
Mon rendez-vous avec FLOWN est fixé dans un célèbre lieu rock de la capitale. A mon arrivée, Flo (guitare et chant) me demande s'il est possible d'attendre son comparse Jack (basse) qui lui est en train d'achever une interview téléphonique. Evidemment ! Surtout que le fameux Jack est l’autre membre fondateur de ce combo rock hybride aux mille et une facettes. Créé en 2008 sous la forme d’un duo (Flo et Jack, vous l’auriez deviné), le groupe deviendra un quatuor stable, exigeant et adepte du "do it yourself", dont le dernier album, "Make Believe", devrait en ravir plus d’un.
Vous venez de sortir votre troisième album intitulé « Make Believe ». On dit souvent qu’un troisième album est un cap. Est-ce le cas vous concernant ?
Flo : Je crois que la sortie de cet album, qui pour la première fois est vraiment un effort de groupe – pour les deux premiers ("Child In A Box" et "Gravity") Jack et moi n'étions que tous les deux impliqués dans le processus de composition -, on a voulu lui donner les moyens de vivre. C’est pour cela qu’on a fait appel à Replica (NDA : société qui gère la promotion du groupe) pour voir jusqu’où cela pouvait aller. Avant, nous faisions tout nous-mêmes : nous étions autoproduits, on gérait toutes les démarches vis à vis des médias pour les chroniques, les interviews, les concerts, etc… Le temps nous manque et il y a certaines limites à faire tout soi-même. C’est pour cela qu’on a essayé de franchir un cap.
Par rapport à ce que tu viens de dire, j’ai remarqué que le nom de Flo revient souvent pour la composition du premier album, je me trompe ?
Flo : C’est vrai, j’avais une bibliothèque de morceaux assez importante quand on s’est rencontré avec Jack, et c’est d’un commun accord que nous avons décidé de les enregistrer. Mais ensuite, cela s’est rééquilibré on va dire et au fur et à mesure de l’évolution du groupe, chacun a apporté sa pierre à l’édifice. Aujourd’hui, nous avons tous un rôle défini, de façon involontaire, mais il n’y a pas de prise de tête et ça fonctionne bien ainsi.
Le son FLOWN est très marqué rock US. Après pas mal de recherche sur vous, je n’ai pas trouvé de groupes que vous pourriez citer en tant que références absolument évidentes. Est-ce que vous pourriez me donner des pistes de vos influences ?
Jack : Ouais, on a commencé à kiffer la musique avec la vague grunge du début des années 90. Dans le lot, il y a ALICE IN CHAINS et SOUNDGARDEN. Après, on a été plus dans la mouvance néo/fusion avec des groupes comme RAGE AGAINST THE MACHINE, DEFTONES, KORN et INCUBUS. Enfin, dans les années 2000, avant qu’on se rencontre, on était un poil plus progressif, ce qui donne plus de profondeur à notre base très rock, notamment avec DREAM THEATER. Récemment on a pas mal écouté FOO FIGHTERS.
Aucun membre ne se démarque donc complétement de l'axe du groupe…
Flo : Non pas spécialement. Ça reste très homogène dans l’ensemble. Il y a Alex (guitariste) qui lui est un peu plus heavy, car il est un peu plus âgé que nous. Il n’a pas grandi dans les mêmes mouvances, disons, mais d’un autre coté, cela permet de métisser notre musique aujourd’hui. Sans être trop éloigné non plus : nous avons des racines communes dans notre projet.

J’aimerais qu’on revienne sur votre hiatus entre 2011 et 2014. Pourquoi cette pause et en quoi a-t-elle été profitable ?
Flo : C’était involontaire. On a sorti "Gravity" (2011) très rapidement après "Child In A Box" (2010). Derrière, on a fait cette release-party au Réservoir à Paris avec un DVD live réalisé dans la foulée… On a donc été très actifs en l’espace de 3 ans. Il y a eu aussi des changements personnels dans nos vies, donc le fait de calmer le jeu s’est imposé naturellement. Il y avait aussi cette envie de bosser différemment sur le troisième album, à savoir inclure Lois (batterie) et Alex dans la composition. Donc, forcément, ça prend un peu de temps. D’un autre coté, on n’est pas resté les bras croisés : on a travaillé sur des versions acoustiques et alternatives, on est resté entre 4 et 6 mois sans faire grand-chose, mais l’envie d’enregistrer est revenue rapidement.
Vous sortez vos albums sous le label Artfly Records, qui est en fait le vôtre. Pourquoi l’avoir créé ?
Flo : Nous avons fondé cette asso dès le premier album pour être sous une bannière. Cela nous a permis d’organiser des concerts et de développer notre projet.
Jack : Aussi, l’idée de base était de mêler d’autres groupes afin de faire un collectif et leur permettre d’utiliser ce produit. Nous concernant, il nous permet de gérer notre boutique avec la logistique.
Flo : C’est plus pour le côté pratique que le coté symbolique. On a toujours voulu garder cette autonomie. Même si cela demande plus de temps et de moyens, cela nous permet de tout contrôler et de faire ce qu’on a vraiment envie de faire.
Jusqu’à présent vous avez enregistré deux groupes sous Artfly. Cherchez-vous à vous développer davantage ?
Flo : Encore une fois, l’idée de partage est importante pour FLOWN. Nous sommes partis de pas grand-chose et on avance à notre rythme. Et si on peut aider des formations à enregistrer un premier album, on le fera sans problème.
Vous avez pas mal de concerts à votre actif. Quelle date est à ce jour la plus mémorable pour vous ?
Jack : Celle du Réservoir, une super salle.
Flo : C’est une date qu’on a organisée sous Artfly. C’est une fierté, une si belle soirée ! La salle était blindée et on a eu l’occasion d'en tirer de chouettes images. Nous n’avions pas de clip à l’époque, donc pas d’image pour la promotion ; alors, on s’est servi de ce live pour lancer un visuel du groupe.
Que ce soit ce DVD ou dernièrement avec votre clip "Headlights", j’imagine que tout est fait maison ?
Jack : Oui, tout comme la pochette de l’album. C’est une collaboration avec notre ami graphiste Samuel Smith. Il connait bien notre musique et notre univers, il a écouté les titres avant qu’on les enregistre. On lui donne quelques pistes d'idées et il va l’a où on aimerait aller… Il va même au-delà de ce qu’on pourrait espérer.
Flo : On a toujours aimé travailler avec des gens qui nous sont proches plutôt que chercher des connaissances de connaissance. Nous sommes attachés à la cohérence entre l’image qu’on voudrait projeter et le côté humain qui est primordial pour nous. Ça l’est déjà au sein du groupe, donc on essaye de prolonger cet esprit avec ceux qui s'impliquent dans le projet. Concernant le clip, on aime bien ce côté "échange de bons procédés" car on n’a pas forcément les moyens de faire un clip à 10 000 euros, mais on va promouvoir son travail à travers notre musique.
Avez-vous prévu des dates live dans les prochains mois ?
Flo : Nous devions faire notre release party au Backstage au mois de novembre et avec ce qui s’est passé, cela a été reporté au 24 mars. Ça sera la même soirée, avec deux groupes de potes, LUMBERJACKS et UNDERDOGS. Le but est de faire une grosse soirée rock et procurer du plaisir aux gens, à ceux qui nous suivent depuis le début, ceux qu’on a récupérés en route. Et puis, nous faire plaisir aussi…
Comment se profile l'avenir de FLOWN ?
Jack : On a toujours du matériel à exploiter. Nous avons des idées, par exemple, non pas de remix mais de versions alternatives de morceaux qui existent déjà. Rien n'est fixé aujourd’hui, si on attaque directement sur un quatrième album ou si on part sur un EP avec ces morceaux alternatifs. On aimerait aussi bien faire un second clip.
Que diriez-vous à quelqu’un qui ne vous connait pas pour le convaincre d'écouter ce que vous faites ?
Flo : Ce n’est pas évident… Dans notre style, c’est très compliqué d’être original, car il y a une multitude de groupes. Notre musique est assez éclectique, avec des compos très variées et je pense que n’importe qui peut s’identifier à 2 ou 3 titres au moins par album. Nous sommes capables de passer d’un morceau ultra-metal à une chanson très pop. C’est une force, car cela nous permet d’adapter notre set-list selon les groupes avec lesquels on joue. Mais ça peut nous faire défaut aussi, on en est conscient. On ne se pose pas de questions, notre mot d’ordre depuis le début étant : aucune limite, aucune barrière.





























































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