
Décidément HARD FORCE vous fait voir du pays ! Après vous avoir emmené sur les rives de la Volga (Satanath Records) et les bords du Lac Léman (Asgard Hass), voici que votre webmag préféré vous envoie tout droit en Italie sur les plages de la mer méditerranée, du côté d’Arenzano. Et cette fois-ci c’est à la découverte du label Argonauta Records et de ses dernières sorties gorgées de stoner et de heavy que nous vous convions.
Mais avant de foncer tête baissée dans le pack, prenons le temps de mieux faire connaissance avec cette entité diabolique.
Gerolamo Lucisano en est le fondateur, quelque part en 2012, avec une ambition de départ très simple : diffuser l’héritage du divin BLACK SAB’ auprès du maximum d’esgourdes aux quatre coins du globe.
Pour cela il n’a pas hésité à signer un paquet de groupes associés à toutes les facettes du doom, de l’occulte en passant par le drone pour finir avec le heavy ou le stoner. Dès lors, chacune de ses sorties a ravi les fans du genre avec des productions éclectiques qui l’ont vu parfois s’aventurer sur les terres du post et même du sludge metal.
DEE CALHOUN, CHURCH OF VOID, KAL-EL, KOMATSU, RHINO, WITCHKISS ou ZOM, voilà tout autant d’artistes et de formations qui incarnent à merveille l’ouverture d’esprit dont s’est amouraché Argonauta Records depuis ses balbutiements. Une ouverture résumée à merveille par sa devise : « Par les fans, pour les fans » . Avanti !
KOMATSU – « A New Horizon »
Lorsque l’on prend le temps de fouiller le web à la recherche d’infos sur le groupe, c’est tout d’abord sur le site d’une entreprise japonaise que l’on est re-routé. Et il est facile d’y voir un parallèle avec la musique pratiquée par le groupe : « Komatsu est une entreprise qui fabrique notamment des mines, des bulldozers ou des tombereaux ».
Voilà aussi à peu de choses près ce que propose le quatuor d’Eindhoven sur son troisième album : un bon paquet de riffs aux ambiances brutes de décoffrage, le genre de bestiau bien lourd et passablement nerveux qui croise le feu sacré du stoner et la puissance du heavy pour en faire un monstre d'efficacité.
Une ambiance de chantier à laquelle on peut adjoindre une pincée de sludge bien noire histoire de creuser encore un peu plus profond, là où la lumière a définitivement rendu les armes. A coup sûr cet album de KOMATSU fera la joie des amateurs de gros son, la production en béton armé y étant pour beaucoup, et de riffs abrasifs et percutants.
Imaginez un GRAND MAGUS qui s'acoquinerait avec MASTODON, le tout sous le regard bienveillant d'un BLACK SABBATH resté figé dans son jus.
Sans jamais tomber dans le jusqu’au-boutisme sonore pour autant, le groupe n’omet pas de balancer quelques mélodies bien senties (l’instru "Surfing On An Landslide" ou "Love Screams Cruelty" en sont de bons exemples), histoire de rendre le tout plus digeste.
Mais que l’on ne s’y méprenne pas, voilà un plat de résistance copieux et calorique relevé comme il se doit. Burps !
VESSEL OF LIGHT – « Woodshed »
Classique et efficace, ce premier album du duo du New Jersey affiche déjà une solide expérience.
Pas pour la longévité du groupe puisque celui-ci a été formé l’année dernière mais plus pour le CV déjà bien rempli de ses deux membres.
Dan Lorenzo ayant bourlingué au sein de formations telles HADES ou NON FICTION et Nathan Jochum étant déjà passé du côté obscur de la force depuis bien longtemps au sein d’ANCIENT VVISDOM. Et les deux gaillards n’y vont pas de main morte sur ce premier album au son délicieusement sombre et à l’atmosphère sinistre.
Le doom aux lourds accents gothic prodigué prends des air de vieux DANZIG, mélancolique et profond il rappellera aussi de bons vieux souvenirs aux fans de la scène anglaise du début des années 90.
L’ombre des premiers TYPE O NEGATIVE avec ce son massif et écrasant plane également sur l’album, lui donnant une teinte sombre… mais pas désespérée pour autant. Cependant réduire « Woodshed » a un simple collage de ce qui se fait de mieux dans le style ne serait pas rendre justice à VESSEL OF LIGHT.
Le groupe est aussi capable de pondre de véritables hits aux accents bluesy et enjoués, avec quelques solos pas piqués des vers qui contrastent avec le côté monolithique propre au doom traditionnel.
Voilà donc une expérience sonore qui, sous ses airs classiques de prime abord, dévoilera à qui lui laissera le temps des charmes inattendus…
DI’AUL – « Nobody’s Heaven »
Finissons notre tour des dernières sorties du label avec cet album des Italiens DI’AUL qui nous gratifient ici de leur deuxième méfait qui comporte de grosses similitudes avec les œuvres de CROWBAR.
J’aurais d’ailleurs pu en rester là et classer les lombards dans le camps des repompeurs habiles, tribute-bands appliqués et besogneux, à l’aise dans l’exercice de style imposé et ainsi boucler cette chronique en quelques lignes génériques.
Et bien non, les écoutes répétées ont eu raison de certains de mes à priori, quand on aime hein ? Parce qu’au-delà de ces lignes de basse clinquantes, ces roulements de tom sec et précis et autres riffs vrombissants d’une gratte au son bien grassouillet, le groupe incorpore une bonne grosse louche de mélodies et de fuzz à l’ensemble.
Ajoutez à cela quelques breaks bien sentis, des accélérations rares mais judicieuses et surtout les vocalises habitées, presque "aquatiques" du père Cosimo Cinieri qui se posent habilement sur l’épais goudronnage en règle et vous obtiendrez une ambiance de bayou à l’italienne assez déroutante.
Tout cela se résume très simplement en deux mots : « Molto Bene » !
Si vous souhaitez en savoir plus sur les albums sortis par le label cette année, c’est par ici que cela se passe : argonautarecords.com/discography et n’hésitez pas à (re)lire la chronique grand format sur le premier album de DEMANDE A LA POUSSIERE : (chronique), qui a placé la barre très haut ces dernières semaines en matière de doom/sludge de haute volée.
Buono scoperta !




























































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