
Ils ont fait couler beaucoup d’encre lors de la communication sur la sortie de leur nouvel album, « The Book Of Souls », qui pour rappel a eu lieu le 4 septembre 2015. On le savait depuis longtemps enregistré et prêt à l’usage mais l’annonce de sa parution a été plus longue que prévue en raison des problèmes de santé de Bruce Dickinson et cela n’a fait qu’ajouter à l’attente fébrile des fans. Et lorsque le groupe a posté en ligne les détails concernant ce nouvel effort, les claviers se sont frénétiquement activés, qui de son commentaire, qui de sa critique. Surtout de sa critique d’ailleurs…
IRON MAIDEN a toujours su déchaîner les passions depuis le début de sa carrière et a reçu autant de coups de bâtons que de caresses, même au sein des rangs de ses aficionados les plus zélés. Et ce, depuis « Killers » en 1981, le premier album étant de fait une découverte. Retour et arrêt sur images.
Le virage en dérapage contrôlé de « Killers », moins punk que le prédécesseur (quoique) et éponyme « Iron Maiden », laisse perplexe ses premiers fans les plus hardcore et dans le même temps laissera sur le carreau leur chanteur d’alors, Paul Di’Anno. Mais chaque chose en son temps. Avec cette suite, on n’y perd pas au change ma foi, des titres comme "Killers" justement ou "Wrathchild" s’avérant de redoutables cartouches. Mais aussi de vous proposer non pas un, madame, mais deux, je dis bien DEUX morceaux instrumentaux fort bien torchés et ne nuisant pas à la cohérence de l’ensemble.
Deux instrumentaux comme dos cojones posées sur la table et qui semblent dire « On fait c’qu’on veut ! » (et rester politiquement correct). C’est qu’ils ne s’en laissaient pas compter ces jeunes freluquets…
Exit “Paulo” et bienvenue à “Bruce”. La scission pro-Dickinson et pro-Di’Anno est entamée en 1982 avec la parution de « The Number Of The Beast » (en 2016, certains y vont encore de leur rengaine : « C’était mieux avant »).
La bande à Steve Harris œuvre dorénavant dans la catégorie adulte du metôl et non plus dans les (ad)eaux troubles de ses débuts. Adulés et diabolisés aux USA (c’est un pays très grand, les deux peuvent se côtoyer sans se gêner), on ne compte plus sur cet album le nombre de classiques joués encore à ce jour lors des grands messes sataniques (un bouc sur scène, des flammes à faire se pâmer n’importe quel pyromane et même une date au Hellfest – cocorico ! – en 2014. Forcément que c’est des suppôts de Satan, on vous l’a toujours dit). Mais je m’égare.
Et cette réplique de De Funès-Saroyan dans Le Corniaud qui sied alors parfaitement à la situation de l’époque : « Il(s) m’épate(nt), alors là il(s) m’épate(nt), il(s) m’épate(nt) ! ».
L’effort suivant, « Piece Of Mind », a maintes fois été raillé pour quelques titres un tantinet faiblards (sont nommés dans leur catégorie "Quest For Fire" ou "Sun And Steel") quand certains groupes vendraient leur âme au “666” pour en composer de tels. Qu’importe, la bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe. Ou comme le disait si bien ma défunte grand-mère, « le pet foireux de vos avanies glisse sur la toile cirée de mon indifférence ». Et toc !
"The Trooper" a rarement quitté les set-lists (seulement trois fois en 33 ans) et "Die With Your Boots On" ou "Where Eagles Dare" ont toujours remporté l’adhésion lorsqu’ils ont été interprétés.
« Powerslave » ou la tournée des grands ducs (non, je ne fais aucune allusion au masque porté par Dickinson sur la tournée).
Ce disque a la chance cette fois d’avoir été – en majorité – épargné, la faute (enfin, façon de parler) à une scénographie rarement vue jusque-là dans l’histoire du heavy, par le fait qu’il représente une marche de plus vers le haut pour le groupe, ainsi qu’à une flopée de titres qui ont largement passé l’épreuve du temps sur la set-list : "Aces High", "2 Minutes To Midnight", "Powerslave" et "Rime Of The Ancient Mariner". La moitié de l’album en fait. Eh ouais !
Retour vers le futur avec « Somewhere In Time » et ses “hérétiques” claviers présents pour la première fois (mais pas la dernière) et pourtant savamment utilisés et à fort bon escient.
La preuve en est que les fans le considèrent aujourd’hui comme l’un des meilleurs albums de la Vierge de Fer (et tous rêvent d’entendre en concert le morceau "Alexander The Great").
Et au final, peu nombreux en fait sont ceux qui n’ont pas apprécié ses premières sonorités “Bontempi”. Bon, tant pis. SUIVANT !
Ah, t’en veux du grandiloquent ? Eh bien, prends-toi dans les enceintes « Seventh Son Of A Seventh Son », opus concepto-glacio-magico-mystico-épique qui a, une nouvelle fois, vu le groupe s’offrir une accalmie dans les critiques de la presse et de ses supporters.
Ça peut arriver à tout le monde d’être parfait de temps en temps et en l’occurrence, c’est le cas avec ce disque. 4 singles pour 8 titres, une tournée « sold-out everywhere» et une première tête d’affiche à Donington où ils se permettent même de battre le record d’affluence avec plus de 100 000 personnes.
Rassurez-vous, c’est reculer pour mieux sauter… dans le vide.
« No Prayer For The Dying » où, en effet, il y eut peu voire pas de prières pour le mourant (l’était-il réellement d’ailleurs ?).
Adrian Smith a quitté le navire depuis un an, le groupe perdant alors un atout majeur en termes de composition et c’est le retour à un son brut de décoffrage (on peut en attribuer la responsabilité à Steve Harris et le recours au mythique studio mobile Rolling Stone).
ET ALORS LÀ, ils s’en sont bien bouffés de la critique au vitriol. Peut-être pas tout à fait à tort d’ailleurs car cet opus est quand même peu marquant si on le compare à ses petits copains sortis depuis 1980. Bruce ne s’est d’ailleurs pas privé au passage de l’esquinter dans la presse lors des années suivant son départ. Mais il a au moins le mérite de se démarquer en termes de sonorité et de compositions.
Le juge est magnanime : England, one point !
« Fear Of The Dark » ou la peur de la page blanche (et noire, comme feux les Spandex portés encore quelques années plus tôt). Douze ans d’existence déjà et la machine à pondre des tubes commence à montrer des signes de fatigue certains.
Cependant, Steve qui étrenne là son studio flambant neuf et qui n’a eu recours à Martin Birch qu’avec parcimonie gère son nouveau matériel comme un grand et a compris que le groupe ne pouvait pas se contenter simplement d’un ampli et d’une guitare pour combler son audience.
On booste à nouveau le son et on en revient à une norme plus convenable. On est bien loin, non pas des trente, mais des sept glorieuses (82-88) et on leur accordera en plus les encouragements pour cette année même si c’est un peu laborieux dans son ensemble. England ? Two points !
C’était trop beau pour (re)durer et l’annonce du départ de Bruce Dickinson voit se déchirer la famille et l’entourage, chose qu’on voit bien trop souvent lorsqu’un divorce a lieu (ce qui en plus était vraiment le cas en privé pour le couple de Steve Harris) et qui fait gloser le hardos de moins de 50 ans à l’instar de la ménagère du même âge. « The X Factor » divise comme nul autre et l’on peut en partie le comprendre, l’attachement sentimental et auditif à la sirène aérienne étant légitime.
Et attendrissante… dans une certaine mesure. Mais avec vingt ans de recul, quelle formidable leçon que cet album.
Le groupe surprend tout le monde en prenant à contrepied le train alors en marche et en révélant sa “dark side of the moon” et le côté obscur de sa force. J’ose ? England : three points !
Négociant habilement l’avènement de l’ère Internet et du multimédia en rééditant son catalogue agrémenté de contenus lisibles sur ordinateur, MAIDEN va plus loin et ose l’anticipation et la dématérialisation (on en attendait pas moins de lui vu l’attrait de Harris pour la littérature fantastique et de science-fiction) en proposant un disque intitulé « Virtual XI » et dont la pochette ainsi que celle des singles qui en sont tirés sont réalisées… virtuellement (comprenez par-là “par ordinateur”).
Là encore, le groupe surprend en étant là où on ne l’attend pas et où certaines mauvaises langues (de pute ?) auraient préféré ne pas les voir aller. En voilà au moins qui ne se reposent toujours pas sur leurs acquis et avancent contre vents et marées (un coup de l’Ancient Mariner ça…).
Même s’il est poussif et que ne surnagent que quelques rares titres dignes de ce nom, on ne peut pas dire non plus qu’il est raté quand bien même il sera considéré par tous comme leur album le moins bon toutes périodes confondues. Et votre serviteur de rejoindre l’opinion publique pour le coup.
En parlant de science-fiction, qui aurait cru une seconde au retour au bercail des prodigal sons Bruce Dickinson et Adrian Smith ?
On monte donc dans la DeLorean pour aller chercher les deux compères et on les ramène à l’orée du 21e siècle pour remettre à l’heure la pendule de Hill Valley, arrêtée depuis trop longtemps à ce que l’on a pu lire de-ci de-là.
Cette fois, peu (ou pas du tout) de tollé concernant l’éviction de Blaze Bayley et un retour hégémonique du nouvellement sextet ainsi qu'un nouveau départ pour un « Brave New World ». Forward ? Ever ! Backward ? Sometimes…
Eddie baroque, le Vénitien. Ils nous auront tout fait. Même de laisser, sur cette nouvelle galette intitulée « Dance Of Death », le soin à Nicko McBrain d’écrire les paroles d’un morceau (pas le plus réussi d’ailleurs) et qui semblerait vouloir parler d’une agence de voyages… Humouuur !
Décidément, voilà un groupe qui sait y faire pour se renouveler tout en conservant les ingrédients de sa recette éprouvée. De vrais masterchefs ! Surpris ? Eh bien moi, pas tant que ça. La tournée qui suivra sera à nouveau couronnée de succès.
« Dance Of Death », le live « Death On The Road » et maintenant, « A Matter Of Life And Death ». On se dit que c’est mort (ah ah !), que le groupe n’a plus de jus et qu’il atteint la (catégorie) réserve. Que nenni (oui, j’aime cet expression devenue désuète).
Les bougres en profitent alors pour partir en tournée et dérouler l’intégralité de l’album, déroutant une bonne partie de son auditoire qui aurait préféré entendre plus de classiques.
Alors, c’est qui les conservateurs hein ? Quel labeur… Un très bon disque que Bruce n’aime pourtant pas si on se fie à certaines conversations off qu’il a pu avoir de-ci de-là. On va dire qu’il a ses humeurs…
Pour moi, c’est un classique « et pis, c’est tout ! ».
Alternant depuis 2005 les tournées best of (ben vous voyez qu’il y en a aussi pour les intégristes… euh pardon, les conservateurs) et celles destinées à promouvoir les albums, il faut donc ensuite attendre quatre ans et c’est finalement en 2010 que sort « The Final Frontier », précédé du single "El Dorado" qui sera diffusé sur Internet pour haranguer le chaland.
Et si le groupe a alors une moyenne d’âge dépassant la cinquantaine, il s’embarque cette fois, telle une bande de space cowboys musicaux, dans une navette spatiale à la conquête de l’espace, frontière (finale ?) de l’infini.
Est-ce dû à un effet de l’époque, en tout cas certains ne se privent pas de critiquer anonymement avec leurs petits doigts acerbes sur leurs petits claviers perfides la direction prise par le groupe. S’en foutent, ils ont vos IP les gars…
Nous sommes aujourd’hui en 2016 et « The Book Of Souls » est sorti depuis un an et il est bon de revenir sur ce qui se disait quelque temps avant sa sortie alors que personne n’en avait encore entendu la moindre note. Juste vu l’artwork ainsi que la liste des titres et leurs durées.
Branle-bas de combat ! Mort à l’artiste ! Hérésie ! (oui, encore) Trahison ! J’en passe et des moins bonnes. La nouvelle est sur toutes les touches et les sites relaient l’information. « Un triple album, des titres de 13, 18 mn même ! Rendez-nous Eddie ! » s’offusquait-on. Ayant eu la possibilité, je dirai l’opportunité dans ce cas présent, de laisser libre cours à leur propre compte-rendu sur ce qui n’était pour l’instant “rien” pour les fans, on a pu donc lire ici et là tout et surtout rien à propos de cette sortie, de la part des internautes de toutes latitudes.
Mais tant mieux au final, le débat est sain et je n’aimerais pas que les “médias spécialisés” (entendre ironiquement par-là les anonymes de base) soient censurés et qu’il n’y ait que la pensée unique…
Quel constat alors au bout d’un an ? N°1 dans plus de vingt pays, une tournée qui les a vu visiter de nouveaux pays dans un avion deux fois plus gros que le précédent Ed Force One et piloté une nouvelle fois par le Capitaine Dickinson. Il y a pire comme bilan… Conclusion à la Audiard : « Vos gueules les mouettes ! ».
Une chose est sûre en tout cas, IRON MAIDEN ne s’est jamais laissé dicter sa conduite par personne depuis ses débuts et ce n’est pas prêt de changer, qu’on se le dise ! Et c’est tant mieux comme ça. Up The Irons !




























































Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.