BIRDS OF NAZCA + STONE FROM THE SKY + GARDEN OF ERDEN

Après un mois de janvier beaucoup trop long, c’est en février que le fuzz fait sa rentrée avec la première soirée estampillée Below the Sun de 2026. Au programme, le psych stoner rock de GARDEN OF ERDEN suivi du post-whatever de STONE FROM THE SKY et du stoner de BIRDS OF NAZCA. Une soirée 100 % fuzz et 100 % française pour reprendre les bonnes habitudes. La soirée se déroule au Klub de Paris le samedi 7 février. L’acoustique de la cave parisienne est bonne et l’absence de réseau téléphonique a l’avantage de garantir l’immersion dans la musique. De quoi profiter pleinement de la soirée et se laisser emporter par les trois groupes de ce soir.

Le trio GARDEN OF ERDEN ouvre la soirée avec son psych stoner rock. Le groupe originaire de Toulon et Grenoble (là où on fait la chartreuse, nous rappelle le frontman) compte déjà un album et un EP dont il livre plusieurs titres ce soir. Le groupe joue la carte de la sécurité avec un stoner entraînant formé d’une basse puissante, une batterie dynamique et une guitare chaleureuse. GARDEN OF ERDEN s’aventure même à livrer deux morceaux tirés de son prochain album « Cast A Spell », en plein mixage au moment où le concert se déroule.

C’est avec un enthousiasme quelque peu timide que le public découvre alors "House Fly" et "Cast A Spell" en live. L’enthousiasme des trois musiciens redouble pendant les deux titres, permettant déjà d’anticiper le souffle nouveau que ce deuxième album représentera. Mais là où GARDEN OF ERDEN parvient à échauffer les nuques et dérouiller les cervicales grâce à des titres très bien exécutés, le groupe peut encore gagner en aisance pour mieux occuper les temps entre les différents titres.

Vient ensuite le tour des Manceaux de STONE FROM THE SKY et de leur post-whatever : entre post-rock et post-metal, le trio a une discographie déjà riche de quatre albums dont le petit dernier, « Bakeneko », est arrivé le 30 mai 2025. Une fois l’installation du matériel terminée, les trois amis prennent quelques minutes pour discuter calmement. En les voyant, on est loin de se douter du concert qui attend le public de la soirée. L’heure de jouer arrive enfin, et là, c’est la baffe : la première minute de "The Weight of a Thousand Thoughts" n’était en réalité qu’un leurre qui ne permettait absolument pas d’anticiper le déchaînement soudain du trio. Coups de pied dans les airs, coups violents sur les fûts, cheveux qui volent, cris du bassiste, grimaces de circonstance pour accompagner la lourdeur du son : aucun doute, STONE FROM THE SKY est ravi de jouer au Klub ce soir et le public parisien le lui rend bien.

Les heandbangs sont prononcés et les commissures des bouches s’abaissent pour accompagner les lignes de basse terriblement prenantes. Mais passé le premier titre, impossible de remettre un nom sur les musiques qui suivent. Et pour cause : le guitariste annonce bientôt que le trio est en réalité en train de jouer l’intégralité de son prochain album. Sans annoncer le nom de celui-ci ou des titres qui le composent, le trio continue de livrer des musiques à l’énergie folle, presque comme si les trois musiciens avaient envie qu’elles puissent servir de réveille-matin dans un cimetière. L’effet est saisissant, le public est aussi ravi que le groupe (les cœurs formés par les mains du bassiste en témoignent) et le set se clôture sur des applaudissements et des remerciements mutuels.

Une vingtaine de minutes plus tard, c’est le duo nantais de BIRDS OF NAZCA qui prend possession de la scène du Klub. Comme son prédécesseur, le groupe a sorti son dernier album en 2025. « Pangaea » est largement mis à l’honneur puisque cinq des sept titres qui le composent sont joués ce soir, pour le plus grand bonheur du public. La batterie est placée dans un angle de la scène et légèrement tournée vers la diagonale qui la relie à la guitare. Cette disposition peu habituelle permet aux deux musiciens de se tourner l’un vers l’autre de temps en temps sans tourner complètement le dos au public. Tout au long du concert, les Nantais alternent entre moments face à face et interactions visuelles avec le public. Celles-ci sont couronnées de succès puisque le guitariste monte à plusieurs reprises sur l’estrade qui sépare la scène du public.

Le groupe ouvre les hostilités avec "Racetrack Playa" et sa ligne mélodique hypnotique. Alors que le groupe puisait principalement son inspiration dans le désert de Nazca, l’album « Pangaea » témoigne d’une évolution qui est également visible sur scène : le duo est plus à l’aise, les interactions avec le public sont bonnes, le son est aussi lourd que faire se peut (et c’est pour ça qu’on est venu ce soir). "Incahuasi" et sa mélodie presque douce nous emportent sous une brise fraîche tandis que "Gang Rinpoché" nous transporte sur une étendue aride, sous un soleil de plomb donc la guitare retranscrit à merveille la chaleur. Le fuzz de BIRDS OF NAZCA séduit le public qui, même après "Inti Raymi", en redemande encore et encore. Le duo est heureux mais décidé : le set est fini pour ce soir, mais c’est pour prendre le temps de discuter avec le public depuis le stand de merchandising.

La soirée est une réussite : le stoner a fait vibrer les pierres de la cave du Klub aussi bien que les cages thoraciques des membres du public qui, après la longue nuit d’hiver qui s’achève lentement, était fortement demandeur de fuzz. Encore une fois : rien de mieux pour se réchauffer le cœur sans se ruiner que d’aller aux concerts organisés par les associations locales. Pour les Parisien.ne.s et Francilien.ne.s, Below the Sun trouve toujours le moyen de proposer des dates dont le prix est aussi doux que les groupes à l’affiche sont merveilleux. À l’heure où ces mots sont publiés, les dates de printemps ont déjà été annoncées et il y a fort à parier que, si vous aimez le stoner, le doom et les genres qui y sont affiliés, vous trouviez votre bonheur avec une ou plusieurs de ces soirées.


Birds Of Nazca © Ivane Payen

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