Naas Alcameth, l'esprit tourmenté à la manoeuvre derrière AKHLYS, (interview), est l’un des pontes de la scène black metal américaine. La ou les preuves ? Il est le pilote première classe chez NIGHTBRINGER, AORATOS ou BESTIA ARCANA. De solides références qui font de lui un contributeur stakhanoviste, arrosant chaque sombre année de multiples albums au napalm, ne dérogeant jamais à la règle du travail bien fait. Souscrivant une fois de plus à la règle maléfique déjà érigée en règle puisque ce nouveau méfait d’AKHLYS (le troisième, déjà) porte la griffe de son créateur profondément dans ses chairs. Enregistré, mixé et masterisé par Dave Otero dans son antre du Flatline, « Melinoë » s'apparente à une plongée sans retour dans les abysses du mal. Comme un croisement diabolique où Freddy, Chucky, Jason et ce foutu Poltergeist s'inviteraient à la fête. Tobe Hooper et tes sbires, sortez de ce corps… maintenant et à jamais !
Parce qu’en matière d’ambiances cauchemardesques, le natif du Colorado sait de quoi il parle. Il se fend ici de cinq titres répartis sur quarante-six minutes intenses où les guitares tournoient sans discontinuer pendant que la basse montre ses crocs acérés, guidée par l’odeur du formol et du sang caillé. Quant à la batterie, traitée avec doigté par Eoghan (son compère de malice chez AORATOS), celle-ci accompagne sans jamais baisser la garde un magma cauchemardesque qui annihile toute forme de résistance. Comme un EMPEROR déshumanisé sous Risperdal, rythmiques saccadées et arrangements classieux dans sa besace, troquant ses claviers grandiloquents contre des haillons industriels, AKHLYS incarne la peur, le mal, l’abandon. Un morceau comme "Succubare", lente descente dans les enfers de plus de six minutes achèvera de convaincre les derniers réticents : Halloween, c’est sept jours sur sept et toute l’année avec Naas. Un "Illmatic" façonné dans les ténèbres avec un "a" en moins et deux doigts levés en plus, voilà qui est dit : Naas et Nas même combat !
Pas la peine de palabrer, son black metal halluciné, spatial et décalé est juste sublime et il régalera petits et grands amateurs de blast beats cosmiques. Juste hallucinant. De vraies montagnes russes dans lesquelles les hauts-le-coeurs rythmiques titillent les esgourdes en permanence, zéro stabilité, ça glisse où que l'on mette les pieds. Un fatras de six cordes et de percussions broyées dans un maelstrom furax d'où surnage avec une sorte de féerie malsaine la force tranquille de son instigateur, qui contemple le massacre juché au sommet de son Mont Elbert.
Et il a bien raison le bougre puisque, sans façon, « Melinoë » est bel et bien l’album metal extrême de l’année. Une année maudite… sauvée par quelques albums qui auront profité de cette opportunité pour pousser leur art maléfique toujours plus loin. Et qui, à coup de boutoir diaboliques, auront aussi su… nous redonner foi en cette musique apocalyptique.























































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