
A l'approche de cette fête délicieuse qu'est Noël, les trois apôtres du côté obscur de l'Hard Force ont encore fait fort. Clément s'est entouré d'une meute de loups sanguinaires, ses rennes ayant déclaré forfait, pour préparer sa tournée de mandales annuelle à destination des vilains marmots. Aude s'est une fois de plus aventurée en eaux troubles avec une livraison de black metal épique riche en frissons. Quant à Crapulax, le bougre n'est pas en reste puisqu'il s'est risqué dans les tourments de l'enfer en conviant sous le sapin ce qui se fait de mieux en matière de death/thrash burné. Voilà donc un programme réjouissant pour tous ceux et celles qui souhaitent s'envoyer une bonne rasade de metal qui tâche avant de boucler une belle année riche en décibels !
ARKONA : « Age Of Capricorn » (Debemur Morti Productions)
ARKONA est une des valeurs sûres du black metal polonais depuis maintenant 25 ans et ce n'est pas ce nouvel album qui viendra démentir le propos. « Age Of Capricorn » est le septième LP du quartet et on peut dire qu'il s'agit d'un des plus bruts, si ce n'est le plus agressif de sa discographie.
Dès le premier titre, "Stellar Inferno", les rythmes blastés, les guitares dissonantes et les growls profonds nous emmènent directement au plus profond des entrailles de l'Enfer.
Les envolées de clavier de "Alone Among Wolves" prennent tout leur sens dans l'atmosphère bouillonnante d'un titre à la structure simple mais efficace.
Mais ce sont les 8 minutes 27 de l'ultime morceau "Grand Manifest Of Death" qui démontrent qu' ARKONA maîtrise l'art subtil du true black metal à la fois sombre et hostile mais aussi purement envoûtant grâce à des passages mid-tempo plus lourds.
Les hurlements de Drac se font alors incantations aux profondeurs de l'âme et l'auditeur termine son voyage initiatique en furie et en transe. Une belle réalisation pour cette fin d'année.
(Aude)
FEN : « The Dead Light » (Prophecy Productions)
Mais que l'Angleterre est belle et mélodieuse ! Nous sillonnons bien ici les paysages brumeux au gré des vents et des pluies battantes.
FEN nous accompagne en tant que témoin avec une bande son mélangeant black metal atmosphérique, post rock et passages heavy.
Leur sixième album « The Dead Light » fait en effet la part belle à un son plus direct mais aussi plus limpide. Les guitares se font légères et mélancoliques là où la batterie alterne jeu rock et blasts.
Chaque morceau propose de réelles plages instrumentales où s'insèrent des vocaux hurlés avec parcimonie et justesse. Il y a aussi quelques passages juste mélodiques et des chants clairs. Et puis des atmosphères froides et saisissantes.
FEN ne lésine ni sur la créativité, ni sur l'ambiance dépeinte. Même l'artwork de la pochette combine spiritualité et art stellaire. « The Dead Light » nous plonge au cœur peut-être déjà exploré mais si vaste qu'on a plaisir à s'y promener de nouveau.
Mention spéciale à "Nebula" et ses 7 minutes d'un black metal atmosphérique progressif et fédérateur.
(Aude)
REVEL IN FLESH : « The Hour Of The Avenger » (War Anthem Records)
Hééé oui, le death metal possède aussi ses geeks inconditionnels de comics Marvel et voici donc la version audio hommage au premier Vengeur de l'histoire : Captain America alias Steve Rogers !
Ainsi sur le titre éponyme, il raconte son féroce combat sur le dirigeable nazi contre Crâne Rouge. Sur "My Trial", il affronte à nouveau la secte Hydra toujours active qui projette de s'emparer du siège de président des Etats-Unis (il semble bien qu'ils aient réussi finalement…) et sur "Blood Oath", l'Ultimate Avenger flanque une énorme raclée à Giant Man qui avait tendance à avoir la main leste sur sa femme à la taille de guêpe.
Mais que dire de l'affrontement avec Thanos sur "The Nihilistic Nothingness" ? Sérieux, on s'y croirait !
En fait euh… ce cinquième album des Allemands n'a absolument rien à voir avec le super héros de Stan Lee. C'est du death metal dans la plus pure tradition du genre à savoir bien lourdingue, violent à souhait, avec un soupçon de mélodie sur les soli ("The Wayfarer"), le tout enregistré et mixé par l'ineffable Dan Swanö toujours sur les bons coups.
Désolé pour le bobard…
(Crapulax)
ASHBORN : « Awakening » (Autoproduction)
Moitié-death, moitié-thrash, le groupe anglais ressemble à une créature cyclopéenne bicéphale surgie des pires cauchemars d'un Lovecraft malade et fiévreux, blotti tremblant dans ses draps humides de son lit. Tandis que dehors les rayons lunaires peinent à percer les menaçantes couches nuageuses d'une nuit froide et pluvieuse, se découperait alors furtivement à l'horizon le temps d'un éclair (ou bien est-ce dans les rêves agités et noirs de l'écrivain ?) un ASHBORN à la fois monstrueux de constitution et magnifique de grandeur qui sème chaos et désolation sur son passage.
Souvent inspiré par le dieu des dieux du monde des abysses, le sépulcral GOJIRA (le sombre "Awakening From The Death"), parfois par les formations du père Igor Cavalera ("When Darkness Comes"), "Awakening" force le respect avec ses titres hyper carrés construits avec pertinence et bon goût. L'idée est d'autant plus prégnante qu'il s'agit là d'un tout premier album !
Bref, il ne leur manque plus que de pondre (nul doute la prochaine fois…) quelques riffs mémorables pour accéder définitivement au panthéon des divinités du thrash/death pour l'éternité et devenir cette créature tellement effrayante que même Lovecraft n'oserait seulement l'évoquer sans être pris d'irrésistibles convulsions de terreur.
(Crapulax)
NIHILISM : « Apocalyptic Fate » (Great Dane Records)
Ce rouleau-compresseur brutal death en provenance de Thionville ravira les instincts les plus sauvages avec le fort bien nommé « Apocalyptic Fate » qui fait suite à un premier album, "Beyond Redemption", paru il y a trois ans chez Overpowered.
Changement de crèmerie cette fois-ci avec un partenariat qui s'annonce prometteur avec le label nordiste Great Dane, repaire de choix pour nombre de ses compatriotes bruitistes (CARCARIASS, RED DEATH ou BLIGHTMASS font aussi son actualité).
Jetez une esgourde sur "RIP", "A Wall" ou "A Bunch of Bones" qui font la part belle aux blasts frénétiques et riffs scie sauteuse avec un doigté fort recommandable : le tout est au service d'un death metal puissant et moderne, qui ne rechigne pas cependant à respecter la tradition avec des solos ciselés de main de maître.
Je passe sur la section rythmique qui avoine comme jamais et les parties de batterie qui feraient tourner de l’œil le bûcheron le plus endurci. La dérouillée est administrée sans détours par une production aux petits oignons forgée dans les flammes du Psyrus Studios.
La recette est certes bien connue des amateurs et fonctionne toujours à merveille, garantissant au quintet une place de choix aux côtés des formations tricolores qui comptent en matière de death metal.
(Clément)
RORCAL : « Muladona » (Hummus Records)
A en juger par l’étalage d’amertume et de tourment qui constitue le fil rouge de son cinquième album, le quintet suisse RORCAL n’a visiblement pas de leçon à recevoir en matière de noirceur.
Que ce soit sur ces textes amochés inspirés par la nouvelle « Muiladona » signée Eric Stener Crlson ou l’étrange artwork qui l’habille, rien ici n’invite à la bienveillance.
Cet animal au regard dérangé serait-il une chimère qui se serait trop approchée d’un zèbre teigneux ? Une créature mythologique échappée de son Styx natal ? Le mystère reste entier… ce qui n’est pas le cas de la musique éructée par les genevois.
D’une lourdeur et d’une puissance peu commune, celle-ci vrombit pendant près de quarante minutes dans un bruit diffus de larsens et de trémolos entrecoupé de hurlements et de parties récitées. La masse rythmique, elle, gifle avec violence, le malaise, palpable, s’installe dès les premières notes.
Les riffs se parent de relents black pour mieux perforer l’étrier armés de riffs bien malsains qui instaurent un vrai climat de terreur. Le chaos incarné, un magma énigmatique, un mur de dissonances : le tout au service de la schizophrénie qui guette, tapie dans l’ombre et prête à engloutir tout cru sa proie toute désignée : vous.
(Clément)





























































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