Malcolm Young

Aujourd’hui, samedi 18 novembre 2017, c’est une partie de moi qui s’en va. Malcolm Young vient de nous quitter, moins d’un mois après son grand-frère George. Je pense fort à ses enfants et à sa femme Linda, bien sûr, mais aussi à Angus Young qui doit se sentir bien seul désormais.
On savait Malcolm malade depuis une dizaine d’années, mais peut-on vraiment se "préparer" à "ça" ? Ce départ est d’autant plus douloureux que Malcolm, en plus d’être le père fondateur d’AC/DC, "The Brain" comme les fans le surnommaient, probablement le meilleur guitariste rythmique que le rock ait jamais connu, était très à l’écoute des fans. Nos chemins se sont croisés à de multiples reprises : en 1988 et 1991, à l’Hôtel Intercontinental de Paris, mais aussi tout au long du Ballbreaker Tour 96, en studio à Vancouver en 1999, sur le Stiff Upper Lip Tour 2000/2001 et le Rolling Stones Tour 2003.
Backstage, toujours un mot gentil, une "vraie" écoute, un respect non feint pour les passionnés qui suivaient AC/DC sur plusieurs dates, et, surtout, cet œil brillant plein de malice qui témoignait d’une vraie joie de discuter musique avec "son" public.
Nous nous sommes croisés pour la dernière fois le 26 février 2009. Il était déjà malade, mais avait tenu à respecter la parole donnée, comme toujours, en m’accordant cet entretien qu’il m’avait promis quelques mois plus tôt. Ce fut probablement sa dernière interview. Je n’en tire aucune gloire car cet homme que je respectais tant m’avait alors apparu diminué, sa mémoire flanchant en plusieurs occasions alors que, d’ordinaire, il était d’une précision diabolique.
Je garderais de lui cette ultime image : alors que je quittais le George V et qu’il s’en allait griller une clope dans le patio de l’hôtel, il s’était retourné. M’avait fixé durant une seconde ou deux, hyper sérieux. Puis m’avait décoché un sourire et un ultime clin d’œil complice.

Le Patron s’en est allé.

Aujourd’hui, j’ai Mal…

Phil Lageat

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