WYTCH HAZEL

Bon. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, moi, WYTCH HAZEL, ça ne me disait pas grand-chose jusqu’à ce que, titillé par la curiosité et les quelques lignes que j’avais lues ça et là sur ces jeunes musiciens anglais, je prenne la décision de chroniquer ce nouvel album, « V: Lamentations ». Eh oui, il s’agit déjà du cinquième disque de ce groupe qui, je ne vais pas tourner autour du pot, mérite toute votre attention. Car oui, la démarche de WYTCH HAZEL est suffisamment originale pour s’y attarder. Très ancrée dans les 70’s, la musique proposée par Colin Hendra (guitare et chant), Alex Haslam (guitare), Andy Shackleton (basse) et Aaron Hay (batterie) rappelle beaucoup une période durant laquelle le terme heavy metal n’avait pas encore supplanté celui de hard rock. Et c’est avec un plaisir réel que l’on découvre des lignes de chant et des harmonies de guitares évoquant pêle-mêle BLUE ÖYSTER CULT, THIN LIZZY et KANSAS. La comparaison avec THE DEVIL’S BLOOD, ou même GHOST, pourrait vite être établie mais elle s’arrête toutefois là.

En effet, point de chant hanté ou d’ambiances sulfureuses chez ces quatre jeunes gens de Lancaster (Lancastre dans la langue de Cyril Hanouna) mais des paroles essentiellement vouées à… Dieu ! Autant vous dire que si certains d’entre vous sont versés dans la magie noire, ce n’est pas la peine d’accompagner vos petites sauteries par la musique de WYTCH HAZEL, vous risqueriez de tout foirer au point de faire passer les tours de passe-passe de Garcimore pour d’éblouissants numéros de magie ! Ceux qui auront deviné l’âge de votre serviteur grâce à cette référence débile sont priés d’écrire à la rédaction de HARD FORCE avec la mention "Concours vieux croulant". Trois déambulateurs DEEP PURPLE sont en jeu. Mais revenons à nos moutons. Ou à nos agneaux (pascaux, bien sûr !). Oui, tout, de la volonté du groupe de s’appeler JERUSALEM à ses débuts avant de se reporter sur WYTCH HAZEL, jusqu’à la pochette du disque, rappelant celle de « Avalon » de ROXY MUSIC et faisant vraisemblablement référence aux croisades, nous ramène au Tout-Puissant. Mais que cela n’empêche toutefois pas nos amis satanistes de jeter une oreille à ce « V: Lamentations », cela serait vraiment dommage.

Comment, en effet, ne pas succomber aux charmes envoûtants de "I Lament" (il y a même du MOLLY HATCHET dans ces guitares !), "Citadel" et sa délicieuse intro acoustique, "Racing Forwards" ou "Elixir", court instrumental durant lequel le groupe dérive aux confins du rock progressif et de la folk. Les harmonies vocales, très léchées, font parfois penser aux OUTLAWS et, quand les Britanniques sortent les griffes en plus de leurs guitares jumelles, comme sur le single "Woven", l’ombre du grand THIN LIZZY n’est pas loin. Avouez qu’en matière d’influences, on a vu pire ! Non, décidément, il ne manque rien à ces âmes pieuses, tout juste peut-on regretter une certaine linéarité dans des compositions qui gagneraient certainement à comporter plus de breaks, de changements de rythme. Mais ceci découle certainement de la volonté de WYTCH HAZEL de proposer un concept homogène, tant au niveau de ses paroles que de sa musique. Toujours est-il que je n’ai qu’une envie maintenant, me jeter à corps perdu dans le reste de la discographie d’une formation très prometteuse, possédant tout pour remettre les adorateurs du Malin dans le droit chemin. Amen.

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