BIRDS OF NAZCA

Deux ans après son dernier disque « Heliolite », le duo nantais BIRDS OF NAZCA sort un deuxième album, « Pangaea ». Toujours composé de Guillaume Kerdranvat à la guitare et Romuald Chalumeau à la batterie, le groupe livre de nouveaux titres à l’alchimie dont il a le secret, entre lourdeur typique du désert de Nazca et bouffées d’air enveloppantes dans lesquelles qui s’équilibrent tout au long des sept singles.

Dès le premier single "Batagaïka", on s’aperçoit que le duo travaille encore davantage l’équilibre entre les ambiances, calmes comme le froid qui entoure le cratère sibérien ou dangereuses comme les flammes de l’enfer qu’il est réputé dissimuler. Quelques minutes plus tard, un souffle de vent nous transporte au pied de la montagne tibétaine qui donne son nom à "Gang Rinpoché". Reconnue comme une montagne sacrée par plusieurs religions, sa référence apporte une atmosphère méditative et apaisée à l’album. Au fil des titres, on croise d’autres extraits sonores qui, loin de briser l’immersion, la renforcent et rappellent que le groupe trouve son inspiration dans des paysages dont l’aridité physique contrebalance la fertilité artistique.

Les racines du groupe, entre stoner, doom et heavy psych trouvent leur aboutissement dans les nappes sonores d’épaisseur variable qui donnent à entendre aussi bien les paysages des États-Unis avec "Racetrack Playa" que les montagnes andines avec "Incahuasi". Si bien des albums ont pour objectif de faire voyager leur public, peu y parviennent avec autant de finesse et, paradoxalement, d’épaisseur. Sur le dernier single "Pangaea", le groupe reprend d’emblée sur la lourdeur qui caractérise si bien ses morceaux en se rapprochant d’élans post-rock qui se font de plus en plus perceptibles. C’est pour mieux se fondre dans les derniers instants de ce titre, dans les pépiements des oiseaux et le bruissement des feuilles qui se referment lentement sur l’album.

Pour illustrer le tout, la direction artistique s’éloigne des habitudes du duo en proposant non pas un oiseau, mais un paysage imaginé par l’illustrateur Léo Girard, entre étendue désertique et onirisme astronomique, montrant ainsi que BIRDS OF NAZCA a cette capacité incroyable de nous faire entendre des paysages.

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