Prince

Après une nuit emplie de cauchemars, je me réveille. 
Prince est mort.
Impossible, trop jeune, je rêve encore. Et merde, il ne va pas nous faire un coup à la Johnny Winter, lui qui a écrit “Sometimes It Snows In April” ne peut pas mourir en avril.
Et pourtant, la file de mon facebook ne désemplit pas. Une amie chroniqueuse déplore qu'aucune femme journaliste n'ait été choisie pour lui rendre hommage sur les chaînes d'info. Et c'est vrai, Prince, ce n'est pas qu'un musicien, Prince c'est avant tout une histoire de femmes et la preuve qu'on peut être petit, fluet et pas très beau et cependant avoir le sérail mondial à ses pieds.
Alors Prince, qu'on soit bien d'accord, n'est pas mon artiste préféré, je ne l'ai hélas jamais vu en concert et ne suis pas capable de citer plus d'une dizaine de titres de son immense discographie. Alors pourquoi écrire sa nécrologie?
Parce que j'ai été grâce à lui “The Most Beautiful Girl In The World”. 
Prince c'est ce regard noir et perçant, une fabuleuse maîtrise musicale, l'un des déhanchés les plus sexy de la galaxie, des textes à la fois sulfureux, engagés et libertaires, une vénération pour les femmes dont il faisait preuve et qui nous faisait toutes sentir reines. Fifty Shades Of Grey ? A côté, c'est bagatelle et pipi de chat.

Je me souviens du soufre de ses débuts, lorsqu'enfant les adultes osaient à peine prononcer son nom devant nous. Je me rappelle pré-ado, les gloussements des grandes dans la cour de récré et ce titre “Purple Rain” qui passait en boucle sur les ondes. Et moi encore innocente, faisant une moue un peu dégoutée face à ce nain lippu, chemise (à jabot) ouverte, chaîne en or qui brille, qui affirmait son androgynie en dentelles et talons hauts et qui incompréhensiblement, allumait soudain cet éclair concupiscent dans les yeux de mes congénères XX .
Et puis, j'ai grandi et comme les autres, viscéralement, Prince a pris une place dans mon petit coeur de midinette (qu'on se le dise, on peut avoir le crâne rasé, des kilos de chaînes et de clous sur ses fringues et être une parfaite midinette).
Je me rappelle aussi une rumeur, début 90 je crois, selon laquelle il offrait le plus gros diamant qu'il trouvait en bijouterie comme cadeau de rupture à ses ex-petites amies. Après ça, j'ai continué à zapper Ophélie Winter mais non sans avoir jeté un oeil à ses mains. C'est bête, mais le tic m'est resté.
Alors aujourd'hui loin d'en être spécialiste, je ne vais pas vous (lui) faire l'affront de vous parler de sa musique. Aujourd'hui, j'ai juste l'impression que le mot sex-appeal vient de perdre sa définition et j'imagine Kim, La Toya et tant d'autres dont il ne s'est jamais vanté ouvrant un hypothétique coffret à bijoux afin de contempler ces fameuses supposées pierres… des diamants pleins les yeux.

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