ABSENT IN BODY

Il y a de quoi saliver à la vue du line-up au garde à vous sur ce premier album d’ABSENT IN BODY. Jugez plutôt : Scott Kelly (l’un des trois membres fondateurs de NEUROSIS et TRIBES OF NEUROT), Mathieu J. Vandekerckhove et Colin H. Van Eeckhout (binôme historique chez AMENRA), rejoints l’année dernière par un certain Igor Cavalera derrière les fûts. Ni plus ni moins qu’une réunion de gros bras tatoués au service d’un style naviguant aux confins du doom, du sludge et du post-metal. Dont la célèbre institution pennsylvanienne Relapse Records a remporté les faveurs pour sortir ce premier album sous son meilleur jour. Le plus sombre.

« Plague God » s’inscrit dans la droite lignée du pedigree de ses protagonistes, plongeant tête la première dans un brouillard poisseux. Un brouillard où sont distillés des paysages sonores brumeux, inquiétants, dégageant en toile de fond une certaine mélancolie, une sensibilité à fleur de peau. Naviguant ici à vue entre spleen et lourdeur, le groupe excelle dans une ambiance de fin du monde pendant trente-six minutes abyssales. La basse y est proéminente : elle gifle, elle vrombit. Le démon-vocaliste n’est pas en reste, ses incantations robotiques se montrant menaçantes tout du long.

C’est d'ailleurs sans surprise que "Rise From Ruins" entame les hostilités en cinq minutes qui jonglent entre ombre et lumière, comme pour mieux préparer le terrain avant de laisser place à "In Spirit In Spite". Qui explose en un magma de noirceur où rugissements grotesques et rythmes chaotiques se succèdent, une voix cette fois plus solennelle se chargeant de planter le décor sur un final sublime. Juste le bon moment pour remettre une épaisse couche de bitume sur cette satanée guitare qui crie sa colère à grand coup de dissonances sur "Sarin" et "The Acres The Ache". Derrière ces habiles montées en puissance, la tension reste toujours présente. Comme en témoigne la section rythmique du final "The Half Rising Man" et sa première partie atmosphérique qui laisse l’imagination filer dans de sombres recoins avant de se trouver happée par des guitares pachydermiques, s'étirant comme à l'infini.

L'on ressort sonné de ce roadtrip diabolique, dont les multiples écoutes apportent leur lot de surprises au travers d'une production implacable signée de Tim De Gieter (bassiste d'AMENRA). L'alchime entre chaque membre d'ABSENT IN BODY est incontestable sur « Plague God » et ces cinq titres en sont la plus belle preuve.

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