WESENWILLE

Composé de membres d’obscures formations telles GRAFJAMMER, WRANG et WELTSCHMERZ, le duo néerlandais WESENWILLE propose sur son deuxième album un black metal glacial qui s'autorise quelques embardées dissonantes du meilleur effet. Pas pour autant dépourvues de mélodies, les cinquante minutes de « II: A Material God » démontrent une grande maîtrise du sujet, tant sur le fond que sur la forme. Une esgourde rapidement lâchée sur le furieux "The Descent" annonce la couleur avec ses rythmiques gavées à l'acide sulfurique pendant que le noir et menaçant "Opulent Black Smog "enfonce le clou avec cette satanée guitare qui leade aux abois. Comme pour mieux annoncer les déluges de blasts qui font la force de "Burial Ad Sanctos" et "Inertia".

Mais c’est à mon sens lorsque le duo sort des sentiers battus comme sur "Ritual", avec ses riffs lancinants, qu’il se fait le plus convaincant. Ce morceau instrumental développe des ambiances toutes en nuances, laissant une impression de mystère, tel un indice qui viendrait brouiller les pistes avant la délibération et le verdict final. Osé ! A l’instar de "Ruin" qui lui aussi se plaît à matraquer tout en finesse à grand coup d’ambiances crépusculaires, WESENWILLE vise juste lorsqu’il calme le jeu et ralentit le tempo, comme pour mieux assommer dès que les blasts viennent reprendre leurs droits sur le furieux "The Introversion Of Sacrifice" qui boucle l’album sans compromis.

C'est incontestable, il y a dans chaque recoin de « II: A Material God’ une maturité dans la composition, une recherche du riff qui pique et qui tacle. Pas vraiment une surprise en soi puisque les deux membres du groupe traînent leurs guêtres depuis une bonne décennie dans de nombreuses formations qui s’adonnent, elles aussi, avec fureur à l’art noir. Et forcément, cela laisse des traces. D’autant que le mur du son concocté ici par JB Van der Wal dans son home-studio rend justice aux multiples détails de la musique de WESENWILLE. Voilà qui augure du meilleur pour la suite…

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