau d’expressivité et rien que pour ça, NATIONAL SUICIDE mérite tout votre intérêt. (Crapulax)
 

THE OMNIFIC : « Kismet » (Autoproduction)

« Un bassiste dans un groupe, ça se remarque uniquement lorsqu’il n’est pas là ». C’est ce qu’on dit en règle générale et c’est plutôt vrai (sauf si on s’appelle Billy Sheehan, Flea, Stuart Zender ou Jaco Pastorius…).
Oui, mais un groupe avec 2 bassistes ? Originaire de Melbourne, THE OMNIFIC présente cette configuration peu banale qui, accompagnée par un excellent batteur (ex-INTERNAL NIGHTMARE) et par quelques notes synthétiques aussi légères que discrètes, se propose de nous faire plonger au cœur de leur petit univers musical : à savoir un djent alambiqué, zen et très spatial.
Technique sans être pour autant soûlant (les basses 5 ou 6 cordes ne leur font même pas peur et encore moins la perspective de jouer tous les deux sur un seul instrument, c’est dire…), THE OMNIFIC étonne, intrigue, bouleverse tour à tour au fil des écoutes. Car on ne sait jamais trop où les australiens veulent en venir ni quand est-ce qu’ils s’arrêtent ou bifurquent en changeant de tempo.
Parfois jouant ensemble la même partition et parfois non, les bassistes se complètent, s’appellent, se répondent dans un étrange ballet de notes. Pas une grande révolution en soi mais une petite curiosité. (Crapulax)
 

NEPHREN-KA : « La Grande Guerre de l'Epice »  (Dolorem Records)

Ce discret label Tourangeau a décidément plus d'une corde à son arc ! Après la ratatinée de black à l'ancienne signée MOURNING SOUL, les pénégrinations techno-death des fous furieux de SLAVE ONE ou la plâtrée old school administrée par les bourreaux franciliens de CREEPING FEAR, le voilà qui s'octroie un bon gros shoot de brutal death avec NEPHREN-KA !
Et nos quatre Auvergnats ne sont pas là pour faire de la figuration sur ce deuxième album surpuissant : production musclée, section rythmique vengeresse, blasts à gogo, growls furibards et basse déchaînée, n'en jetez plus, la coupe est pleine.
Quarante et une minutes la tête dans le guidon : pas d'intro, pas d'outro, du sang, des larmes et de la sueur ! Voilà une galette balancée avec doigté qui réjouira les afficionados de l'école polonaise, le quatuor possédant cette délicieuse brutalité doublée d'une technicité sans faille propres aux HATE, LOST SOUL et autres VADER.
Si je vous dis qu'en plus, les textes troussés par le quatuor sont de haute volée et feront de l'oeil à tous les fans de l'univers de Dune, vous avez là une galette qui n'attend plus que vous mordiez dedans… à pleines dents ! (Clément)
 

​SKINWEAVER : « Gratification Eternal » (Great Dane Records)

​Changement de braquet avec les Belges de SKINWEAVER : embarquement immédiat en aller-simple pour le début des années 90, et plus particulièrement les Pays-Bas ! En effet, si les premiers albums de SINISTER, GOREFEST ou THANATOS évoquent quelque chose de précieux pour vous, il y a de fortes chances pour que vous tombiez raide dingue de ce jeune combo formé en 2013 et déjà expert en matière de recyclage éclairé !
Pourtant sans le moindre EP ni démo dans sa besace, SKINWEAVER ne s'embarrasse d'aucun complexe en reprenant ici tout ce qui fait le charme des groupes précités : riffs massifs et tortueux, breaks précis, assassins et matraquage de toms balancés avec une ferveur inébranlable.
Le tout est naturellement emballé dans une production vintage et respectueuse, old-school jusqu'au bout des ongles incarnés !
Ajoutez à ce retro-cocktail meurtrier quelques velléités plus heavy ("Bastion of Butchers") ou doom ("Suffer Endless") et vous voilà en possession d'un album qui dépasse le cadre du simple hommage de passionnés pour se nourrir d'influences diverses et bienvenues.
Tout bonnement réjouissant… (Clément)
 

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