THE SOUTHERN RIVER BAND (+ Van Tastik)

Semaine australienne à Paris puisque, avant l’arrivée d’AIRBOURNE ce samedi, c’est THE SOUTHERN RIVER BAND qui investit mardi 17 février une salle de la capitale. Et le lieu se révèle plein à craquer : les spectateurs (dont nous ne faisions hélas pas partie) ayant assisté à la prestation des kangourous en décembre 2024 au Point Ephémère ont propagé un bouche à oreille insensé, et parlent encore aujourd’hui d’un concert très sauvage, ce qui nous met bien l’eau à la bouche.

Van Statik

Mais avant la tête d'affiche, place à une première partie insolite, Van Tastik. Autrement dit un « one man band » composé d’un Américain qui délivre, au chant, à la guitare et avec une batterie minimaliste uniquement actionnée au pied, un blues-folk-americana assez inattendu. Tout se passe pourtant très bien pour le gaillard, qui arbore un look insolite : moustache en guidon de vélo, lunettes noires, nœud papillon ! Mais son arme secrète, c’est qu’il a passé son enfance en France, et qu’il parle donc parfaitement, sans accent, la langue de Molière. Ça, plus un humour permanent, lui permet de se mettre le public dans la poche, qui chante même avec lui des morceaux dont il ignorait totalement l’existence une demi-heure auparavant. Une expérience au final intéressante.

Lorsque THE SOUTHERN RIVER BAND monte sur scène, le look du chanteur/guitariste, Cal Kramer, rivalise avec celui de Van Tastik, puisque l’Australien persiste dans ses errements capillaires, avec ce soir une jolie frange, et qu’il a choisi de porter un crop top « I love Paris », un joli cœur symbolisant le « love ».  Quand au batteur, Tyler Michie, il possède toujours cette coupe mohawk qui lui permettrait d’être embauché sans entretien préalable chez the EXPLOITED. 
Un bon point pour eux, mais c’est surtout grâce à sa musique que le groupe cherche à convaincre. Et ce soir, cela passe par une large exploitation de son dernier album en date, le très bon « Easier Said Than Done » (2025), le plus mélodique et le mieux produit de sa carrière. Effectivement, comment résister au « Don’t Take It To Heart » et « Something’s Gotta Give » servis d’entrée, qui montrent que THIN LIZZY continue d’inspirer les musiciens ? 
Le SOUTHERN RIVER BAND parle également beaucoup aux amateurs de STATUS QUO, débitant à la suite deux superbes boogies, « Watch Yourself (You’re Gonna Hurt Somebody) », et surtout le féroce « The Streets Don’t Lie », morceau qui ne figure inexplicablement pas dans le moindre album de la formation, alors que c’est l’un de ses meilleurs. Quel scandale ! 
 

Les Australiens poursuivent dès lors en alternant titres sauvages et d’autres moins rentre-dedans, comme « One Last Dance » suivi de « Summer Song », « No Such Time » laissant la place à « All Over Town ». 
Reste qu’au bout d’un moment, on attend toujours le grain de folie tant vanté par les vétérans du Point Ephémère, voire ceux qui étaient au dernier Hellfest (et là, nous en faisions partie). Le groupe semble s’être un peu assagi, et surtout son leader, Cam Kramer. Il ne rate cependant pas l’occasion de sortir une bêtise lorsque son micro émet un drôle de bruit juste avant le très blues « When It Falls Apart », s’en prenant gentiment à l’ingénieur du son  : "Tu viens d’essayer de me tuer ? Je vais te faire la peau !"
La fin du concert s’avère un festival de guitares, le second six-cordiste, Dan Carroll, montant davantage au créneau, notamment sur l’intense « Stan Qualen », conclu par un inattendu bisou sur la bouche entre lui et Kramer qui fait rire tout le monde, et un « Vice City III » bien électrique. 
Etrangement, le SOUTHERN RIVER BAND attaque son rappel avec une ballade, le mélancolique « One Of These Nights (I’ll Be Gone) », mais il remet rapidement les pendules à l’heure, via le revendicatif « Fuck You, Pay Me », que le public chante sans problème (c’est une thématique concernante, il est vrai) puis conclut avec « Vice City II ». Plus sage qu’autrefois, la formation venue des antipodes n’en a pas moins régalé la foule, et nul doute que sa prochaine apparition parisienne se déroulera dans une salle de plus grande capacité.

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